Les carnets de Pivoine

Le monde est plein d'images. L'image est au bout de la plume. L'image est au bout du crayon.

21 avril 2008

Hôtel Rwanda...

Je l'ai regardé. Bigre... Ce n'est pas excessivement violent, (visuellement parlant) mais le suspense est difficilement soutenable. Et il est impossible d'oublier que ce fut la réalité. C'est une histoire à vous arracher des larmes. Je dirais même que, 14 ans après, cela fait un effet pire encore, parce qu'à l'époque, je n'ai vraiment pas réalisé ce qui se passait là-bas. Je lisais bien les articles de Colette Braeckman, la journaliste du Soir spécialiste de l'Afrique... Mais je ne réalisais tout de même pas.

J'ai commencé le portrait de mon musicien rwandais! Pas mal pour un début... J'ai placé un fond ivoire/jaune/mousse au café. Pour le moment, j'utilise de la Terre de Sienne, du blanc, du bleu, un bleu presque turquoise. Je dois récupérer mon medium (sans lequel je ne peux plus peindre un visage correctement, puisque je procède vraiment petites touches par petites touches). Du turquoise dans les cheveux crépus. Cela donne un chouette effet.

Mais quand je vais trop vite, cela m'inquiète...

Musique, MILLION VOICES.

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Musiciens rwandais...

J'ai une commande. (On commence modestement, mais on commence...)

Un travail: pastel ou peinture ?  J'ai choisi de faire quelque chose qui aura trait à l'Afrique. Que je ne connais pas bien. Il n'y a qu'un faible lien, un peu de terre de couleur rouge dans un coin de ma tête, entre l'Afrique et moi. Et beaucoup d'histoires qu'on m'a racontées.

Bref, je vais peindre un musicien rwandais. La Rose et sa famille ont longtemps vécu en Afrique, au Congo et au Rwanda. A Kinshasa et à Kigali. Son mari a photographié un groupe de musiciens rwandais et ils ont chez eux un tableau d'un artiste local qui représente l'ensemble musical. Il m'expliquait un jour le tableau et les photos qui représentent chacun des musiciens. Ensuite, il a rajouté, avec beaucoup de tristesse, "ils sont peut-être tous morts, à l'heure qu'il est". Et il m'a donné celles qu'il avait en double.

Et parce que je les aime évidemment tous les deux beaucoup, je ressens pas mal d'émotion à cette évocation.

Justement! L'autre jour, il y avait un film à la télé sur l'époque du génocide rwandais. On en avait parlé la Rose et moi, mais elle m'avait dit qu'elle se sentait incapable de le regarder. Cependant, j'ai chez moi le film "Hôtel Rwanda". Je pense que je vais le regarder. Ce film que j'ai vu (en partie, je n'ai pas bien tenu la route non plus), curieusement, m'a rappelé "Zulu". Zulu racontait un épisode de la guerre entre les Anglais et les Zulus (peut-être légèrement antérieur à l'époque de la guerre des Boers) que mes parents adoraient. Des soldats anglais, acculés dans un fort, sont attaqués par les Zulus. Ils décident de tenir. Ils tiennent - grâce à deux chefs exceptionnels - et les Zulus finissent par se retirer. (Les pauvres...)

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Aussi, j'ai décidé de peindre un de ces musiciens rwandais. Et son instrument.

Il y en a un qui souffle dans une corne, cela m'intéresse parce que j'ai déjà dessiné et peint les cornes (d'une quelconque bestiole africaine...) avec bonheur. Le portrait serait beau aussi, mais la photo exprime l'effort (et la douleur?) de jouer. Trop ?   

Un autre souffle dans un autre instrument... Dont j'ignore le nom.

Un troisième joue d'un instrument - à percussion va-t-on dire (sans être sûre de moi). Bigre, c'est un travail total ça. Je vais devoir rechercher le nom de ces instruments... Mais le photographe a saisi le jeu des mains en plein vol et leur attitude est très belle. Les mains sont belles aussi: longues, agiles, veineuses. Je ne connais pas (encore moins!) l'anatomie d'un corps africain, mais il y a certainement une émotion au fond de moi relative à l'Afrique et à ses habitants.

C'est cette émotion que je dois peindre.

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16 avril 2008

Le bonheur de peindre (5)

Ce croquis m'a servi de base pour la peinture que je suis en train de réaliser en ce moment...

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Un travail ambitieux puisque je peins sur une toile de 1 m 20 x 1 m.
Donc, un grand format...

Je voulais réaliser une synthèse entre le nu, sujet "académique" par excellence, à traiter de façon non académique,

Entre le portrait (mais il y a si peu de portrait, le modèle est peint de profil), et la couleur appliquée au couteau.

Un nu donc, enveloppé dans une chevelure qui tombe jusqu'au sol, ce qui fait très Gustave Klimt.
Ce soir, je dois remettre une couche de blanc sur la chair, glisser un glacis ocre par-dessus,
Et transformer le fond trop mauve en fond gris perle.

(violet-mauve + jaune + blanc ou noir pour la saturation du gris).

Vivement ce soir !

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15 avril 2008

Le bonheur de peindre (4)

Ou le regard intérieur rendu au modèle.
Détail du portrait  de Stella Duckworth.

(Même mon fils trouve que cette toile est bien.
Et il me rappelle que lui aussi dessinait bien.
Et c'est vrai, il dessinait bien (mais n'aimait pas "colorer"...)
Il passait des heures à dessiner des constructions, au point que son instituteur croyait que c'était nous qui avions dessiné pour lui.
Et en visite des parents, quand j'ai dit que non, qu'il avait passé un week-end à dessiner sa construction sur un coin de la table du salon, avec tout notre matériel de mesure...
Je me demande s'il m'a crue.
J'ai eu un doute, j'ai encore un doute d'ailleurs.
)

(c) M.-F. 2008

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Le bonheur de peindre (3)

Autres détails du portrait de Stella Duckworth, la robe, le col, le camée.

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Le bonheur de peindre (1)

Le bonheur de la matière, la sensualité de la couleur...
Des couches de couleurs,
travaillées au pinceau et au couteau,
De glacis (pigments + médium pour peinture acrylique) sur une toile enduite de Gesso...
Ca commence à venir !

(Détails du portrait de Miss Stella DUCKWORTH...)

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20 mars 2008

Un dossier (bis)

Pu - rée ! Je suis en train de préparer un dossier d'artiste pour présenter à une (ou des...) galerie (s). Je vais commencer par une ou deux galeries dans mon quartier, associées à des asbl ou un centre culturel. Qui vivra verra ! Donc, c'est une lettre avec déclaration d'intention, un cv, une liste d'oeuvres, des photos d'oeuvres. Et il faut renseigner les techniques, les supports et tous les formats de tous les dessins, jusqu'au dernier millipoil de millimètre... 

Vingt dieux ! C'est tuant comme boulot !
Je n'avais plus actualisé mon cv depuis presque deux ans !
Quelle vie compliquée !  Prof... (Secrétaire)... Formatrice en expression écrite... Responsable d'édition...
Puis artiste... Quand est-ce que je vais me calmer ?

***

Edit de ce soir (c'est-à-dire jeudi)...

Formidable, j'ai un copain qui m'a tout photographié, c'est le Mac Gyver de la photo ! Rien ne lui résiste... Demain, on verra ce que ça donne imprimé. J'ai, non, il m'a même retrouvé les affiches de mon expo Graphite. (Il est formidable, je lui dois une fière chandelle... Il transforme tout ce qu'il touche en or!)

Rien que bouger hier et aujourd'hui m'a remuée de façon incroyable. C'est grave! Tous les problèmes sont dans ma tête (au sens propre comme au sens figuré).

Dialogue entre un homme d'action et une Pivoine mal-de-têteuse:

(Piv): "Tout compte fait, je fais des trucs pas mal, hein..."
(Le cops, concentré sur ce qu'il fait): "Mais oui, bien sûr..."

Il faut dire qu'avant, on a passé toute ma production en revue...

(Piv): "Oui mais, en-dehors de ça, je sais que je suis chiante..."

Pas de réponse.

(Piv): "Ce qui est bien, c'est qu'avec toi, quand je dis des conneries, tu ne réponds pas..."
(Le cops, toujours concentré): "Mais oui, que veux-tu que je dise à ça? Alors je ne réponds pas..."
(Piv): "oui, mais je sais que les artistes valent par ce qu'ils font, en dehors de ça, ce sont des gens chiants et je sais que je suis chiante... D'ailleurs, je le sais parce que j'ai vécu avec des artistes, et ils étaient chiants".

(Le cops, philosophe): "Enfin, si tu veux... Si tu le dis"
"Ouais! Tiens, j'ai eu un copain artiste et on s'est disputé".
(Piv): "Ben, tu vois!"
(Le cops, philosophe toujours): "Ouais, mais il restait couché toute la journée à boire et fumer des clopes joints"
(Piv): "Ah, je bois pas et je fume pas, moi, mais je suis quand même chiante"

(Le cops): "Du moment que tu bouges..." - Il a raison là, je ne bouge pas assez. Mais parfois je bouge quand même, et il conclut: "Oui, mais quand tu fais des choses, tu les fais, seulement... Bouge! Bouge !" - "Agis"

En fait, l'a tout compris: faut qu'on me secoue, sinon, je reste (comme mon père) assise à geindre dans mon fauteuil, en attendant que le mal de tête ou autres maux existentiels passent. Mais il faut qu'on me secoue gentiment. Et il me secoue tout à fait gentiment.

Et je ne veux vraiment pas perdre des copains (non, disons plutôt un copain! Comme ça!)

Surtout quand ils viennent chez moi avec un chien amoureux et affamé et que du coup, je dois planquer mes chats! C'est trop drôle !

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16 mars 2008

Mon interrogation intime...

Justement, pour le moment, une interrogation (à la limite du déchirement), me poursuit. Et je voudrais des réponses... (Bien que je les connaisse...)

J'étais une élève qui réussissait honnêtement ses études. Pas génialement, non, je ne suis jamais arrivée à être dans les premières de classe parce que les maths et les sciences faisaient toujours chuter mes notes vers une bête moyenne... Mais assez honnêtement pour que je puisse terminer mes humanités. Et après, il y a eu les études sup' (mais là aussi, je me suis bêtement arrêtée au supérieur non universitaire et c'est ce qui a rendu ma vie professionnelle si ardue - je pourrais même carrément écrire, si épouvantable). Et pourtant, ces deux années d'étude là restent un des plus beaux souvenirs de ma vie.

Une des choses qui m'a frappée chez Alechinsky, c'est que c'était (paraît-il), un cancre. Un cancre qui dessinait bien. Alors, on l'a fourré à la Cambre, qui n'est pourtant pas précisément une école pour n'importe qui. On connaît la suite.

Et si j'avais été un cancre? Malheureusement, je ne pense pas qu'on m'aurait mise pour autant dans une section artistique. (Consolons-nous, on ne m'aurait pas mise en coupe et couture non plus... Parce que là, j'étais vraiment trop nulle!) Je ne dessinais pas trop mal, seulement, j'étais fantaisiste, distraite, peu soigneuse, et il eût fallu m'encadrer. Il suffisait pourtant que mes profs aient un peu de patience, essaient de me "prendre". Et je pouvais donner le maximum. Il n'y en a vraiment qu'une qui l'ait fait, sur l'ensemble de mes études primaires et de mes humanités. Résultat, j'ai voulu à toute force suivre sa trace et c'est ce qui explique (en partie) mon "plantage" existentiel.

Or, maintenant que je peins, j'ai ce regret déchirant: c'est quand j'étais jeune (et en bonne santé), que j'aurais dû prendre des pinceaux et peindre. Maintenant que j'ai envie (c'est même plutôt du désir douloureux parce que je ne vois pas comment le faire aboutir) d'en faire quelque chose, j'ai beau chercher, où sont les outils? Il me manque dix, quinze, vingt ans de métier! Je peux évidemment peindre jusqu'à mes 60, 70 ans (en admettant que j'arrive à cet âge-là...) Mais suis-je sûre d'y arriver?

Voilà pourquoi, à certains moments, j'ai envie de faire une école d'art en cours du jour. Voilà pourquoi j'ai envie de demander à mes lecteurs-blogueurs-amis, pensez-vous que je pourrais faire une école d'art en cours du jour? C'est ça la question à laquelle j'ai envie de trouver une réponse. Et pourtant, la réponse, je me la donne, et la Rose me l'a donnée aussi: ai-je les moyens financiers pour faire des études en cours du jour (ben, la réponse est non évidemment...) et ai-je la santé suffisante? Ben, pas trop non plus, quand je me lance dans un truc, il suffit d'une migraine pour que je doive passer 12 heures au lit...

Et purée! Ca me fait suer de ne plus avoir la santé... C'est d'autant plus terrible que je cours derrière la forme, en suivant un bon traitement contre la douleur et en faisant deux séances de kiné par semaine (avant ou après Graphite, par exemple!)

Alors, faire des études? Idée ridicule... Tout ça parce que j'ai envie de visiter les musées gratuitement, grâce au fait que j'aurais le statut d'artiste?

Donc, le problème est aussi économique. (Mais pas que...) Je gagnerais au loto (sauf que je ne joue pas), je n'hésiterais pas une minute! Je ferais de la kiné tous les jours, plus de l'ostéopathie, etc. Et je m'inscrirais dans une école d'art en cours du jour (et j'aurais enfin ces cours d'anatomie et d'histoire de l'art dont je rêve...) Et puis surtout, un statut.

Mais aussi, pourquoi à 50 ans, est-ce que j'éprouve encore tellement ce besoin d'un statut ?

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05 mars 2008

Peintures récentes... (1)

Autoportrait dans une robe d'autrefois.

Il est loin, le temps où je peignais une série d'autoportraits sans yeux, sans regard, avec juste une bouche esquissée. Cette habitude m'est venue lorsque j'ai commencé le croquis de modèle vivant, en 1985. Je n'avais pas le temps de dessiner la figure des modèles. Et puis, je ne maîtrisais absolument pas les traits du visage comme je commence à le faire. Ce mode d'expression convenait bien à mon absence de vision intérieure. J'avais une vision intérieure, oui, mais pas de moi en tant que peintre. Ni des personnages que je voulais peindre.

Je faisais de l'abstrait, parce que je n'osais pas me lancer. Et je ne pouvais pas me lancer.

Aujourd'hui, avec le travail, l'aisance vient, même s'il y a encore beaucoup, beaucoup de travail. Il y a un plaisir de l'ordre de la sensualité , lorsque je peins les visages en mélangeant les couleurs pour les chairs, et en étageant les différentes nuances, en repassant des glacis, en retravaillant sans cesse.

Voici donc une peinture à l'acrylique où j'ai mêlé couleurs, lumière, vert et noir, mots et medium à peindre... Sur une toile peinte il y a quatre ans, à un stage d'autopotrait animé par Jacques Richard... J'ai effacé mon horrible tête d'alors, en enduisant la toile de gesso... Cela donne une texture extraordinaire au tableau. Peindre sur une toile enduite de gesso est dix fois, cent fois plus passionnant.

Voilà une suite d'histoires, en somme...

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01 mars 2008

Peintures récentes... (5)

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Détail.

Posté par pivoineblanche7 à 23:49 - Je peins. Je dessine. - Commentaires [7] - Permalien [#]
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