16 mai 2008
Le héros austenien (2)
Je pense encore à cet "anti-héros" de Jane Austen, le colonel Brandon - qui est un des héros "de fait" de son roman... Donc, dans "Raison et sentiments", Elinor (la raison) épousera Frederick, et Marian, (la passion), épousera le colonel Brandon après toute une transformation intérieure due à sa déception amoureuse et à la maladie.
Tout d'un coup, j'ai pensé à "Guerre et paix", un autre roman dont j'ai tellement aimé le héros (qui avait un côté très anti-héros aussi, quoique d'une épaisseur nettement supérieure aux personnages de Jane Austen), Pierre Bézoukhov - je l'ai déjà écrit au début de ce blog-ci, et ce fut l'occasion d'un échange de mails très plaisant avec un écrivain français, Pierre Lorrain, également passionné par "Guerre et paix", par Tolstoï et la Russie. Là aussi, on a affaire à une héroïne jeune et sentimentale, Natacha, et à un héros qui ne transige pas avec la morale, un homme d'honneur (un peu bête à la limite, mais qui se "rattrape" avant de mourir), le prince André.
Mais je ne peux pas introduire d'échelle de valeurs entre ces personnages - Austen et Tolstoï ne peuvent pas se comparer entre eux... Le propos est radicalement différent, le parti romanesque aussi.
Et je me suis tout d'un coup fait la réflexion que les romans de Jane Austen sont la saga de l'Angleterre entre 1808 et la chute de Napoléon (au début de "Persuasion", Napoléon est prisonnier à l'île d'Elbe), qu'elle est dans le camp "anglais"... Tout comme "La guerre et la paix" est un roman sur une de ces guerres que les Russes qualifiaient de "patriotique".
Le lion de Waterloo
Comment expliquer ce que je ressens? Culturellement, j'ai toujours été très près de la France. Mais je déteste Napoléon (je ne puis que détester l'homme, ses guerres et son régime). Et souvent (encore aujourd'hui), je passe à Waterloo (à côté du Lion). Pour le moment, je baigne un peu là-dedans.
Et pourquoi j'aime tellement Jane Austen ? Elle me fascine. C'est une femme écrivain ! Une femme écrivain qui écrit, qui publie et qui connaît le succès. Et dans l'Angleterre du XIXème siècle. Alors même qu'un de ses frères adorés fait de mauvaises affaires. Elle voyage, déménage, négocie avec ses éditeurs et s'octroie même le luxe de refuser une proposition d'écriture d'un livre d'histoire sur les Saxe-Cobourg. Elle écrit tous ses livres à la main, sur des cahiers...
Même pas à la machine, même pas à l'ordinateur. Comment faisait-elle? Et elle meurt si jeune... A 41 ans ! A 41 ans, je n'avais pas fait grand-chose dans ma vie (sur le plan artistique). Sauf travailler pour un employeur. Et cela a été une de mes plus grandes douleurs ! Alors qu'aujourd'hui, "sans profession", j'écris et je peins.
Comme tout cela est curieux !
15 mai 2008
Le héros austenien (1)
Le héros masculin austenien est multiple.
Il y a le héros par excellence: Mister Tilney dans "Northanger Abbey", Frederick Ferrars, dans "Raison et sentiments", tous deux jeunes et séduisants; le capitaine Wentworth dans "Persuasion" et surtout, bien sûr, Mr Darcy, dans "Orgueil et préjugés".
Et Austen leur fait dire parfois des choses tellement délicieuses que je ris à moi toute seule.
Sociologiquement, ils nous donnent une idée du monde dans lequel Austen évolue. Frederick Ferrars est un cadet de famille qui pourra "s'établir" grâce à la générosité du colonel Brandon. Le colonel Brandon lui confiera un "bénéfice", c'est-à-dire une cure (dans la religion anglicane, bien sûr, -donc, il pourra se marier - et, dit-il, faire les homélies les plus courtes possibles...) - tout comme M. Tilney, qui est clergyman. Le capitaine Wentworth est dans la Royal Navy - tout comme un des frères de Jane Austen, et Darcy est noble (mais riche, lui...) Le héros de Mansfield Park, Edmond Bertram se prépare aussi à devenir clergyman et c'est même ce qui va l'unir à sa cousine (oh, un mariage entre cousins???) Fanny Price - qui prend ardemment la défense du métier de clergyman.

Il y a le héros qui est un anti-héros, personnage apparemment mineur, au début du roman, il se manifeste tout d'un coup par un comportement incompréhensible (M. Knigthley dans "Emma") ou prévisible - le colonel Brandon dans "Raison et sentiments". Plus âgé que l'héroïne (le colonel Brandon a une bonne trentaine d'années alors que Marian Dashwood n'en a pas 20), il a déjà vécu, déjoue les manoeuvres des vils séducteurs (l'infâme Willoughby, toujours dans "Raison et sentiments"), et il connaît (et méprise) le monde, les artifices, et par-dessus tout, la parole trahie.
Cette caractéristique, il l'a en commun avec le héros austenien. Dans "Orgueil et préjugés", Darcy contraint Wickham à épouser la jeune soeur d'Elisabeth Bennet avec laquelle il s'est enfui - et dans ce milieu et à cette époque, la fuite d'une jeune fille (ou d'une femme mariée) avec un mauvais garçon leur est absolument et définitivement fatale.
Et puis, évidemment, il y a le mauvais garçon. Il y a toujours une série de personnages veules, intéressés, mesquins, inintelligents, plus ou moins manoeuvriers de canapé, coureurs de jupons... Certains se prennent à leur propre piège et gâchent leur vie (tels Willoughby dans "Raison et sentiments", qui aime vraiment Marian, mais préfère le mariage riche, et Henry Crawford, dans "Mansfield Park", qui finit par "trahir" Fanny Price en prenant la fuite avec une femme mariée (et cousine de Fanny, de surcroît).
Souvent, par mesquinerie pure et simple, ils s'attachent à nuire aux héros, par exemple, John Thorpe, dans "Northanger Abbey", va raconter au Général Tilney que Catherine Morland est riche et d'un rang élevé, socialement, alors qu'elle est simplement issue d'une famille honorable. Vanter ses amis lui permet de se vanter lui-même... Plus tard, il la démolit complètement dans l'esprit du Général en disant que non, elle est pauvre, que sa famille est obscure et qu'elle ne vaut pas la peine qu'on s'y intéresse.
Il y a beaucoup de mauvais garçons chez Jane Austen. Mais leurs crimes sont rarement majeurs. Ils ne tuent personne, non, ils se bornent à chercher la dot intéressante et à l'épouser, ou pire, à séduire, engrosser et abandonner; plus rarement, ils escroquent (comme M. Elliott, le cousin de Anne Elliot, héritier du titre et du domaine, dans "Persuasion").
Parfois, ils sont ridicules et snobs, aussi collants que de la cyanolite, ils se plaignent d'un froid excessif comme de la chaleur estivale (et c'est très drôle...) en général, ils disparaissent de la circulation... Jane Austen les déclare assez vite inintéressants "pour nos héros" et surtout pour le lecteur. Exit le mauvais garçon...
Enfin, et jusqu'à présent, je n'ai rencontré qu'un personnage de ce type, il y a le faux héros austenien, comme Frank Churchill, dans "Emma". Pendant tout le livre, on croit qu'il va demander Emma en mariage, sans qu'Emma y tienne spécialement d'ailleurs (elle veut marier tout le monde mais ne veut surtout pas se marier elle), alors qu'il est fiancé secrètement à un autre personnage du roman... Et ce quiproquo tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin.
Mais difficilement en haleine, parce que tout de même, des romans qui datent de 1808 à 1818, ce n'est pas si facile que cela à lire.
Alors, pourquoi je les lis ?
Réponse: pour faire quelque chose d'intéressant...
Et faire suer mes lecteurs avec des articles interminables...
Thomas GAINSBOROUGH. Miss Linney & son frère.
13 mai 2008
Janéite
Voilà une vidéo extraite de "Raison et sentiments", d'Ang Lee, qui présente bien les caractères des deux soeurs, Elinor et Marian Dashwood (on ne voit pas leur mère et heureusement, elle est d'un fade!) C'est ainsi qu'on appelle les "fans" de Jane Austen, les Janéites. Mais pour être "janéite", il faudrait que j'aie vraiment tout lu (et à plusieurs reprises, car ce sont des romans si denses!)
Portrait de Jane Austen par Cassandra Austen.
Aquarelle.
Je viens de lire coup sur coup "Emma", tomes 1 et 2, "Mansfield Park" et "Raison et sentiments" - "Sense & Sensibility". J'adore "Raison et sentiments". J'ai calé dans "Northanger Abbey" (mais je vais le reprendre et continuer) où Jane Austen parle pourtant de l'importance du roman gothique dans la vie des jeunes filles de la société anglaise des son temps. Ses héroïnes ne ressemblent pas du tout aux héroïnes des soeurs Brontë. Elles sont beaucoup plus sages. Laquelle serait ma préférée? Elinor Dashwood, pour la passion intérieure et la "raison" personnifiées? Je n'ai pas envie de ressembler à Marian Dashwood. Ou la sage et fidèle Anne Elliott? Mais je n'ai pas la vocation d'une Cendrillon. En même temps, je visionne des films tournés d'après Jane Austen ("Persuasion" et "Raison et sentiments", d'Ang Lee), ou sur Jane Austen. Il y a de quoi y passer des heures !
Emma Thompson.

Anne Elliott et le Capitaine Wentworth
dans "Persuasion"

Le (beau et séduisant) colonel Brandon,
héros et gentleman austenien,
alias Alan Rickman
14 avril 2008
Etre écrivain...
C'est quoi être écrivain ?
C'est quoi être auteur, auteure ?
C'est quoi être écrivant ?
C'est quoi être poète ?
C'est quoi être blogueur ?
Et quand a-t-on le droit de se parer d'un de ces titres ?
Sont-ce des états, des métiers ou une identité?
Si on a publié mais qu'on ne publie plus,
Qu'est-on ?
Ex-écrivain ?
Ex-poète ?
Ex-auteur, ex-auteure?
Ou djust une mère à chats ?
Si on a écrit & publié et qu'on est blogueur, blogueuse, qu'est-on?
Djust blogueur, blogueuse, à ne pas confondre (surtout pas) avec l'écrivain?
Qu'est-ce que ce blog que l'on tient justement?
Puisqu'il n'est ni recueil de poèmes, ni roman, ni recueil de nouvelles, ni pièce de théâtre?
Pourquoi les blogs d'écrivain(s) ressemblent-ils désespérément à une vitrine promotionnelle d'une oeuvre en train de s'éditer?
C'est une question sur laquelle j'aimerais écrire. J'ai un bout de réponse, déjà depuis un certain temps, que j'ai envie de développer.
Etre écrivain, c'est une entreprise économique à part entière. De cela, au moins, je suis sûre.

Et de quoi se soucie l'écrivain ? Se soucie-t-il de ses lecteurs? Seulement de ses lecteurs?
Pourquoi les lecteurs n'écrivent-ils pas aux auteurs qu'ils aiment ?
Comme nous blogueurs, commentons les articles des blogueurs et des blogueuses que nous aimons?
Pourquoi ? Mais parce qu'on ne reçoit pas de réponse, bien sûr...
Je n'ai pas souvent écrit à des écrivains, je me souviens d'une seule occasion et je n'ai jamais reçu de réponse, ce qui me semblait naturel. Juste... Un avis de parution ultérieure, mais j'en étais très satisfaite, puisque j'avais envie de suivre cet écrivain.
De quoi me souciais-je le plus, quand j'ai publié "Bruxelles, ville d'humanisme" ?
De faire connaître et aimer mon Bruxelles ?
De mes lecteurs ?
Des articles dans la presse, à la radio et en télé?
De l'état de ma coiffure ou de la couleur de mon fond de teint?

Oui, qu'est-ce qu'être écrivain ?
(à suivre...)
Vers 19h44... Tout d'un coup, j'ai un doute. Ai-je envie de réfléchir sur ces questions? Ai-je encore envie de bloguer? Deux jours sans rien écrire, sans quasiment ouvrir l'ordinateur - sauf pour discuter de ce travail sur Proust, avec mon fils. Est-ce que ça m'a manqué? Non. Peut-être est-ce parce que je suis fatiguée? Je ne sais pas. Serais-je en train de me lasser du blog? Ce serait bien la première fois depuis longtemps que je me lasse de quelque chose d'internet. Je blogue depuis juin-juillet 2004. C'est peut-être normal que je me fatigue. J'ai épuisé beaucoup de magie du blog et de l'internet, j'ai beaucoup raconté aussi, beaucoup écrit qui a disparu dans mes archives. Même moi, je ne sais plus tout ce que j'ai écrit... Ce soir, j'ai envie de voir un film, juste un film distrayant. Pas la télé, non, pas les émissions de variétés, pas les séries américaines ennuyeuses, pas la machine du JT à nous enfoncer le Tibet et les Farc dans la tête, non plus, juste envie de voir un film... La blogueuse, l'ex-auteure et l'artiste dans les limbes sont fatiguées...
11 avril 2008
Une spéciale "dédicace"
(Musicale & ringarde o;)
A mon fils qui va me tapeeeeeeeer quand il recevra mon mail avec ce lien-là...
Mais voilà, il apprend Marcel Proust en littérature! Alors! Et demain, il va plancher sur une magnifique phrase de Proust, que j'ai décortiquée (pour) avec lui la semaine passée, après une petite marche Adeps pourvoyeuse d'oxygène...
« Et, comme la durée moyenne de la vie – la longévité relative –
est beaucoup plus grande pour les souvenirs des sensations poétiques que pour
ceux des souffrances du cœur, depuis si longtemps que se sont évanouis les
chagrins que j’avais alors à cause de Gilberte, il leur a survécu, le plaisir
que j’éprouve, chaque fois que je veux lire, en une sorte de cadran solaire,
les minutes qu’il y a entre midi un quart et une heure, au mois de mai, à me
revoir causant ainsi avec Mme Swann, sous son ombrelle, comme sous le reflet
d’un berceau de glycines. »
A l’ombre des jeunes filles en
fleurs, « La Pléiade »,
pp 625-630.
Mon fiston que j'adore et avec qui je passe 44 minutes au téléphone à l'écouter me parler du livre (lu in thet NDLS a.u.b.) "Het verdriet van België" - "Le chagrin des Belges" qu'on a lu ensemble (sauf que je l'ai interrompu pour le lui donner); à me parler de sa nuit blanche (sa première "charrette") à écrire un dossier de dix pages sur la sécurité sociale aux Etats-Unis (en anglais!)
Fils qui se sent tout à fait belge d'ailleurs et qui est presque parfait trilingue... En langues vivantes - contrairement à sa mère qui était trilingue en langues mortes (littérature française, latin et grec)
Mon fils et ses copains qui apportent des madeleines à leur cours de littérature française... (Et moi qui amenais des chocolats à mes élèves... Quand je leur mitonnais un contrôle général particulièrement difficile... En souvenir de notre prof de français qui faisait de même...)
Mon fils qui va partir en Erasmus cinq mois en Finlande, entre août et décembre 2008... Si tout va bien! Je croise les doigts pour lui ! Et lui souhaite de tout coeur que cela se fasse.
Mon fils dont je suis si fière et que j'aime tellement !
18 octobre 2007
E-Bibliothèque & Ostende
Je suis sur la E-bibliothèque, bibliothèque en ligne de Lisieux. Après avoir fait un 'crochet' par le blog d'Hélène, 'La boîte à livres' - en somme, c'est un peu un blog comme celui de Marc, Bibliotheca, que j'ai suivi attentivement, dès ses débuts.
Je 'feuillette' l'index. Je clique sur BAUDELAIRE - journal intime - 'Mon coeur mis à nu'
Et qu'est-ce que je lis?
'Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser,
a le droit de parler de lui-même.' (BAUDELAIRE)
Bon, et après ça, qu'est-ce que je fais? Je ne pense pas être très amusante, en ce moment, si je prends l'expression dans son sens propre, bien sûr.
Moral, forme, rien n'est au top pour le moment. Ce n'est pas très gai pour les amis, j'ai peur qu'ils se lassent. Ce n'est pas gai pour moi non plus. En fait, physiquement parlant, j'ai souvent mal, nuque, dos, tête, épaules et coudes (sauf lundi, là, je n'ai pas eu mal). Je dors mal (réveillée tôt le matin, syndrome des jambes qui bougent, cauchemars) si j'ai mal à la tête, même un tant soit peu, la journée est quasi fichue. Un léger mal de tête me rend brouillardeuse et je parle difficilement, un mal de tête plus prononcé me rend malade. J'espère très fort qu'après deux-trois jours à Hurtebise, ça ira mieux. En général, ça va vite beaucoup mieux, mais quand je rentre à Bruxelles, je ne sais pas, je ne peux pas décrire ça, quand je vois les tours de Bruxelles se profiler, depuis la E411 (ou toute autre autoroute), j'ai l'impression d'être ramenée, presque de force (ce qui n'est pas le cas, mais il s'agit de la force du destin, je crois), à ma prison.
***
Et pourtant, hier, je suis allée à l'académie. Je crois que c'est la première fois depuis longtemps que je n'ai pas rouvert l'ordi, après avoir mangé, rangé, etc. Je suis allée tout de suite au lit, lire, dormir, tant bien que mal. Pour le moment, j'ai un peu 'abandonné' "La plage d'Ostende" et je lis plutôt dans "Du côté d'Ostende" qui me plaît mieux. Peut-être parce que le récit d'un personnage âgé est plus crédible que les paroles d'un adulte qui revisite sa passion d'enfance? (Je pense à Emilienne - et le héros de "Du côté d'Ostende", c'est Henri). Régulièrement, je replonge alors dans "La plage d'Ostende" pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants.
Je reste toutefois un peu sceptique sur ces amours inconditionnelles, démesurées, fidèles, inamovibles, qui font que les personnages meurent avec la mort de l'autre. Emilienne meurt après la mort de Léopold, Henri, je ne sais pas encore, Gilbert, un jeune, se suicide parce que Henri ne l'aime pas ou parce qu'il croit qu'Henri aime Emilienne, alors que c'est Léopold, le peintre, que Henri aime. Je ne sais pas, c'est très agréable à lire, j'aime beaucoup la façon de raconter, je retrouve du Gide, là dedans, est-ce que je retrouve du Green? Non, pas du tout.
Impression de fatalité, au sens grec du terme, comme dans la tragédie antique. Quoiqu'on fasse, on n'échappe pas à son destin. Emilienne aime Léopold depuis l'âge de 11 ou 12 ans. Léopold se marie. Henri aime Léopold, il se fait le chevalier servant de l'épouse de Léopold et d'Emilienne. Mais Léopold, quoique marié, aime Emilienne. C'est donc réciproque. Gilbert, le fils de Colette, l'amie d'enfance d'Emilienne, aime Henri.
Tout cela, tout à fait (ou presque) comme dans Andromaque.
Il y a aussi, quelque chose d'imperceptible, quelque chose qui est commun à une Maud Frère (surtout quand je pense à 'Guido', où il y avait une relation d'amour quadrangulaire et à 'L'ange aveugle'), -que l'on ne lit plus guère- et à une Jacqueline Harpman.
Mais quoi? Peut-être le fait que les héros ne peuvent rien face à leurs sentiments ou aux passions. Ils sont pris, définitivement pris, par leur amour pour un être inaccessible et ne trouvent d'oubli que dans la mort... Mais il faut du roman. La vie en manque tellement! Dans la vie de tous les jours, si j'avais dû mourir chaque fois que j'ai vécu une histoire d'amour sans issue, je serais morte plusieurs fois! Parole! Or, je suis bien vivante. Plus survivante que vivante, mais vivante.
La seule chose qui m'empêche tout à fait de rêver, c'est (comme pour l'architecte De Coninck qui tombait dans la villa de Genval comme un cheveu dans la soupe), l'hôtel Hannon où Emilienne est censée habiter. Pour moi, l'hôtel Hannon est un immeuble appartenant à la commune de Saint-Gilles, occupé par l'espace Contretype, qui y organise des activités culturelles. Manque de pot, je le connais trop bien, puisqu'il est situé à la lisière de mon ancien quartier (Ixelles, Ma Campagne, Saint-Gilles). Je sais, je suis chiante et chichiteuse, mais je crois que j'aurais autant aimé la mention d'une maison ou d'un hôtel n'ayant jamais existé. Evidemment, l'hôtel Hannon a été, comme l'hôtel Solvay, Van Eetvelde & consorts, un hôtel de maître particulier. Mais ce temps-là est tellement révolu !
Sinon, j'aime bien retrouver dans un roman des noms à consonance bien de chez nous. Parfois, on dirait plus des noms que des personnages, comme 'Mme VAN ???' - une femme mécène, sorte de cheville romanesque autour de laquelle toute l'histoire, voire, les deux histoires, s'articule.
02 octobre 2007
Sur... La plage d'Ostende
Je suis en train de lire "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman. Annick, une blogueuse skynet, m'avait donné envie de la lire, rien qu'en publiant certains extraits dans son blog, très frappants. (Et qui me semblaient très révélateurs d'une écriture de fiction dont l'auteur est psychanalyste).
Et puis, je suis curieuse de cette auteure. Elle a été littéralement "découverte", (je veux dire, par le public), en Belgique en 1995, avec son "Moi qui n'ai pas connu les hommes", et pourtant, elle écrivait et publiait depuis longtemps déjà.
J'avais envie de lire Harpman aussi, parce que j'ai eu cours avec son mari, Pierre Puttemans. Pierre Puttemans a été mon professeur d'histoire de l'architecture et de l'urbanisme. Il organisait, avec le dirlo de l'Isuru, les séminaires du mercredi soir (toujours super intéressants).
C'est écrit dans un style magnifique. Ample, classique, comme je les aime. Pour l'histoire, je ne me prononce pas trop encore, le coup de foudre et l'amour fou d'Emilienne pour Léopold, à onze ou douze ans, me laissent un peu perplexe. D'un autre côté, il y a un aspect de folie justement, dans cet amour, qui me rappelle la passion démentielle d'Adrienne Mesurat (de Julien Green) pour son (vieux) voisin.
Ou encore, l'amour fou, (de l'enfance à la mort), décrit dans "Lettre d'une inconnue", de Stefan Zweig, que j'ai beaucoup aimé aussi.
Toutefois, je trouve un passage très curieux. Les parents d'Emilienne achètent une maison à Genval. Il y a d'abord cette coïncidence, puisque, ces derniers temps, j'ai poussé quelques pointes jusqu'à Genval. (J'aime bien les abords du lac de Genval, ça fait très lieu de villégiature élégant, il faut imaginer une sorte de Talloires wallon). Cette curieuse graine de petite fille qu'est Emilienne donne à ses parents des conseils d'aménagement géniaux. En effet, il y a d'abord son coup de foudre pour le peintre Léopold, et ensuite pour sa maison de Genval.
Mais là, tout d'un coup, en plein milieu, il y a l'irruption d'un autre monde. La narratrice raconte, "comme ça", avec un naturel confondant, que Louis-Herman De Coninck est venu visiter la maison et l'a déclarée "saine" et intéressante. C'est l'intrusion de L.-H. De Coninck qui me fait un curieux effet. Elle me semble sans lien avec le reste du chapitre. Peut-être qu'il revient plus tard, je l'ignore, je ne crois pas.
Pour moi, il y a là deux registres clairement différents. Je switche difficilement, là. Je passe de l'un à l'autre sans lien logique. (Si ce n'est celui de m'arrêter à un détail biographique qui donne tout son sens à ce tout petit passage).
De Coninck est évidemment un architecte belge que je trouve particulièrement fascinant (parce que, toute petite, déjà, j'aimais le modernisme en architecture, et plus tard, c'est un goût qui se vérifie quand je suis mes cours). Mais là, je m'envole directement vers un autre monde que celui de "La plage d'Ostende". Je suis partie vers l'architecture moderne, Le Corbu et Perriand, et l'assainissement de la maison moderne, qui, grâce à l'horizontalité et la façade libre, (entre autres), fait rentrer l'air et la lumière à flots dans la maison.
Mais justement, cela ne cadre pas trop avec le roman. Visuellement, en lisant tout cela, je vois plutôt l'art de Spilliaert, ou celui de Khnopf, je visualise davantage les XX que les Congrès d'architecture moderne (les CIAM). A la limite, je verrais bien certains Hopper (pour les maisons de Genval). Je vais encore dire que je me pare de ma culture comme de perles, (et le regretter, parce que je crois que ça fait fuir le lecteur), mais ce n'est tout de même pas ma faute si j'ai des passions multiples qui englobent la littérature, la poésie, l'art, l'architecture, l'histoire des villes et l'urbanisme...
Je ne peux pas m'empêcher de faire des ponts entre tout ça.
21 septembre 2007
Proust et lui
Il n'y a pas si longtemps, mon fils et moi parlions de la rentrée. De sa rentrée.
Sa rentrée a eu lieu.
Depuis le mois de juillet, il me parle de son futur cours de littérature, se demande quel auteur du XXème ils étudieront... A vrai dire, il me parle aussi d'IPL (I pour quelque chose et Pratique de la langue), de stages de néerlandais, de son futur Erasmus (aux Pays-Bas? Dieu, que j'aimerais aller à Leyde et à Harlem, si j'étais étudiante!!!) etc. etc.
D'autre part, il s'est souvent fichu de moi (mais gentiment) quand je lui réclamais ma BD sur Proust de retour...
"Si ça se trouve", lui ai-je dit, "tu auras Proust comme livre à lire !" Ce qui le faisait gémir et dire "nooooooon!"
BINGO !
En plein dans le mille... Je lui ai donc (re)servi sa théorie sur les livres difficiles à lire... Qu'il arrive un moment où il faut monter dans un wagon (entre la 50ème ou la 100ème page), de peur de rater un train bien intéressant... Je veux bien l'aider à se retrouver dans Proust, mais je ne veux pas lui mâcher cette lecture.
Je l'ai rassuré en lui disant qu'une fois maîtrisées la longueur de la phrase et les particularités stylistiques de Proust (comme les séries de trois adjectifs), on n'avait plus qu'à se laisser bercer.
C'est si beau. C'est tellement beau.
"
Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après
la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles,
plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps,
comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le
reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice
immense du souvenir. (...)
(...) Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé."
(Marcel Proust, "Du côté de chez Swann")

La comtesse GREFFULHE
par LASZLO.
Je ne pouvais pas continuer à raconter mes historiettes à la suite d'un extrait de La Recherche. Horreur et décadence! C'est pourquoi j'ai glissé là le portrait de la comtesse Greffuhle, une "grande dame" contemporaine de Proust.
Lors d'une de mes leçons d'essai, en régendat, j'ai dû donner un cours d'analyse (pas à coups de segments nominaux et verbaux, non, une vraie analyse grammaticale) sur une phrase de Proust. C'était une longue description du duc de Guermantes.
50 minutes dans une des grandes salles de B*** J'avais toujours peur d'arriver à la fin d'un cours et d'avoir épuisé toute la matière. Ce jour-là, ça m'est arrivé. C'était tout de même ardu comme leçon, pour des élèves de 2ème (je pense que c'était des 2èmes). J'étais une stagiaire trop docile. J'avais de bonnes idées, mais je n'osais pas toujours les mettre en pratique, le maître de stage était là et ne comprenait pas toujours les initiatives des élèves, enfin, des stagiaires.
Et je ne lui ai jamais raconté (je ne crois pas), mais je le ferai sûrement cette année, mon périple (avec mes parents) de retour de vacances de je ne sais trop où, à Illiers-Combray. On a logé dans une auberge misérable, et la nuit, je me suis mise à chasser des phalènes (je suis allergique à ces bestioles). Vers 2 heures du mat (j'étais déjà insomniaque!) la barre à rideaux et les tentures sont tombées par terre.
Le papillon, lui, volait toujours...
12 septembre 2007
Odilon-Jean Périer et moi (2)
Il est né et a vécu rue Defacz, à Ixelles.
Je suis née à Uccle et j'ai vécu très, très longtemps, rue Van Eyck, à Ixelles. J'ai toujours connu la rue Defacz.
Il se promenait avenue Louise, "Haute fenêtre où ma ville s'appuie", perpendiculaire à sa rue, parallèle à la mienne; au Bois de la Cambre, "Dans le bois de la Cambre, un facile dimanche", place Stéphanie, porte de Namur, etc. etc. Idem pour le Jardin du Roi, le Bois de la Cambre et le jardin de l'Abbaye de la Cambre.
J'ai bien évidemment aussi arpenté l'avenue Louise, qui avait un tantinet changé, entretemps. Mais la couleur du ciel était la même, ça s'est sûr.
Il a fait ses études à l'Athénée Royal d'Ixelles. J'ai terminé les miennes au Lycée Royal d'Ixelles.
Il est allé à l'ULB, mais rue des Sols, en fac de droit. Il n'a jamais plaidé.
Je suis allée à l'ULB, avenue Franklin Roosevelt, en fac de Lettres. Et je n'ai pas continué. Mais j'ai quand même enseigné...
Il s'est marié avec Laure Féron et est allé vivre au 268, avenue Louise. Entre la rue Gachard et la chaussée de Vleurgat. C'était à dix minutes à pied de "chez moi". (de mon chez moi d'avant). La maison existe toujours, Gérard Watelet y a installé sa maison de haute couture. Je pense à lui chaque fois que j'y passe.
Il a malheureusement contracté une angine à streptocoques, lors de son service militaire. Rechute, angines à répétition, rhumatisme articulaire. Les antibiotiques n'existaient pas. Il est mort à 27 ans d'une péricardite rhumatismale, en février 1928, quelques jours avant la naissance de son fils. (Lequel est devenu médecin, il s'agit du Dr Olivier Périer).
Périer était l'ami d'Eric de Haulleville, fils du conservateur en chef du musée du Congo.
Chaque fois que je suis allée au musée du Congo, j'essayais d'imaginer la scène, le trajet, avenue de Tervueren jusque là-bas, les courses et les conversations des deux amis sous les combles du musée.
Ma découverte d'Odilon-Jean Périe, c'est un jour (en 1979), l'écoute du poème "Le Citadin" (1924) récité par Charles Kleinberg. Ce que j'ai ressenti alors: un émerveillement sans pareil. Je voyais exactement ce qu'il avait écrit. Je savais ce qu'il avait écrit. Je le voyais tous les jours. Depuis toujours.
Le plus drôle est que Madeleine Defrenne, mon professeur de dissertation de l'ULB, à qui je dois d'avoir appris à disserter (tout en adorant cet exercice - ce sont mes meilleurs souvenirs de l'ULB), a fait sa thèse de doctorat sur Odilon-Jean Périer en 1957 (l'année de ma naissance). J'ai son livre, je l'ai même en deux exemplaires (et je ne parviens pas à m'en défaire).
Odilon-Jean Périer, je le retrouve en régendat, dans les cours et le livre de grammaire ("De l'analyse grammaticale à l'analyse littéraire") de mon prof, Louis Daubier, qui l'aimait autant que moi. (Il possédait deux numéros spéciaux du "Thyrse" et il ne parvenait à se défaire d'aucun d'eux).
Combien de fois n'en avons-nous pas parlé, dans nos conversations, entre le printemps 1981 et l'hiver 1997.
Mon premier poème publié - en réalité, il s'agit de mon deuxième poème - est un poème que j'ai écrit sur Bruxelles et sur Périer. Dans "Le Spantole". J'en ai précieusement gardé le premier jet, annoté au crayon par mon professeur, qui, à ce moment-là, était "autre chose" que mon professeur. Il était pour moi ce qu'Armand Bernier avait été pour lui. Ce qu'Auguste Marin avait été pour Armand Bernier. Et ce que Périer avait été pour Auguste Marin. Ma mère m'a donné un conseil important: "garde ça toujours, c'est très précieux".
Toutes les deux, d'ailleurs, on étudiait volontiers la couverture du roman "Le passage des anges", (chez Jacques Antoine), laquelle représentait une peinture de Périer: les toits des maisons et le paysage, depuis sa fenêtre, au 268, avenue Louise. Il se fait que ma mère connaissait bien la rue Gachard, on essayait donc ensemble de s'y retrouver. Elle me disait aussi qu'entre lui et moi, entre OJ. Périer et moi, il y avait une "fraternité d'âme". Pour une fois, elle avait visé juste. Bien que je ne croie guère à la pureté. (Mais y croyait-il? Et que mettait-il dans ce vocable? Ca ferait l'objet d'un 3ème article, cette histoire de la pureté en poésie). Ceci dit, l'homme vivant m'échappe. Je ne le connais que par les livres et par le quartier où nous avons vécu lui et moi, à trente ans d'intervalle.
Et, aussi, par une semblable exigence (et d'impatience? Pour moi, oui, pour lui, je l'ignore) en matière d'art (ou de poésie).
OJ Périer aimait autant Bruxelles que moi je l'aime. Quand ça va mal, j'essaie de penser à lui. Ce n'est pas toujours facile. C'est un ami invisible, depuis si longtemps (parfois trop longtemps, il fait partie d'une époque révolue de ma vie).
Il a écrit: "le vent prend la place des promeneurs et joue avec les feuilles mortes, les automobiles vivantes. Je n'ai garde d'oublier les marronniers de cette avenue, que l'on ne saurait trop aimer. Ils respirent de toutes leurs forces, ils tiennent de la place, ils sont à Bruxelles ce qu'est la Seine à Paris, le Vésuve à Naples. Beaucoup de Bruxellois ne l'ont jamais su." (Lettre ouverte à propos d'un homme et d'une ville).
Et cet aspect-là -qui nous est commun- trouve sa résolution dans ("mon") "Bruxelles ville d'humanisme", (BVH - Quelle aventure irréelle quand j'y songe !) et avant ça, dans les promenades que j'ai guidées à Bruxelles, en vieux tram, (en BTT, le Brussels Tourist Tramway), de 1992 à 1995 (voilà d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai fait un an d'études d'urbanisme...)
Il reste le dessin, chez Périer, et là, je ne sais pas si un chercheur s'est jamais penché sur la question...
11 septembre 2007
Odilon-Jean Périer et moi (1)
Je n'en aurai jamais fini avec Odilon-Jean Périer.
En mettant de l'ordre dans ma bibliothèque, je suis tombée sur un fascicule que j'avais acheté à la Maison du Livre, à Saint-Gilles, rue de Rome, lors d'une expo sur Périer où l'on pouvait voir, entre autres, le pupitre de l'élève de secondaire, sur lequel il avait gravé, au canif, des épisodes entiers de la guerre de Troie.
"Autoportrait de Périer
(gravure sur bois d’Aubert)
dans Le promeneur (1927)
Archives et Musée de la Littérature"
Il s'agit de "Lettre ouverte à propos d'un homme et d'une ville".
Il est passé aussitôt par-dessus ma P.A.L. (Pile à lire). A l'époque, je l'avais survolé (comme ma PAL?) sans trop creuser. J'y cherchais trop Bruxelles. J'en avais presque oublié... Périer lui-même.
***
"On se console mal de n'être pas riche après avoir manié des trésors. Et de parler en prose après un poème. Pour Jacques Durand, il se préparait à reprendre sa forme humaine en dessinant. La poésie le laissait seul, sans défense et sans consistance: il faudrait cependant sortir, tout à l'heure, se reconnaître au milieu des amis, des arbres, des automobiles."
"Jacques cherchait la poésie, non sans courage et sans passion, mais, d'ailleurs, n'aurait su longtemps s'y tenir. Et s'en détachait en composant un beau poème. Il écrivait pour supporter la terrible clarté des choses, pour les souiller, pour les réduire.
"J'écris pour vivre" disait-il. C'était encore un calembour.
Mais il dessinait, d'autres fois, quand il avait perdu contact, pour apprendre comment on parle et quels mouvements fait un homme entre les autres.
Je trouvais parfois ses dessins admirables. C'était quand sa main n'avait pas encore trouvé cette assurance qui lui faisait dire que tout allait bien.
(...)
Bien entendu, il ne savait pas dessiner: il recommençait chaque fois à nouveaux frais, comme les grands peintres (Vinci prend des notes mais ne s'en sert jamais, ses expériences sont assez émouvantes pour se passer de cette sorte d'utilité. Mettons qu'il paraît s'en servir: on se rassure comme on peut)."
Bien entendu, Jacques Durand et Odilon-Jean Périer ne sont qu'une seule et même personne. Tiens, tiens... Peut-être qu'aujourd'hui... Il aurait tenu un blog (et aurait juré, périodiquement, que la blogosphère n'était pas la vraie vie? (Bon, j'extrapole, là...)
Et, à la fin:
"L'on apprend, par les journaux d'information générale, que les peintres belges exposent à Paris, qu'il existe même une Académie de langue française à Bruxelles. Mais ce sont de fausses nouvelles. La peinture et la poésie n'y sont pour rien."
Signé, Odilon-Jean Périer,
Bois-Tordu,
Le Zoute-sur-Mer, Belgique,
23 février 1927.


















