06 avril 2008
Poème retrouvé...
Au hasard des sauvegardes et de copies hâtives de disquettes... Voici un texte de 2002 que j'ai quelque peu retravaillé... C'est le dernier texte que j'aie proposé à un contact "littéraire" que j'avais établi via mon dernier boulot. Ce poème n'a jamais paru dans la revue à laquelle je pensais l'avoir destiné...
***
Ô mon rayon de seigle
De blancheur parcouru
Mon
levain tiède des matins
Mon
miel d’abeilles butineuses
Mon
murmure limpide
Au
bord des sources
Mon
lé de lune tout ourlé
Que
de foulées enchantées
Avons-nous
recomptées
Dans
l’aurore rosée
Ô
mon cortège d’elfes et
De
lutins allègres
Mon
renouveau
Mon
somptueux flacon
De
pétales d’argent
Ô
Toi, la guérison de ma plaie
Qui
ressuscites le mot
Le
silence et la phrase
Je
te dédierai
L’opéra
flamboyant
Qui
célébrera
Les
fastes de la chair
Les
sortilèges nocturnes
Et
l’amplitude du plain-chant
Vibrant
dans mon poème
30 mars 2008
Opale de feu (2)
Retraite secrète
Sol sonore de baisers
Maillage de doigts
*
*
Tes doigts éveillent
L'ardeur d'un piment doux Pour
Ma mine de plomb
*
*
Le plomb dore l'heure
Respiration suspendue
Deux coupes de vin
**
Ce vin pour ma lèvre
L'âtre s'émeut de plaisir
Maillage de Toi

29 mars 2008
Le long de la rivière... (1)
Ils marchent côte à côte le long de la rivière
Habités d'un même désir muet
Ce désir est un éperon gigantesque
Qui cache en son creux
Un diamant de feu de sang de lave et de volcan
Elle a glissé son doigt à l'intérieur du poignet
Là où la veine est bleue
Et disparaît sous la toile
Silencieuse et sûre
Elle suit le voyage de la veine
Sous le tissu léger qu'elle écarte de la langue...
17 mars 2008
L'hiver vainqueur et la pluie opportune...
En janvier et février, on est au coeur de l'hiver. Au sel de la bagarre. Dans le froid de minuit.
En mars, l'hiver vainqueur se bat avec les prémisses du printemps.
Timide, celui-ci s'en retourne vers avril pour voir s'il se découvrira d'un fil.
Il pleut, neige, vente, grêle, humble de froid,
Seulement! Miracle! Il fait jour à 18, 19 heures.
En avril, le printemps cette fois, se bat contre l'hiver.
Avec un peu de chance, Pâques sera fleuries.
Mais si Pâques tombe en mars, renoncez et gardez écharpe, gants, fourrures et parapluie.
En mai, il fait souvent frais. Il pleut aux communions et fait soleil au défilé.
En juin, il y a les seins de glace.
Euh, pardon, les saints de glace.
Comme on ne sait jamais quand ils tombent exactement, (à cinquante ans, hi-hi!)
Et vu qu'il pleut souvent, disons que juin, cette année, sera pourri.
En juillet, l'été est pourri et les premières semaines sont souvent mauvaises.
Sauf si le roi a soixante ans.
Consternation à la Costa del Drache...
En août, les orages d'équinoxe approchent (avec un mois d'avance).
Une vague de chaleur, 35° en quelques jours, sueur suffocations, trous dans la couche d'ozone,
roulez doucement s'il vous plaît...
Ah! Revoilà les agriculteurs qui se plaignent:
il fait trop sec !
Trop sec oui!
Mais rassurons-nous, voilà le 15 août et... Il pleut !
Demain, la température chutera de 20° - Sortez vos rhumes!
Fin août, début septembre.
Saison des examens de passage, stress des élèves, stress des parents, achats de rentrée, il pleut, il fait noir, ouh là là !
C'est mon anniversaire!
On sent l'hiver.
Octobre, tout recommence. Mais c'est l'été indien ! Si tout va bien !
Et novembre, il fait froid. Le premier, on se les gèle au cimetière.
Mais n'y a-t-il pas un réchauffement de la planète ? Si, si... Alors?
Et décembre, revoici Halloween, Saint-Nicolas, Père Noël qui est une ordure, Mère noël à mon balcon, dinde, foie gras et méthode champenoise, cadeaux en folie, noël clic-clac et le cafard noir des célibataires...
Rendez-vous à la Saint-Valentin !
Et ce sera bientôt le printemps...
01 mars 2008
Le haïku
Je ne m'y étais jamais essayée avant cette nuit...
Cassymary, initiatrice du site d'écriture "Kaléidoplumes", vient d'ouvrir une section "haïkus" et poésie libre... Donc, j'ai lu attentivement ce qu'il fallait essayer de glisser dans un (bon?) haïku, et je m'exerce, je m'exerce... On n'arrive pas à la perfection du premier coup, n'est-ce pas??? Apparemment, il existe d'autres formes de poésie japonaise, mais je n'y connais pas grand-chose. Comment cela se fait-il que je n'ai jamais fait d'haïku ?
***
Tornades de verre
Gels de mars Grêles d'hiver
Glacis en partance

22 février 2008
Art poétique
A écouter: Prélude à l'après-midi d'un faune. De Debussy.
Je ne voyageai pas vraiment là-bas
Je n'ai jamais eu de bagages
Seulement un livre Mon langage
Une musique entêtante
Et toi peut-être
Compagnon plus ancien que moi-même
Dans ce corps inconnu
Nous avons vécu dans l'enfance
Si tendus vers d'immenses rivages
Que je décidai de t'emporter
Pour traverser le monde
Ensemble
Nous avons marché dans les villes
Cueilli son sourire offert
Chanté les dieux antiques
Et trompé des idoles
Au retour avec force
Je m'ouvrirai pour te laisser passer
Et peut-être
Pour me remercier
Te glisseras-tu dans ces poèmes
Qu'entre un adieu et un revoir
J'aurai écrit sur nous

Louis GALLAIT
La femme de l'artiste. Détail du portrait.
photo prise aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles,
Musée d'art moderne.
15 février 2008
Une autre signature...
1996, 2008.
Adorantes
Nous le sommes
Et dans les longs plis
De nos robes
Immobiles
Flamboient les mots
Les mots d'éternité
***
Muette
Je suis muette
Devant tant de beauté
Eparse autour de moi
Et sans répit
Je m'émerveille
***
Mais mon absence de parole
N'est jamais
En ce lieu souverain
Que l'absolu silence
De la reconnaissance
Où je me recompose
***
Et dans cette oeuvre
Je puise l'eau de la source
Qui depuis longtemps déjà
Nourrit
Ma poésie
08 février 2008
Petite histoire de Roméo & de Juliette 2008
Cette année, le nouvel-an chinois coïncide tout juste avec le milieu du congé de détente.
Ils sont assis à la belle table ronde du restaurant, tout près de l'aquarium.
Ils sont fiers. Ils sont contents. Avec un petit briquet acheté le matin même, il a allumé la bougie dans la coupelle rouge et tous les deux rêvent devant la lumière douce.
Discrètement, il lui serre la main sous la table. Timidement. Il ose!
Elle hésite à répondre à la jeune étreinte qui s'approche d'elle.
Sa main reste inerte, pourtant, une sensibilité soudainement accrue lui permet d'éprouver ce grain de peau inconnu.
Une émotion inédite, mouvante et chaude, lui dilate agréablement le coeur, le ventre.
***
C'est congé aujourd'hui.
Pour la première fois, elle a dit à ses parents qu'elle ne voulait pas faire de stage.
Non. Pas de musique, pas d'équitation, pas d'archéologie, pas de camp de marche avec les guides,
pas de hip-hop, pas la mer, pas la campagne, rien!
"Je veux travailler et d'ailleurs, Cédric et moi, il faut qu'on prépare notre exposé pour la rentrée..."
Les parents se sont interrogés un temps.
"Souviens-toi Cordelia..." dit-il... "Avant, elle ne voulait pas rester seule à la maison."
Cordelia sourit.
Elle a une petite idée de ce qui motive sa fille à vouloir rester à la maison pendant toute une semaine de congé.
Sa fille. Cette jolie fille brune en bleu sombre, mince, les traits brouillés d'enfance, qu'en sait-elle? De tout ça...Mais de tout quoi? Pour Anne, c'est l'heure, et Cordelia le sent. Témoin discret et silencieux, elle sait qu'elle sera là quand Anne aura besoin d'elle. Si ce moment arrive. Mais il arrivera c'est sûr! Que ce soit pour dire à sa mère que tout est fini, que rien n'a commencé, ou que c'est du sérieux, oui, du sérieux, elle et lui...
Cédric? Ses parents s'en fichent un peu. Mais non. Ils ne s'en fichent pas. Son père, avocat d'affaires, travaille comme un fou, gagne super bien sa vie, est divorcé et vit avec son fils. Il a toujours donné de l'argent de poche à Cédric avant qu'il ait eu le temps de rêver à des flippos, à une collections de joueurs de foot, à un MP3, à une clef USB pour son ordi, ou à un dvd. Cédric dit "oui" aux dvd, aux clefs USB et aux lecteurs MP3, dont il n'a jamais manqué, et en cachette, il s'achète tous les livres qu'il peut lire... Il adore les librairies, le papier, le livre de Poche, les couvertures 10/18, le domaine étranger, les folio jeunesse, la lecture sauvage dans le tram, le bouquin qu'il transporte partout avec lui...
Un jour, sa mère (qu'il voit chaque semaine, du vendredi soir au lundi 8 heures, et du mercredi au jeudi), lui a donné une boîte de, de quelque chose (le mot se refuse à son esprit...). Comme ça. Ils ont ri. "Ne le dis pas à ton père" a-t-elle ajouté. Il a caché la boîte au fond d'une armoire, derrière une pile d'Ecole des loisirs et ne s'en est plus jamais soucié. Rien qu'en y pensant, Cédric a envie de se laisser aller au fou-rire. Mais qu'est-ce qu'Anne penserait? Il a très envie qu'elle ait bonne opinion de lui... Déjà qu'étant le premier de classe, il passe pour pas très déluré... Toujours fourré dans ses bouquins, celui-là... Si on savait qu'il a "ça" chez lui...
Anne aussi est première de classe. Ex-aequo avec lui. Parfois, elle est avant lui. Parfois, juste après. Ils ont longtemps été rivaux, mais, depuis quelques mois déjà, ils font équipe. Depuis qu'ils ont travaillé sur un dossier La Fontaine. Anne râlait. Cédric défendait La Fontaine. ("J'ai lu des contes pour adultes, qu'il a écrits... Tu sais qu'ils sont magnifiques? La Fontaine était un protégé de Fouquet - un noble français. Qui avait un château... Royal. Eh bien, Louis XIV, jaloux, l'a fait embastiller... Et tu sais qui était son geôlier? Le vrai d'Artagnan") Anne n'en savait rien. Il a commencé à lui passer des bouquins. C'est venu comme ça. Cédric aide Anne pour ses dissertations, ses traductions et les recherches en histoire-géo... Anne lui réexplique, heure après heure, les dérivées, les calculs d'intégrales, la chimie organique et les problèmes du cours de physique...
Et ils ont créé un blog à deux. Qu'ils alimentent depuis leurs PC respectifs.
Cédric, le premier de classe, est amoureux d'Anne, la première de classe...
Et ce midi, il l'invite à manger à un resto chinois de son quartier, pour la toute première fois de leur vie...

Ophelia REDPATH, "En pensant à Descartes".
16 décembre 2007
Poème sans être
On a passé et repassé sous silence
Des mots orangés et physiques
C’était l’été dans les quartiers
Le long des sentes au forsythia fleuri
Et puis des cris d’enfants
Je t’ai regardé
Mon ami bien-aimé
Mes rêves de la nuit
Mon lendemain soyeux
Le crâne de bure
La chair barbue
180° au nord de la sueur de vivre
Les nerfs tendus d'entre nos doigts
Mes bras sur toi refermés
Tu m’as dit le soleil de l’ombre
Le corps a fait reconnaissance
Oreiller cru de peaux vibrantes et nobles
Transpirante épuisée le rêve hachuré puis le réveil
Ne jamais délirer je le sais
Et je surchauffe je m'essouffle Et
Je sonde les cavernes du monde
Je t'aurais tant aimé...
16 novembre 2007
Pensées magiques
Quand, très petite, je m'étais écorchée,
Elle oubliait un baiser sur mes égratignures.
"Voilà, maintenant, tu n'as plus du tout mal."
Je la croyais, et même si j'avais encore mal
Cela ne pleurait même plus...
***
Un moment de repos.
De trève, de silence, qui ne prend rien, ne demande rien.
Respiration. Ronronnement.
Des crépuscules de novembre
Et des fourrures douces
Toute douleur, anesthésiée, retourne dans l'éther.
***
Elle a envie de supplier, de ronder, marteler, sans se lasser
Aime-moi, aime-moi, aime-moi.
Et l'aimer, l'aimer vraiment, c'est de ne pas le dire.
C'est de ne pas l'écrire.
Ne pas, ne plus, jamais faire de mal.
Mais le penser, oui, le penser, ça, elle peut le faire.
Le penser très fort.
Le penser très haut.
Le penser très beau.
Uniquement le penser.
***
(Pour la Dame aux Haïkus)
Le tramway tout en rond
Martèle la fièvre
Electrique
Et la neige d'acier
D'aiguiller ses ardeurs
En musiquant sans trève
Des blanches et des soupirs
Et des automnes et des étés









