29 novembre 2008
L'orchestre rwandais (3)
Voici en quoi consiste mon projet de peinture pour l'année 2008-2009...
Une toile 50x70 pour chaque musicien de l'orchestre rwandais - dans sa totalité ;
Peut-être une toile de format 50 ou 70x100 pour représenter le musicien en pied ;
(lorsqu'il joue du djembé par exemple) ;
Une ou des esquisses rapides avec un détail - les mains, que je dois apprendre à peindre, et l'instrument ;
en voici un exemple:
L'instrument en gros plan - au pastel peut-être...
Le portrait en gros plan de chaque musicien.
Dans mes portraits (de visages) en gros plan, grâce aux techniques diverses (couteau à peindre et glacis), je voudrais faire apparaître la mince, très mince frontière qui nous sépare de la folie... La folie n'est jamais très loin de nous. Qu'on l'appelle burn out ou dépression nerveuse... Je crois que c'est cela mon propos de peintre: exprimer cette tension permanente, violente, entre la peur de sombrer et le fait de rester sur le quai de la vie, et le fait que jeter les couleurs sur la toile permet justement de ne pas sombrer.
Pour moi, peindre est un combat permanent, celui qui me garde du côté de la vie. C'est cela que je veux montrer dans (certaines) de mes peintures - pas toutes ... Il en est d'autres qui donnent simplement à regarder ce qui nous entoure.
(ma première peinture cette année, une "mise en bouche",
détail du porte-manteau de la classe de peinture).
***
Et comme chaque musicien a été représenté avec une tête d'animal, je désire peindre - ou pasteller ces animaux -comme je l'ai fait pour une antilope et un kudu, au musée de l'Afrique, le tout en plusieurs versions pastel...
26 novembre 2008
L'orchestre rwandais (2)
Extrait de VERCORS, "Le songe" :
"... Est-ce que cela ne vous a jamais tourmenté? Quand, dans les jours heureux, allongé au soleil sur le sable chaud, ou bien devant un chapon qu'arrosait un solide bourgogne, ou encore dans l'animation d'une de ces palabres stimulantes et libres autour d'un "noir" fleurant le bon café, il vous arrivait de penser que ces simples joies n'étaient pas des choses si naturelles. Et que vous vous obligiez à penser à des populations aux Indes ou ailleurs, mourant du choléra. Ou à des Chinois du Centre succombant à la famine par villages; ou à d'autres que les Nippons massacraient ou torturaient, pour les envoyer finir leurs jours dans le foyer d'une locomotive.
... Est-ce que cela ne vous tourmentait pas, de ne pouvoir leur donner plus qu'une pensée - était-ce même une pensée? Etait-ce plus qu'une imagination vague? Fantasmagorie bien moins consistante que cette douce chaleur du soleil, le parfum du bourgogne, l'excitation de la controverse. Et pourtant, cela existait quelque part, vous le saviez, vous en aviez même des preuves: des récits indubitables, des photographies. Vous le saviez et il vous arrivait de faire des efforts pour ressentir quelque chose de plus qu'une révolte cérébrale, des efforts pour "partager". Ils étaient vains. Vous vous sentiez enfermés dans votre peau comme dans un wagon plombé. Impossible d'en sortir.
... Cela vous tourmentait parfois et vous vous cherchiez des excuses. "Trop loin" pensiez-vous. Que seulement ces choses se fussent passées en Europe! Elles y sont venues: d'abord en Espagne, à nos frontières. Et elles ont occupé votre esprit davantage. Votre coeur aussi. Mais quant à "ressentir", quant à "partager"... Le parfum de votre chocolat, le matin, le goût du croissant frais, comme ils avaient plus de présence... "
25 novembre 2008
L'orchestre rwandais (1)
Dans mon projet de peinture sur notre humanité, il y aura une partie dédiée à l'Afrique.
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J'ai un couple d'amis qui a vécu longtemps en Afrique (Congo et Rwanda, à Kinshasa & Kigali). Ils sont rentrés définitivement en Belgique peu avant les "événements". Je les ai suivis ces événements, à l'époque, (nous ne nous connaissions pas, je les ai rencontrés cinq ou six ans après), mais avec un relatif éloignement. Disons qu'à force de vouloir tout comprendre et analyser (sur le plan de la politique étrangère), j'en perdais peut-être l'horrible dimension humaine. Face aux drames, passée la stupéfaction, il peut y avoir de la distance et du fatalisme; bref, il faudra que je recherche un texte de Vercors, que j'aime beaucoup, sur "l'espèce d'indifférence" que l'on peut ressentir face aux drames qui nous sont trop lointains. Dans l'avalanche de sinistres et de guerres qui nous tombent dessus, nous sommes emportés, nous roulons avec le flot, non sans fatalisme: tout ça, la mort, les guerres, les massacres, Inch'Allah! C'est le lot de l'homme depuis qu'il est homme, ça fait partie de la vie.
Et puis, un jour, le drame se rapproche. A mon ancien boulot, nous avions programmé une semaine de films (fictions et documentaires, courts et longs métrages) et d'animations sur le thème de la multiculturalité, de la colonisation, de la décolonisation, du racisme et de la xénophobie, avec des projections et des animations sur les génocides (juif et rwandais). J'en connaissais un bout sur le premier, et pourtant, je n'oublierai jamais la visite du musée de la déportation, à Malines (à la Caserne Dossin), où nous avons emmené les élèves d'une école anderlechtoise, et l'apothéose (après une semaine fatigante - mais passionnante), une visite guidée du musée du Congo.
Six ans après les événements, je les reconsidérais sous l'angle d'un génocide avéré, reconnu et analysé tel quel. Plus tard, avec la Rose et sa famille, je suis allée voir la pièce "Rwanda 94" et j'ai commencé à mieux comprendre. Et chez moi, l'an dernier, j'ai regardé le film "Hôtel Rwanda".
Là, cela devenait de plus en plus proche.
La Rose égrène parfois quelques souvenirs de l'Afrique. Et pas qu'elle. Avec mon père et mon frère, j'évoque souvent le Congo: c'était comment, leur maison? C'était comment, l'éclairage? Pourquoi la couleur rouge de la terre? Sociologiquement parlant, il n'est pas étonnant que bien des familles belges aient des accointances avec l'Afrique centrale, à cause du Congo, colonie belge jusqu'en 1960, et du Rwanda-Burundi, deux pays qui furent sous protectorat belge.
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Il y a quelques années, le mari de la Rose (grand collectionneur de tissus Kuba), m'a donné une série de photos de musiciens rwandais. Il y a tout un orchestre. Puis il m'a montré une peinture africaine - d'un artiste de la région - qui représente les musiciens, avec les têtes des animaux de la brousse ou de la savane. Je ne connais pas le nom de tous les instruments, je commence seulement à chercher sur internet - il y a une certaine variété dans ces instruments à percussion africains et je m'y perds un peu. J'ai décidé d'en faire une série, probablement au pastel et à l'acrylique, donc, dessin et peinture. Ce sera "ma" contribution au Devoir de mémoire.
Pour cette première toile, je voulais un paysage de fond... qui ne fasse pas "paysage", et y "mettre" un certain ressenti personnel, sans compter que pour notre prof, o;) on peut peindre, n'est-ce pas! Mais on ne peut pas des-sin-ner !!!
A chacun de se faire "son" idée.
Voici la première toile, accrochée à un mur, une acrylique 70x50, achevée.
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19 novembre 2008
Les 15 ans de la Commission "Femmes et développement"
Se fêteront le 16 décembre, au Palais d'Egmont, place du Petit Sablon, à Bruxelles (en présence de la princesse Mathilde***)
(***Pour les lecteurs français, il s'agit de la Duchesse de Brabant, épouse du prince Philippe, héritier du trône - une fois n'est pas coutume, ce soir, je me la joue Anne Quévrin, ou encore "C'est du belge"!)
Au menu, un colloque international le 16 décembre, (le programme => ICI), des séminaires du 15 au 18 décembre, un concours de textes ouvert aux jeunes (appel à projets => ICI) et une exposition d'ensemble: ARTISTES POUR L'EGALITE.
(A laquelle je participe, avec un diptyque homme/femme intitulé "Suzanne et Siméon").
"Artistes pour l'égalité"
Divers moment musicaux viendront égayer la journée du 16 décembre. Voix d'hommes et de femmes, expressions des diverses cultures du monde, nous seront offertes par Sylvie Nawasadio, Catherine Schockert et Bruno Verleyden et le duo Epu Lamngen.
Sculpture, photo, peinture,… Regards sur les
femmes du monde, regards sur les regards sur les femmes… regards sur le
genre. Le SPF Affaires étrangères, commerce extérieur et coopération au
développement accueillera du 8 au 19 décembre une exposition d'œuvres
sur le thème du développement et de l'égalité entre hommes et femmes.
Ces œuvres nous sont prêtées gracieusement par des artistes amis et
amies de la CFD. Avec la participation de Avin Kaki, Liliana Aguirre,
Rhode Bath-Sheba Makoumbou, Clarice, Christine Leidgens, Céline
Marique, Sara Mostaccero, Marie-Françoise Vandenberghe, Gigi Warny, Sandra Zidani, et bien d'autres..."
Extrait du site "La Commission Femmes et Développement"










