Mes carnets

L'image est au bout du pinceau, l'image est au bout du stylo

28 mai 2008

Branle-bas de combat à l'Aca

Quelle étrange faute dans mon titre de départ!
Branle-le-bas le combat...
On voit que c'est un jour de migraine!

Depuis une semaine, comme chaque année, c'est le branle-bas de combat à l'académie, en vue de la fin d'année.

On a évacué tous les chevalets, tables, caisses, planches en bois, tabourets, "brols" divers, crasses immondes qui traînaient dans tous les coins. On a rempli des cartons, plié des amas de tissus gris de saleté, balayé dans les coins. On a évacué un conteneur complet, de papiers, cartons, croquis, brouillons, chevalets cassés et chaises bancales. Les peintres n'ont pas la culture du nomadisme !

On a mis de l'ordre sur un palier d'étage où la "main" de l'homme n'avait probablement plus mis "les pieds" depuis fort longtemps. (Il faut dire que nous déménageons l'an prochain, nous allons dans les anciens locaux du chômage d'Anderlecht et donc, il y a intérêt à faire le vide! Rappel: dix déménagements = un incendie)

A la fin de l'année, les mains utiles s'évaporent... C'est fou ce que les gens prennent leurs vacances à ce moment-là. La semaine dernière, nous n'étions donc pas très nombreux à mettre de l'ordre (pendant que les bricoleurs assemblaient les panneaux d'exposition et les repeignaient), mais il y avait une bonne ambiance. Je n'ai pas regretté d'y avoir participé, même si je n'ai pas une force herculéenne et si je n'ai pas fait grand-chose !

Et hier, c'était la sélection des travaux en vue de l'expo. Là, par contre, il y avait du monde... Comme par hasard, tout le monde vient voir ce qui se passe, avec force fardes sous le bras... En attendant de repartir en vacances... Ou de retour de vacances. Bref, l'enthousiasme n'est jamais fou quand il s'agit de tout mettre en ordre ou de s'inscrire pour les permanences, pendant l'expo. Et chacun veut s'assurer d'avoir une bonne place.

Je redoutais un peu d'avoir à me "battre" pour qu'on n'oublie pas mes travaux et finalement, cela s'est mieux passé que je ne le craignais! - Je garde une frousse incroyable que l'on ne m'oublie au milieu d'un groupe. Et à l'académie où tout le monde interrompt tout le temps tout le monde et n'importe quelle discussion qu'on a avec le prof, c'est particulièrement... Redoutable. (A noter que cela n'est jamais arrivé).  Je me demande si c'est général dans l'école ou si c'est propre à notre atelier.

Je regrette aussi que les contacts humains se nouent si difficilement - mais c'est à des moments pareils qu'ils se nouent, justement.

Au programme: mardi prochain, le 3 juin, le jury se déroule à partir de 14 heures. Et j'y vais !

Vernissage le jeudi 5 juin.
Expo les vendredi 6, samedi 7 et dimanche 8 juin - suivi du décrochage.

Posté par pivoineblanche7 à 18:58 - Je peins. Je dessine. - Permalien [#]


25 mai 2008

Ce soir...

Ce soir, je me sens bien. J'ai passé un bon week-end.

Je suis allée à la brocante du Westland et je n'ai rien acheté
(pas de théière + pots à 50 euros la totale);
J'ai bu un coca à une terrasse avec deux amis;
J'ai mangé un menu hamburger intense + de grandes frites + une grande bouteille d'eau,
(tiens, j'ai oublié ma bouteille d'eau quelque part, mais où?)

Et on a bu un café à une jolie terrasse quelque part dans Anderlecht... Après avoir visité l'expo de rue du Quartier Jacques Brel, (entre les stations de métro Aumale et Jacques Brel), il y avait des photos de...

Charles le Brusseleer (ses photos en noir et blanc valent le déplacement) et...

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(c) Charles le Brusseleer.

Bruno Leloup, qui photographie des univers très contemporains, dit Mon Nikon et moi.

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(c) Mon Nikon & moi.

Hier, j'ai fait plein de ménage (j'adore mettre de l'ordre dans l'appartement, dommage qu'il ne reste pas en ordre! J'ai rangé tout mon matériel de peinture de l'académie)
Je continue à regarder tous les films tournés autour de Jane Austen (il y a du bon et du moins bon),
Tout le monde n'est pas Ang Lee,
Je suis allée deux fois passer une paire d'heures dans le jardin de la maison d'Erasme,
Et je n'ai pas vu l'ombre d'un seul émeutier (ceci n'exclut pas qu'il y a eu une émeute en deux points de la commune).

Il y a des heures où le sommeil, l'ombre de la sieste,
la couleur de l'eau et la texture du bruit
Sont tout simplement couleur de perle.


Mon fils poursuit sa bloque et attend son anniversaire et la fin de ses examens,
Les chats vivent leur vie de chat et les chiens leur vie de chien.

Et moi, j'ai envie de vivre dehors,
C'est pour cela que m'astreindre à écrire dans mon blog est difficile pour le moment.

J'ai vraiment envie de vivre dehors, j'aime trop cette saison d'avant l'été...

Quand les jours allongent, allongent, allongent.

J'ai toujours rêvé de passer la nuit de la Saint-Jean dehors...

Posté par pivoineblanche7 à 19:57 - Journal intime - Permalien [#]

22 mai 2008

L'écho le plus faible...

De ses mots. Ses mots sont du feu, je ne puis expliquer l'effet qu'ils me font.

Ils me font regarder ce que j'écris et me trouver en vérité plutôt pitoyable. Et qu'on ne vienne pas me dire le contraire, non, non ! C'est bien que je lise des plumes qui me bouleversent et me remettent en question, ça me remet à ma juste place. J'ai besoin de ça de temps en temps. Besoin de me sentir aimablement médiocre, en plus d'avoir été exclusive en diable et mesquinement envieuse.

Je me sens dépassée. Impuissante. Verbeuse. Sans inspiration. Sans feu. Sans profondeur. Je n'ai même plus envie de plaire. J'ai envie de me coucher et de dormir. J'ai envie de vivre par procuration; les amours de x me rassurent de n'avoir plus rien à vivre de semblable. Je me sens incapable d'aller puiser de la couleur pour peindre. Je me sens incapable de recharger mon appareil photo pour poster des reproductions quelconques.

Je me sens fatiguée au point de n'aller pas porter ce qu'il faudrait exposer. Pourtant, je devrais le faire. J'ai jusqu'à 16 heures pour le faire, puis, entre le 4 et le 5 juin, je pourrai aller rechercher mes oeuvres qui n'auront pas été sélectionnées.

Je me sens juste l'état et la mentalité d'un brin d'herbe du terrain de football en face de chez moi. J'aurais dû naître brin d'herbe. Même fauchée, j'aurais senti délicieusement bon et j'aurais fait le plaisir d'un couple d'amoureux.

Et toujours, cette question existentielle... Est-ce qu'un canal coule de A jusqu'à Z ? Ou est-ce plutôt de l'eau statique, canalisée, emprisonnée entre des écluses (B - B' et des ascenseurs hydrauliques, C - C' et qui, en réalité, ne coule pas ?

P.S. 17h11: je suis allée déposer 3 oeuvres à la galerie X. Mardi prochain, je dois apporter les cadres. Les 28 et 29 mai, la sélection a lieu. Après, c'est oui ou non. J'ai eu un excellent entretien avec le galeriste. Il m'a encouragée à continuer. Pcq j'avais déjà postulé pour une expo individuelle. Ici, c'est pour une expo d'ensemble. Donc, je dois creuser le "pourquoi" je voudrais exposer là. IL faut que j'y réfléchisse, en gros, je sais déjà pourquoi, mais je dois me battre contre moi-même (ma paresse, ma fatigue, mon défaitisme, ma vanité, mon amour de l'auto-torture), pour faire tout ce que je dois faire...

Posté par pivoineblanche7 à 11:53 - Journal intime - Permalien [#]

20 mai 2008

Un bourgeois des Années folles. Evocation.

Il est un des nombreux fils d’un médecin des Flandres et d’une héritière d’une famille d’industriels belges.

(Le nom de jeune fille de sa mère est celui d’une marque alimentaire que l’on peut lire encore dans toute grande surface…)  Son père vient de la campagne, et sa pratique l’appelle encore parfois familièrement Boere AM***  Ils habitent une immense maison de briques jaunes, à double façade, de style néo-gothique, dans un faubourg urbain de la Flandre occidentale.  

Et ils ont leur propre caveau de famille au « Campo Santo » de Sint A***

La maison abrite les parents, les domestiques et une dizaine d’enfants dont les âges s'étalent de cinq à vingt cinq  ans. La légende dit qu’il aurait voulu faire son droit pour devenir notaire, comme certains de ses cousins ou beaux-frères, mais son père le contraint à faire des études de médecine. La légende raconte encore que dans les amphithéâtres de l’université,  il a croisé les premières étudiantes en médecine, dont une religieuse…

Comment devient-il joueur? On ne le sait pas, mais on reste muet devant plusieurs cartes de membre des casinos d’Ostende, de Knokke et de Namur. On ne sait pas non plus où ni quand il rencontre une jeune fille d’un milieu qui ne répond pas aux critères sélectifs de sa famille. Ils échangent une longue correspondance, ce qui, à travers la lecture de ses lettres à elle, nous permet d’apprendre qu’il est parti  - par bateau - travailler quelques mois au Congo. Qu’assise à côté de lui, elle a rêvé posséder un petit cabriolet qu’il conduirait sur la Route royale, à la mer. Qu’il redoutait de parler à sa mère de ces fiançailles secrètes. Qu’ils ont rompu. Qu’ils se sont revus. Et qu’elle a exigé ces lettres de retour.   

Il ne les a jamais rendues puisque les voilà sous les yeux de ses enfants et petits-enfants.

On sait qu’il se marie tardivement avec une jeune bourgeoise bruxelloise. Qu’il hérite d’une belle fortune, fin des années 30, constituée d’immobilier, de terrains, d’or et d’actions. Qu’il décide de la dépenser et non de la gérer. Pas question de faire des nouveaux investissements,  non. On vendra les terrains, les maisons et on liquidera l’or et les titres au fur et à mesure des besoins. Sa femme, qui aime la soie naturelle et les perles grises, est très élégante et très blonde. Elle est très vite réputée comme la «plus belle femme de la ville de A***»  Pour améliorer ses mois, elle entame un petit va-et-vient de bijoux, en achetant des pierres, des perles et des diamants aux diamantaires anversois et en les revendant à ses amies.

Tous les jours, à trois heures, elle les retrouve dans un salon de thé de la ville.

Mais elle consacre l’essentiel de son énergie et de son temps à garder ce mari pour elle.

Il installe son cabinet de médecin dans un hôtel de maître du XVIIIème, avec un corps de bâtiment principal et des dépendances. Il a deux enfants. On sait qu’il devient brutal. Avec sa femme et  avec son fils aîné, qu’il bat. C’est le prototype du mari de la Belle-Epoque, infidèle, (il pelote les amies et connaissances de sa femme dans les salons Louis XVI, tendus de soie azur ou bouton d’or, pendant que ses enfants s’essaient à l’espionner par les trous de serrure), violent et joueur impénitent (il rentre en colère le dimanche soir après avoir perdu d’importantes sommes au baccarat).

Cet homme paradoxal, qui fait vivre sa famille – assez capricieusement  - avec  sa fortune, a des réactions imprévisibles. Il soigne gratuitement ses malades les plus pauvres. De même que les dernières béguines de la région… Il a la réputation d’être bon médecin et d’avoir une excellent diagnostic. Mais il fait attendre ses patients plusieurs heures dans la salle d’attente de la grande maison. Il engraisse et tue lui-même poules, lapins et même une chèvre, dans la cour de l’immeuble.  Il soigne tout le monde pendant la guerre, les résistants et les autres, mais on l’inquiète à la Libération. Il s’en fout. Mauvais payeur par esprit de contradiction, il paie ses impôts dans les mains de l’huissier, lorsque celui-ci sonne à sa porte.  

Plus tard, le goût du jeu, du mensonge par omission et des transactions en cachette se seront transmis à ses descendants de façon imperceptible. Après une première "attaque", il guérit mal et son épouse, paraît-il, lui demande de vider le contenu du « coffre». Elle souhaite aussi qu’il déshérite ses enfants, (et pourtant, elle est très fière de l’aîné et de sa beauté exceptionnelle). Sans doute s’agit-il là d’on-dit invérifiables.  

(Note, en matière de droit successoral, en Belgique, même dans le cas limite de la séparation des biens entre époux, le conjoint survivant a droit à l’usufruit de la fortune éventuelle et les enfants sont simplement nus-propriétaires).  

Il décède en 19** - Mais ceci est, sans doute,  une autre histoire.

Posté par pivoineblanche7 à 19:08 - Proses et poèmes - Permalien [#]

17 mai 2008

Kaléidoplumes, consigne 20

Mirjam

"14 mai 1948: L'état d'Israël vient de naître.
Quel avenir pour moi?"

Päpele: je le revois, mangeant son petit déjeuner de tomates arrosées d'huile d'olive.
"Comme ma cousine qui habite Jérusalem", dit-il, et son regard s'éclaire en prononçant ces mots. 
Puis Mämele: elle qui est à la source de l'enseignement que j'ai reçu. 

Et toi? 

Nous sommes aussi loin l'une de l'autre
Qu'il est possible de l'être.

Pourtant, c'est toi qui m'as enseigné Israël
Avec ce feu qui s'incarnait en toi
Et ce messianisme, qui était évidence. 

De toi à moi, Israël,
C'est toujours - pour moi -
Une histoire de Ieshoua, de conquête de ma liberté
De mort, d'adieu et de silence

Est-ce donc ton pays
Qui me fut dérobé

Ou le sanctuaire demeure-t-il
Que je peine à bâtir
Ce temple sans murs qui est
Et qu'il m'est impossible de nommer...

Pour Kaléidoplumes...

Posté par pivoineblanche7 à 00:19 - Ateliers littéraires - Permalien [#]

16 mai 2008

Le héros austenien (2)

Je pense encore à un anti-héros de Jane Austen, le colonel Brandon - qui est un des héros "de fait" de son roman... Donc, dans "Raison et sentiments", Elinor (la raison) épousera Frederick, et Marian, (la passion), épousera le colonel Brandon après toute une transformation intérieure due à sa déception amoureuse et à la maladie.

Tout d'un coup, j'ai pensé à "Guerre et paix", un autre roman dont j'ai tellement aimé le héros (qui avait un côté très anti-héros aussi, quoique d'une épaisseur nettement supérieure aux personnages de Jane Austen), Pierre Bézoukhov - je l'ai déjà écrit au début de ce blog-ci, et ce fut l'occasion d'un échange de mails très plaisant avec un écrivain français, Pierre Lorrain, également passionné par "Guerre et paix", par Tolstoï et la Russie. Là aussi, on a affaire à une héroïne jeune et sentimentale, Natacha, et à un héros qui ne transige pas avec la morale, un homme d'honneur (un peu bête à la limite, mais qui se "rattrape" avant de mourir), le prince André.

Mais je ne peux pas introduire d'échelle de valeurs entre ces personnages - Austen et Tolstoï ne peuvent pas se comparer entre eux... Le propos est radicalement différent, le parti romanesque aussi.

Et je me suis tout d'un coup fait la réflexion que les romans de Jane Austen sont la saga de l'Angleterre entre 1808 et la chute de Napoléon (au début de "Persuasion", Napoléon est prisonnier à l'île d'Elbe), qu'elle est dans le camp "anglais"... Tout comme "La guerre et la paix" est un roman sur une de ces guerres que les Russes qualifiaient de "patriotique".

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Comment expliquer ce que je ressens? Culturellement, j'ai toujours été très près de la France. Mais je déteste Napoléon (je ne puis que détester l'homme, ses guerres et son régime). Et souvent (encore aujourd'hui), je passe à Waterloo (à côté du Lion). Pour le moment, je baigne un peu là-dedans.

Et pourquoi j'aime tellement Jane Austen ? Elle me fascine. C'est une femme écrivain ! Une femme écrivain qui écrit, qui publie et qui connaît le succès. Et dans l'Angleterre du XIXème siècle. Alors même qu'un de ses frères adorés fait de mauvaises affaires. Elle voyage, déménage, négocie avec ses éditeurs et s'octroie même le luxe de refuser une proposition d'écriture d'un livre d'histoire sur les Saxe-Cobourg. Elle écrit tous ses livres à la main, sur des cahiers...

Même pas à la machine, même pas à l'ordinateur. Comment faisait-elle? Et elle meurt si jeune... A 41 ans ! A 41 ans, je n'avais pas fait grand-chose dans ma vie (sur le plan artistique). Sauf travailler pour un employeur. Et cela a été une de mes plus grandes douleurs ! Alors qu'aujourd'hui, "sans profession", j'écris et je peins. 

Comme tout cela est curieux !

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"Becoming Jane"

Posté par pivoineblanche7 à 01:36 - Littérature - Permalien [#]

Le héros austenien (2)

Je pense encore à cet "anti-héros" de Jane Austen, le colonel Brandon - qui est un des héros "de fait" de son roman... Donc, dans "Raison et sentiments", Elinor (la raison) épousera Frederick, et Marian, (la passion), épousera le colonel Brandon après toute une transformation intérieure due à sa déception amoureuse et à la maladie.

Tout d'un coup, j'ai pensé à "Guerre et paix", un autre roman dont j'ai tellement aimé le héros (qui avait un côté très anti-héros aussi, quoique d'une épaisseur nettement supérieure aux personnages de Jane Austen), Pierre Bézoukhov - je l'ai déjà écrit au début de ce blog-ci, et ce fut l'occasion d'un échange de mails très plaisant avec un écrivain français, Pierre Lorrain, également passionné par "Guerre et paix", par Tolstoï et la Russie. Là aussi, on a affaire à une héroïne jeune et sentimentale, Natacha, et à un héros qui ne transige pas avec la morale, un homme d'honneur (un peu bête à la limite, mais qui se "rattrape" avant de mourir), le prince André.

Mais je ne peux pas introduire d'échelle de valeurs entre ces personnages - Austen et Tolstoï ne peuvent pas se comparer entre eux... Le propos est radicalement différent, le parti romanesque aussi.

Et je me suis tout d'un coup fait la réflexion que les romans de Jane Austen sont la saga de l'Angleterre entre 1808 et la chute de Napoléon (au début de "Persuasion", Napoléon est prisonnier à l'île d'Elbe), qu'elle est dans le camp "anglais"... Tout comme "La guerre et la paix" est un roman sur une de ces guerres que les Russes qualifiaient de "patriotique".

galerie_membre_belgique_lion_de_waterloo

Le lion de Waterloo

Comment expliquer ce que je ressens? Culturellement, j'ai toujours été très près de la France. Mais je déteste Napoléon (je ne puis que détester l'homme, ses guerres et son régime). Et souvent (encore aujourd'hui), je passe à Waterloo (à côté du Lion). Pour le moment, je baigne un peu là-dedans.

Et pourquoi j'aime tellement Jane Austen ? Elle me fascine. C'est une femme écrivain ! Une femme écrivain qui écrit, qui publie et qui connaît le succès. Et dans l'Angleterre du XIXème siècle. Alors même qu'un de ses frères adorés fait de mauvaises affaires. Elle voyage, déménage, négocie avec ses éditeurs et s'octroie même le luxe de refuser une proposition d'écriture d'un livre d'histoire sur les Saxe-Cobourg. Elle écrit tous ses livres à la main, sur des cahiers...

Même pas à la machine, même pas à l'ordinateur. Comment faisait-elle? Et elle meurt si jeune... A 41 ans ! A 41 ans, je n'avais pas fait grand-chose dans ma vie (sur le plan artistique). Sauf travailler pour un employeur. Et cela a été une de mes plus grandes douleurs ! Alors qu'aujourd'hui, "sans profession", j'écris et je peins. 

Comme tout cela est curieux !

smjane117

"Becoming Jane"

Posté par pivoineblanche7 à 01:36 - Littérature - Permalien [#]

15 mai 2008

Le héros austenien (1)

Le héros masculin austenien est multiple.

Il y a le héros par excellence: Mister Tilney dans "Northanger Abbey", Frederick Ferrars, dans "Raison et sentiments", tous deux jeunes et séduisants; le capitaine Wentworth dans "Persuasion" et surtout, bien sûr, Mr Darcy, dans "Orgueil et préjugés".

Et Austen leur fait dire parfois des choses tellement délicieuses que je ris à moi toute seule.

Sociologiquement, ils nous donnent une idée du monde dans lequel Austen évolue. Frederick Ferrars est un cadet de famille qui pourra "s'établir" grâce à la générosité du colonel Brandon. Le colonel Brandon lui confiera un "bénéfice", c'est-à-dire une cure (dans la religion anglicane, bien sûr, -donc, il pourra se marier - et, dit-il, faire les homélies les plus courtes possibles...) - tout comme M. Tilney, qui est clergyman. Le capitaine Wentworth est dans la Royal Navy - tout comme un des frères de Jane Austen, et Darcy est noble (mais riche, lui...) Le héros de Mansfield Park, Edmond Bertram se prépare aussi à devenir clergyman et c'est même ce qui va l'unir à sa cousine (oh, un mariage entre cousins???) Fanny Price - qui prend ardemment la défense du métier de clergyman.

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Il y a le héros qui est un anti-héros, personnage apparemment mineur, au début du roman, il se manifeste tout d'un coup par un comportement incompréhensible (M. Knigthley dans "Emma") ou prévisible - le colonel Brandon dans "Raison et sentiments". Plus âgé que l'héroïne (le colonel Brandon a une bonne trentaine d'années alors que Marian Dashwood n'en a pas 20), il a déjà vécu, déjoue les manoeuvres des vils séducteurs (l'infâme Willoughby, toujours dans "Raison et sentiments"), et il connaît (et méprise) le monde, les artifices, et par-dessus tout, la parole trahie.

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Cette caractéristique, il l'a en commun avec le héros austenien. Dans "Orgueil et préjugés", Darcy contraint Wickham à épouser la jeune soeur d'Elisabeth Bennet avec laquelle il s'est enfui - et dans ce milieu et à cette époque, la fuite d'une jeune fille (ou d'une femme mariée) avec un mauvais garçon leur est absolument et définitivement fatale.

Et puis, évidemment, il y a le mauvais garçon. Il y a toujours une série de personnages veules, intéressés, mesquins, inintelligents, plus ou moins manoeuvriers de canapé, coureurs de jupons... Certains se prennent à leur propre piège et gâchent leur vie (tels Willoughby dans "Raison et sentiments", qui aime vraiment Marian, mais préfère le mariage riche, et Henry Crawford, dans "Mansfield Park", qui finit par "trahir" Fanny Price en prenant la fuite avec une femme mariée (et cousine de Fanny, de surcroît).

Souvent, par mesquinerie pure et simple, ils s'attachent à nuire aux héros, par exemple, John Thorpe, dans "Northanger Abbey", va raconter au Général Tilney que Catherine Morland est riche et d'un rang élevé, socialement, alors qu'elle est simplement issue d'une famille honorable. Vanter ses amis lui permet de se vanter lui-même... Plus tard, il la démolit complètement dans l'esprit du Général en disant que non, elle est pauvre, que sa famille est obscure et qu'elle ne vaut pas la peine qu'on s'y intéresse.

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Il y a beaucoup de mauvais garçons chez Jane Austen. Mais leurs crimes sont rarement majeurs. Ils ne tuent personne, non, ils se bornent à chercher la dot intéressante et à l'épouser, ou pire, à séduire, engrosser et abandonner; plus rarement, ils escroquent (comme M. Elliott, le cousin de Anne Elliot, héritier du titre et du domaine, dans "Persuasion").

Parfois, ils sont ridicules et snobs, aussi collants que de la cyanolite, ils se plaignent d'un froid excessif comme de la chaleur estivale (et c'est très drôle...) en général, ils disparaissent de la circulation... Jane Austen les déclare assez vite inintéressants "pour nos héros" et surtout pour le lecteur. Exit le mauvais garçon...

Enfin, et jusqu'à présent, je n'ai rencontré qu'un personnage de ce type, il y a le faux héros austenien, comme Frank Churchill, dans "Emma". Pendant tout le livre, on croit qu'il va demander Emma en mariage, sans qu'Emma y tienne spécialement d'ailleurs (elle veut marier tout le monde mais ne veut surtout pas se marier elle), alors qu'il est fiancé secrètement à un autre personnage du roman... Et ce quiproquo tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin.

Mais difficilement en haleine, parce que tout de même, des romans qui datent de 1808 à 1818, ce n'est pas si facile que cela à lire.

Alors, pourquoi je les lis ?

Réponse: pour faire quelque chose d'intéressant...

Et faire suer mes lecteurs avec des articles interminables...

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Thomas GAINSBOROUGH. Miss Linney & son frère.

Posté par pivoineblanche7 à 23:37 - Littérature - Permalien [#]

13 mai 2008

Brèves de Pivoine

Comme tout le monde en ce moment, je vis à l'ère du beau temps...
Cela me rend un peu paresseuse, par rapport à mon blog !

J'ai donc retrouvé l'Ardenne et ses bourgs tranquilles.
Bohan, les hangars à tabac, le pont cassé et mes souvenirs de treize ans.
Alle, Membre, Rochehaut, Frahan,
Vresse et là, à Vresse, d'autres souvenirs encore. Plus difficiles.

L'Ardenne et ses promenades d'antan, parfois brûlantes et sèches,
La fumure du bois, les coulées de gibier,
Le silence inquiétant des bois de sapins...
qu'éclairait tout à coup une coupée dans les arbres,
Une petite plage au bord de la Semois.
La Vierre et la Semois, aux algues fleuries qui vous piègent.
Le pâté gaumais !
Florenville, Orval,
Avioth, froide et sable, coupée de couleurs,
Dans la verdure tendre.

J'ai tellement envie d'y retourner !

***

Dimanche, c'était la fête des mères et j'ai reçu un compliment amélioré o:-)
Le plus joli, faut-il le dire, depuis les fêtes des mères qu'organisait l'école,
Et qui me mettaient la larme à l'oeil !
Elle a dix-neuf ans, elle étudie,
Elle est pianiste et claveciniste, jolie comme tout, et il me parle tant d'elle...
Du coup, il travaille si assidûment son Proust,
à l'ombre des arbres, parfum d'herbe coupée,
Qu'il ne me reste plus rien à faire qu'à le relire (et heureusement! Il était temps!)
En voilà un qui est sorti vivant des tempêtes !

***

Si l'on considère que les études de peinture durent neuf ans,
Que je suis au bout de ma troisième année officielle,
Donc, de ma période d'apprentissage,
(et qu'après, il y aurait le "compagnonnage" et la "maîtrise".
- J'aime bien cette façon de "nommer" les choses...)

Et que je viens de terminer une toile vraiment, vraiment importante...
Un nu d'un mètre 20 de haut sur 1 mètre de large,
Avec une chevelure comme un manteau de Klimt...

Alors, je viens de réaliser mon "oeuvre" de fin d'apprentissage.

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En attendant une photo de meilleure qualité !

Posté par pivoineblanche7 à 16:25 - Journal intime - Permalien [#]

Janéite


Voilà une vidéo extraite de "Raison et sentiments", d'Ang Lee, qui présente bien les caractères des deux soeurs, Elinor et Marian Dashwood (on ne voit pas leur mère et heureusement, elle est d'un fade!) C'est ainsi qu'on appelle les "fans" de Jane Austen, les Janéites. Mais pour être "janéite", il faudrait que j'aie vraiment tout lu (et à plusieurs reprises, car ce sont des romans si denses!)

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Portrait de Jane Austen par Cassandra Austen.
Aquarelle.

Je viens de lire coup sur coup "Emma", tomes 1 et 2, "Mansfield Park" et "Raison et sentiments" - "Sense & Sensibility". J'adore "Raison et sentiments". J'ai calé dans "Northanger Abbey" (mais je vais le reprendre et continuer) où Jane Austen parle pourtant de l'importance du roman gothique dans la vie des jeunes filles de la société anglaise des son temps. Ses héroïnes ne ressemblent pas du tout aux héroïnes des soeurs Brontë. Elles sont beaucoup plus sages. Laquelle serait ma préférée? Elinor Dashwood, pour la passion intérieure et la "raison" personnifiées? Je n'ai pas envie de ressembler à Marian Dashwood. Ou la sage et fidèle Anne Elliott? Mais je n'ai pas la vocation d'une Cendrillon. En même temps, je visionne des films tournés d'après Jane Austen ("Persuasion" et "Raison et sentiments", d'Ang Lee), ou sur Jane Austen. Il y a de quoi y passer des heures !

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Emma Thompson.

AmandaCiaran

Anne Elliott et le Capitaine Wentworth
dans "Persuasion"

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Le (beau et séduisant) colonel Brandon,
héros et gentleman austenien,
alias Alan Rickman

Posté par pivoineblanche7 à 15:09 - Littérature - Permalien [#]
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