Les carnets de Pivoine

Le monde est plein d'images. L'image est au bout de la plume. L'image est au bout du crayon.

13 mai 2008

Brèves de Pivoine

Comme tout le monde en ce moment, je vis à l'ère du beau temps...
Cela me rend un peu paresseuse, par rapport à mon blog !

J'ai donc retrouvé l'Ardenne et ses bourgs tranquilles.
Bohan, les hangars à tabac, le pont cassé et mes souvenirs de treize ans.
Alle, Membre, Rochehaut, Frahan,
Vresse et là, à Vresse, d'autres souvenirs encore. Plus difficiles.

L'Ardenne et ses promenades d'antan, parfois brûlantes et sèches,
La fumure du bois, les coulées de gibier,
Le silence inquiétant des bois de sapins...
qu'éclairait tout à coup une coupée dans les arbres,
Une petite plage au bord de la Semois.
La Vierre et la Semois, aux algues fleuries qui vous piègent.
Le pâté gaumais !
Florenville, Orval,
Avioth, froide et sable, coupée de couleurs,
Dans la verdure tendre.

J'ai tellement envie d'y retourner !

***

Dimanche, c'était la fête des mères et j'ai reçu un compliment amélioré o:-)
Le plus joli, faut-il le dire, depuis les fêtes des mères qu'organisait l'école,
Et qui me mettaient la larme à l'oeil !
Elle a dix-neuf ans, elle étudie,
Elle est pianiste et claveciniste, jolie comme tout, et il me parle tant d'elle...
Du coup, il travaille si assidûment son Proust,
à l'ombre des arbres, parfum d'herbe coupée,
Qu'il ne me reste plus rien à faire qu'à le relire (et heureusement! Il était temps!)
En voilà un qui est sorti vivant des tempêtes !

***

Si l'on considère que les études de peinture durent neuf ans,
Que je suis au bout de ma troisième année officielle,
Donc, de ma période d'apprentissage,
(et qu'après, il y aurait le "compagnonnage" et la "maîtrise".
- J'aime bien cette façon de "nommer" les choses...)

Et que je viens de terminer une toile vraiment, vraiment importante...
Un nu d'un mètre 20 de haut sur 1 mètre de large,
Avec une chevelure comme un manteau de Klimt...

Alors, je viens de réaliser mon "oeuvre" de fin d'apprentissage.

Photos_avril_2008_019

En attendant une photo de meilleure qualité !

Posté par pivoineblanche7 à 16:25 - Journal intime - Commentaires [28] - Permalien [#]

10 mai 2008

La Rose et le jardin

Et là, tout au fond, sous les arbres qui pleuvent des pétales,
On a traîné nos chaises longues.
Du cacao, une canette, deux livres ouverts qu'on ne lira pas.
Paupières closes, on ne dort pas, on écoute la campagne
Et son bruit de civilisation.

Mais les arbres
Les mouches bourdonnantes
Les oiseaux juste sur nos têtes...
Le lilas double tout fleuri dont le parfum me rappelle...
Quoi ?
Un savon, une image 1900, un autre jardin, une main,
une détente de l'être et du corps.

Je suis allée chercher mes trois coussins,
J'ai rêvé un peu, et parce qu'elle me demandait à quoi je pensais,
Je lui ai murmuré...
Pourquoi parler d'amitié quand l'amitié a peur ? 

On a repris nos livres,
Je me suis laissée bercer, les os de ma face se sont détendus
J'ai cessé de penser
Et j'ai épousé toute la joie du jardin...

Alors, je me suis endormie
Elle s'est retirée silencieusement...

Au réveil, la boisson fraîche pétillait dans les verres

En même temps que son sourire...

Posté par pivoineblanche7 à 11:49 - Journal intime - Commentaires [33] - Permalien [#]

08 mai 2008

"Que sur le blé doré le fléau se déploie" (Virgile)

Frahan, le mardi 7 mai 2008 :

N__009

N__005

Posté par pivoineblanche7 à 04:56 - Journal intime - Commentaires [10] - Permalien [#]

05 mai 2008

"... La folie qui pétrit mes mains..." (Franck)

C'est ce que Franck écrit dans son carnet, "J'irai marcher par-delà les nuages".

Il y a écrire sur la folie, l'habiller de mots splendides, en extraire une flambée d'émotions et une sculpture de marbre dansante.

Il y a vivre ma folie: on n'écrit pas pendant la crise, on n'y arrive pas. On sort du sas des urgences d'un grand hôpital bruxellois, les numéros de téléphone s'enfuient hors de vos doigts, les touches jouent la sarabande, l'ombre est totale dans laquelle on évolue, on titube, on monte dans un taxi, on fouille fébrilement son sac à la recherche d'argent, on n'a rien sur soi, juste un tee-shirt, une veste, un pantalon, quelques euros et un mouchoir.

Et le taxi vous vomit devant chez vous, sans clefs. On sonne, sonne, personne n'ouvre ni ne répond. Bien sûr! La folie fait peur! La folie, c'est juste une souffrance qu'on ne peut pas imaginer, qu'on ne peut pas décrire. On aperçoit un passant (qui donc?) on appelle au secours. Et cette personne s'en va en disant non-non de la tête. De quoi avais-je l'air? D'une mendiante? D'une criminelle? Pis, d'une comateuse éthylique? On se couche par terre, parce qu'on ne peut plus tenir debout. L'herbe est froide et mouillée, la terre molle, inhospitalière. On attend que se calment les spasmes musculaires, les mouvements incontrôlés, mais le corps s'engourdit.

Rester éveillée, à tout prix.

La folie est faite de tremblements, elle est la chute, une fois, deux fois, plusieurs fois, les bleus, les éraflures, les hallucinations visuelles, l'entorse, la tête qui se cogne, des rais de toutes les couleurs qui passent devant et derrière soi, le cerveau envahi, il y a le bruit dans la tête, la phrase obsessionnelle que l'on se répète, c'est ta faute, ta faute, ta faute... Le goût altéré, la langue lourde et sèche, il y a ne pas savoir quand on s'en sortira. Il y a surtout essayer d'avancer, pas à pas, et sans y laisser sa vie. Et peut-être qu'on s'en sortira.

Il y a pour vivre, l'instinct et la seule force puisée dans les muscles pour avancer, de maison en maison, de pavé en pavé, de voiture en voiture, de poteau en poteau, pour atteindre le prochain métro, la bonne station, la sortie qui sauve. C'est ainsi que j'ai traversé Bruxelles, à la fois vivante et morte, hagarde et soumettant ma volonté à une lucidité impitoyable. J'ai baissé ma garde dans le Boa, je dormais, des inconnus près de moi, je ne reconnaissais plus rien. J'étais ailleurs.

Une heure pour sortir d'un métro, m'être trompée de station, le calvaire recommence, retourner en arrière au lieu d'avancer, reprendre un métro, me tromper dans les directions, refaire plusieurs fois le tour d'un lieu pourtant connu par coeur, trouver le bon quai, monter, me tromper encore, redescendre... J'imagine que cela doit être ainsi Alzheimer, au début. Au fond, on sait, on connaît l'endroit, les choses, ce qui est juste. Et consciemment, on sait qu'on n'y est pas. Ce foutu corps bouge indépendamment de nous, décide d'aller par là où il veut, mais par là, ce n'est pas juste, ce n'est pas par là que je dois aller.

Par là, non, ce n'est pas juste, ce n'est pas la raison, c'est la déraison.

La folie littéraire, c'est un écrit éblouissant.
L'histoire d'une folie écrite le lendemain,
C'est le récit d'un petit matin horriblement abandonné.

ME0000050889_3

Tête de Camille Claudel, mains de P. de Wissant,
photographie INSECULA.com
Paris, Musée Rodin.

Posté par pivoineblanche7 à 22:17 - Journal intime - Commentaires [24] - Permalien [#]

Brèves de Pivoine

J'ai abandonné ma tête de musicien noir ratée.

Par contre, j'ai retouché un autre tableau. Les rectifications sont bonnes. Je ne savais quoi faire avec le musicien noir. L'abandonner, le scratcher (je veux dire par là, blanchir la toile au gesso), mais je viens de m'apercevoir qu'il y a un petit bout de la corne dans laquelle le musicien souffle qui est réussie... Le tableau est loin de moi et je vois ce petit bout par où la toile reprendra peut-être... A voir...

Demain, je vais passer une journée en Ardenne et je m'en réjouis. "Dure" Ardenne, pure émeraude...

dyn001_original_822_567_pjpeg_2590946_d241b2d5b2b10fb6585cc4ebb150c762

Les Ardennes, c'est la parenthèse enchantée des souvenirs de vacances. Un soir, j'avais 13 ans presque et nous avions loué une caravane durant le mois d'août, à Bohan, j'étais assise au bord de la parcelle, le long du chemin de servitude, et je regardais le soir tomber, le bleu du ciel se déchirer derrière la silhouette tragique des hangars à tabac. Cela m'évoquait la couverture d'un livre de poche de mon frère, "La route au tabac", d'Erskine Caldwell (je ne l'ai pas lu, par contre, en rhéto, j'ai "dû" lire "Le bruit et la fureur"). C'était l'époque, d'ailleurs, fin août, de la cueillette du tabac et quand nous sommes rentrés à Bruxelles, les longues feuilles pendaient de part et d'autre des fines poutres.

hangarPP

(c) Paul Péture.

C'est un véritable souvenir esthétique, vivant depuis le temps de ces vacances-là.

Il existe de ces moments dans une vie, dont le souvenir reste gravé en nous à tout jamais. J'en ai quelques-uns qui me reviennent ainsi, en mémoire. il y a déjà les souvenirs de deux ou trois premières rencontres qui ont compté, celles où les sorciers et les fées sont au rendez-vous; et puis d'autres souvenirs, qui se sont imprimés très profondément dans la personnalité: ma première visite de la cathédrale de Rouen, la Basilique romane de Reims, l'oppidum de Bibracte, en Bourgogne, toute la Provence, ma première arrivée en train, à Paris... Un soir aussi, dans les Maures, au crépuscule, j'avais tellement l'impression que les Maures vivaient, en se détachant, toutes noires sur un ciel violet profond (ce qui me rappelle d'ailleurs un peu l'impression liée à mon hangar à tabac). L'arrivée au Mont-saint-Michel, en 1998, et toute la promenade du Chemin des Dames, jusqu'à l'abbaye de Vauclair...

Enfin, demain, ce sera tout simplement les Ardennes, mais j'en suis bien contente...

Et à part ça, je poursuis ma lecture de (tout!) Jane Austen... Après Emma et Mansfield Park, voici Northanger Abbey.

Posté par pivoineblanche7 à 21:00 - Journal intime - Commentaires [16] - Permalien [#]

05 avril 2008

Question...

D'un jour à l'autre, ma situation ne change pas tellement. Elle est toujours la même.

Qu'est-ce qui fait qu'un jour, tout va bien, et que le lendemain, je nourris des pensées abominables ? Voire, qu'à 3 heures, je déprime, à 5 heures, je suis heureuse, ou qu'à 8 heures, je pleure? Parfois, je me sens ingrate. Quand je pense à tout ce que mon entourage fait pour moi... Je devrais rire et sourire plus souvent pour remercier tout un chacun de ce qu'on fait pour moi. Or, c'est terrible, la porte de l'appartement refermée sur moi et sur mes chats, je me remets à songer creux, à ne pas faire ce que je devrais faire, et à caresser des idées noires et des pensées toxiques.

Ce n'est pas bien ! Mais c'est plus fort que moi...

Qu'est-ce que je pourrais faire pour changer ?

Posté par pivoineblanche7 à 00:29 - Journal intime - Commentaires [18] - Permalien [#]

02 avril 2008

La solitude & le célibat (pasaran par moi).

Qui donc chantait que la solitude, "ça n'existe pas..." ?

Il n'y a pas même une minute - alors que j'avais tout éteint, internet, ordi & cie, je me faisais la réflexion que ce qui est finalement le plus dur à vivre, c'est la solitude. Est-ce de la solitude, ou de l'isolement ? Je ne suis pas tout à fait isolée, puisque j'ai des amis. Mais dans l'ensemble, je suis souvent seule. Et j'ai souvent été seule, avant 1984 et après 2004. Et entre les deux, c'est passé si vite ! Trop vite ! Et puis, j'ai souvent été solitaire, même entre ces deux dates - mais solitaire à deux.

Deux, c'était donc une situation exceptionnelle. Et quand c'était fini, je me disais: "eh bien voilà, c'est déjà fini..." - Il fut une époque où ce n'était pas trop grave. J'étais sûre et certaine que je ne resterais pas seule. Il suffisait de le vouloir... Mais surtout ! On ne pouvait pas non plus "chercher". Ne pas chercher à rencontrer quelqu'un. Car je parle de la solitude sentimentale & sexuelle, bien sûr. Si on voulait rencontrer quelqu'un, il fallait commencer par ne pas chercher. Je me suis toujours demandé ce que cela signifiait, ne pas "chercher". Ne pas tenter le diable? Ou ne pas sortir ? Non, certainement pas, personne ne vous conseillerait de rester enfermé chez soi. Alors ?

Peut-être fallait-il ne pas espérer rencontrer quelqu'un, de sorte qu'on ne peut qu'avoir une bonne surprise si on fait une rencontre. Dans le même ordre d'idée, il faut se préparer à ne pas décrocher le poste, l'emploi ou le statut qu'on voudrait obtenir (ou qu'on essaie d'obtenir en se disant que si on fait les choses, autant les faire bien... Et à fond), et à ne pas trouver le logement dont on rêve.

Bref, ma conclusion est que pour les choses essentielles dans une vie: se loger, travailler, avoir une vie sentimentale, être lu si on écrit, exposer et vendre si on peint, il faut quasiment en faire son deuil. Vivre comme si c'était définitivement hors de portée. Je suis logée, je ne travaille plus mais ne cherche plus (et même si je cherchais, je ne trouverais pas... - Erreur, sauf dans l'enseignement, car plus personne ne veut faire ce métier! - Mais je suis "libérée" de l'obligation de chercher, voire, de prouver que je cherche...)

Et je suis trop vieille pour rencontrer qui que ce soit (ne nous leurrons pas, et d'ailleurs, je ne cherche pas, puisque je ne sors presque pas - si je sors, mais pour des choses bien précises et ce n'est pas une chasse à l'amant). Trop vieille, même, pour une simple aventure. (C'est bizarre, mais c'est ainsi!) D'ailleurs, si le e-commerce et les médias féminins vantent autant les sextoys, ce n'est pas un hasard: nous vivons dans une société du singularisme, de la singularité, du single, du célibat, de la monosexualité... Et il faut bien remplacer les hommes (absents ou mariés - à des femmes frigides? A les en croire...) par quelque chose. Personnellement, cela ne me tente pas. J'ai surtout envie de rêver. Là, Internet devrait pouvoir jouer son rôle de machine à rêves.

Quant aux sextoys, ça ne me fait pas rêver. Même si rose bonbon, parfumés à la fraise, aromatisés au Noisetta ou filetés or, comme une boîte de macarons Ladurée. Ensuite, je ne veux pas consacrer un centime à un sextoy, (pas plus qu'à la location d'un escort-boy).

Donc, c'est la solitude...

Et ma solitude -cfr. ci-dessus- est aussi un choix politico-économique o;)

Gil_de_Bizemont

Posté par pivoineblanche7 à 23:39 - Journal intime - Commentaires [25] - Permalien [#]

28 mars 2008

Une lettre du Canada

D'habitude, j'intitule ce genre d'article "Brèves de Pivoine", mais ce soir, il me semble que je peux écrire cela comme titre...

Hier, en ouvrant ma boîte aux lettres, je n'avais pas que de la pub ou des factures. Il y avait aussi une lettre du Canada, de cet ami (comment l'appeler, le "résumer"?) qui a aussi eu Louis Daubier comme prof. Mais vingt ans avant moi.

C'était un vendredi 4 mars, il y a bien longtemps. J'étais à l'arrêt du 92. Du tram 92. D'ailleurs, ce n'était pas le 92, c'était plutôt le 18. J'avais un manteau très bourge, (je cachais le plus possible ma gauche, un peu bobo à l'époque, et bien sûr, honteuse, et d'autres tares (o;) plus inavouables encore...) sous un col en fourrure couleur de renard. Et un parapluie rouge. Mon prof se tenait à quelques mètres de moi. Ca faisait un an et plus qu'on faisait le même chemin, et, bien sûr, il ne parlait jamais avec ses étudiants. Il lisait sa gazette ou il rêvait (ou les deux!) Là, on s'est regardé. On a hésité. Je n'ai pas bougé et il est venu vers moi. Cela a été le premier de nos trajets en tram, ensemble, à parler de "cette chose sans nom, cette vaste espérance... La poésie..." (O.-J. Périer) - entre l'avenue Molière et l'avenue Brugmann, (où se trouvait notre école) et la place Louise. Ou quelques semaines plus tard, la place Royale ou la galerie Agora.

Lorsqu'en décembre 1992, j'ai ouvert son dernier recueil, "Au seuil de l'exil", il y avait cette dédicace: "Bien amicalement à Marie-Françoise, qui me rappellera toujours le temps heureux de Berkendael..." A quoi tiennent les choses? En faisant la nique au destin et en (espérant) vaguement et redoutant (tout autant) (de) provoquer les autres... J'ai noué des liens d'amitié avec une, voire, des personnes, qui ont perduré au-delà de sa mort.

Yin__Yang

Ce matin, rendez-vous chez le médecin. J'explique la migraine et mes malheurs par a + b. Sans hésiter, au premier de mes "Mais...", elle a empoigné son téléphone, une feuille d'ordonnance, un bic et en 1/2 heure, j'avais trois rendez-vous de fixés. Et une nouvelle médication.

Cet après-midi, la Rose m'a emmenée à Braine l'Alleud (dans sa voiture de marque française qui tchipèle o;) Direction "Le Lotus bleu", le salon de thé de Tchang de Chine, tout rouge et bois de chêne et d'acajou... Avec un soupçon de porcelaines bleues et des lampions dorés. Nous avons pris un thé des mûriers et un thé aux fleurs de lotus et de rose. Avec une madeleine, que j'ai finalement trempée dans ma tasse (mais ça ne m'évoquait aucune tante Léonie...), un biscuit au café et une amandine.

Après une bonne heure de thé et de papote, nos yins et nos yangs ont recommencé à circuler à peu près librement. En rentrant, ils jouaient carrément la sarabande, si ce n'est qu'il fallait faire très attention à la route, littéralement sous eau.

Vu la masse de stop-pipi-de-chat qui empeste dans le divan (une odeur qui s'apparenterait à de la moutarde industrielle et à du sirop d'orgeat), et les bidons qui hérissent les coussins rincés au vinaigre, il n'y a plus un seul chat dessus. (Même moi, j'hésite à m'y asseoir!)

En mangeant ma tartine du soir avec de la soupe aux tomates, largement améliorée à coup de paprika et de lait condensé, j'ai repensé à mes goûters de retour d'école. La forme de la tartine avait dû jouer son rôle de petite madeleine. Je devais avoir dix - onze ans et je mangeais rituellement trois tartines au pâté crème, acheté à l'épicerie Centra du bout de la rue, ou trois tartines beurrées avec une tranche de saucisson d'Ardenne. En mangeant silencieusement mon saucisson, je fermais les yeux et j'essayais de m'imaginer là-bas, dans une salle du château-fort de Bouillon.

Et en enlevant délicatement la peau de ma rondelle de saucisson, il me semblait entendre les vociférations de Guillaume de La Marck, dit aussi le Sanglier des Ardennes... (Même s'il s'agissait des Ardennes liégeoises).

durwarddvd

P.S. J'ai envoyé ma participation à la consigne 66 de Paroles plurielles... Il y sera naturellement question du royaume de Labassecour  (o;)

Posté par pivoineblanche7 à 21:50 - Journal intime - Commentaires [11] - Permalien [#]

27 mars 2008

Une journée comme une autre...

Vers 07h30, 39 ! Aïe! Une douleur subite part de l'occiput, irradie dans la tête, ça fait boum! Boum! A grand bruit. Je me réveille, toute crispée, racrapotée, les poings serrés, la tête coincée dans l'oreiller écrasé contre la tête du lit.

Dans le salon, un chat (Félix? Bobby?) vomit les poils de la nuit... C'est Félix, cette fois, il mue...

Je me déplie, me dénoue, croque un orteil, une main, un poignet, je secoue un peu l'oreiller, mets mes lunettes. Pfff! 07h39! Si je me lève, ma tête se calmera peut-être.

Je me lève, rejoins le living en zigzaguant... Je nettoie ce qui traîne par terre, ouvre le robinet d'arrêt de la chasse d'eau (qui coule depuis noël), je tire 2 ou 3 x la chasse, je vais boire un peu de coca avant d'avaler un -zozole quelconque, censé protéger mon estomac... Je dois faire ça 20 minutes avant de prendre de l'ibuprofène... J'en profite pour nettoyer l'écurie des chats. Ils me regardent avec leurs yeux ronds, attendant de nouvelles croquettes de patte ferme.

Le voisin ouvre ses volets électriques et secoue quelques sauts en plastique sur sa terrasse. Je me demande si ce ne serait pas un cambrioleur! Mais non: ils vont bientôt entamer leur grand nettoyage de printemps (mes voisins, pas les cambrioleurs).

Après, ça va mieux, les marteaux se sont calmés, je décide de me remettre juste un peu au lit. Je réfléchis alors aux multiples solutions à écrire en-dessous de mes problèmes et en-dessous des problèmes des autres. J'ai des idées miraculeuses pour les aider et leur épargner des souffrances que je sais pertinemment ne pas pouvoir leur épargner. Sur ces équations insolubles, avec deux ou trois feuilles en main, un chat couché dessus, et un gsm à proximité, je me rendors.

10h00, 11h00 et quelque. Beaucoup de quelque! Je me réveille en sursaut avec un nouveau marteau qui vient de taper contre mon crâne. Je suis en train de regretter d'avoir proposé à mon mari (qui n'est plus mon mari depuis six ans) de reprendre la vie commune. Parce que dès que je lui propose ça, une avalanche de reproches me tombe dessus. Mais ouf! Ce n'était qu'un cauchemar - pas la réalité.

Cette fois, la tête fait encore plus mal, mais là, je vais un peu manger. Et donc prendre l'ibuprofène. Que j'avale entre deux tranches de cake aux pommes, un cake que j'ai fait hier soir (au lieu de me reposer). J'hésite entre deux choses à faire, j'ai x coups de fil à donner à des médecins divers. Je me rends compte que je suis complètement nébuleuse, à côté de mes pompes...  Comble de masochisme, j'ouvre l'ordinateur, l'écran me fait mal à hurler. Ce n'est vraiment pas raisonnable. Si je veux que l'ibu-machin-chose fasse de l'effet, j'ai intérêt à m'arrêter.

Et là, je prends tout, ibu, triptan, mais ça continue à faire mal! Diable! Là-dessus, je réalise que Bobby, le salopiot, a refait pipi dans le divan. Je lui colle ma main sur le museau et le mets dans son bac, le chat souffle et grince, toutes griffes dehors, il déteste ça ! Je vaporise de l'airbrèze à qui mieux, mieux, j'annule tous mes rendez-vous du jour...

(A 14 heures, je devais apporter "Le chagrin des Belges" à mon fils et il devait me fourguer des notes sur Proust... En vue d'une analyse littéraire! Pfff! A mon âge! Devoir analyser Proust! Et nous sommes censés aller manger une glace au Framboisier doré), mais là, je décrète l'état d'urgence j'appelle enfin la Rose au secours.

15h00. La Rose essaie de me faire dire ce que j'attends d'elle (ce n'est pas simple, je bredouille, migraine aidant, comme elle, d'ailleurs, qui a aussi mal de tête), elle accourt sur son gris destrier, avec: du stop-pipi de chat, du désodorisant pour litières, et des renseignements sur les chats qui, à 4 ans, refont pipi dans un divan... Mais elle n'a pas trouvé de souris qui tchipèle... (Le chien d'un copain a mangé la souris de Sido, ma chatte, et j'ai dû jeter la souris lacérée, mais toujours "tchipelante", dans un récent sac poubelle. A mon avis, la souris tchipèle toujours quelque part dans un tas d'immondices bruxellois).

Elle a tout puisé sur internet ("c'est une mine d'or! Le net!" Me confie-t-elle. Donc, si un chat fait pipi, je ne peux pas le battre (je bats mes chats, moi?) parce qu'il cherche à marquer son territoire - surtout si un autre animal est arrivé dans ma sa vie. Nous ne visons personne, suivez notre regard... Bobby encaisse mal l'arrivée d'un certain chien (adorable pourtant) sur mes traces. Nous voilà en train de faire la psychanalyse de chats.

16h00. On en profite refaire mon lit, (une couette de 2m40 sur 2, ça ne reste jamais en place), je renifle tout ce que je trouve un peu jaune, tant j'ai la hantise du pipi de chat. Je viens à peine de guérir de la phobie des cafards (pas du cafard, non, des blattes, qui ont hanté l'immeuble pendant quatre ans!)

Enfin, devant un thé (du green earl-grey), je me lance dans une violente diatribe sur la déréliction du marché immobilier - mais, ça fera l'objet d'un autre post...

Et enfin, 17h00, elle repart, je l'accompagne jusqu'à sa voiture, elle est chargée des affaires que les chats ont heu, salies... Déjà deux ou trois fois que je lave les housses du divan. Et je ne peux plus tout lessiver chez moi, à cause des remontées de mousses lessivielles dans les tuyauteries de l'immeuble (pour rappel, un Etrimo de 1966...)

Enfin, à 18h30, je vais chez la kiné. Elle me remet à l'endroit, et dans l'axe, la nuque sur mes épaules, la tête au sommet de la nuque, les bras, dans la continuité des épaules et les coudes et les poignets au bout de chaque bras.

Je rentre, je mange, je donne un ou deux coups de fil, je soupire, me laisse aller, ffff, la vie est dure pour les honnêtes gens, et voilà, 21h30, la soirée est bien entamée et tout doucement, hypocritement, insidieusement, les rhumatismes recommencent à me faire sentir qu'ils sont toujours là...

colonne_cervicale_1_cadre

Posté par pivoineblanche7 à 22:12 - Journal intime - Commentaires [13] - Permalien [#]

Un peu fatiguée...

Je n'arrive plus à beaucoup écrire ici. Et chose étrange, je n'ai même pas d'idée en tête... Il faut dire que c'est un jour de migraine, un deuxième jour de migraine, hier déjà. Je ne suis plus bonne à rien !

C'est la panne totale !

Posté par pivoineblanche7 à 14:01 - Journal intime - Commentaires [9] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »