08 mai 2008
Rue Américaine. Avant. Après.
La rue Américaine de mon enfance était bien calme le dimanche matin. Et pourtant, je ne l'arpentais pas que le dimanche matin. Je la parcourais en tous sens du matin au soir mais pas du soir au matin.
D'un côté, des maisons de rapport et des hôtels dits de maître et donc particuliers.
De l'autre, entre deux carrefours, rue du Tabellion et rue du Page, un restaurant, "Le poulet Reine", où dînait de temps en temps un ex-bourgmestre raffiné - et où je choisissais rituellement une tranche de veau aux champignons, crème et pommes frites...
Puis le volailler dont les poulets tremblaient de froid, sur le marbre médico-légal, (avec le foie et les abats, heureusement!) Tiens, tiens... Peut-être que c'était le volailler qui s'appelait le Poulet Reine ? Ca me paraît logique.
Et le resto devait avoir un nom de ville. Ou de victoire militaire. Matignon... Beauséjour... Je ne sais plus.
Puis une boulangerie-pâtisserie où les massepains du 6 décembre avaient - à ma grande déception - un goût de carton sucré.
Deux ou trois vitrines abandonnées.
Et, dans la rue adjacente, le boucher charcutier qui hachait la viande devant vous et l'emballait dans une matière paraffinée, puis dans un papier craquant rose buvard sang de mouchoir...
Un marchand de tabac... Où j'avoue avoir acheté, à 17 ans, mon premier paquet de cigarettes (et comble de Révolution! Même que c'était une marque française, et une costaude, avec seulement 20 cigarettes, que j'ai dû consumer en un an, si pas plus...)
Et finalement, les Petits Riens, la caverne d'Ali-Baba, où je tapotais les pianos désaccordés,
"Maman? Dis? C'est quand que je peux apprendre à jouer du piano?"
Où ma mère cherchait ses Semaines de Suzette, ses Nane et ses Bécassine en croisière,
La maison blanche... Où j'avais des amis.
Et un café de coin de rue, peut-être,
ce vieux café Stella où les chaises raclent les carrelages brique et ocre.
Puis, aux quatre coins des rues...
Les rangs des filles du Sacré-Coeur,
Une fille en cartable de cuir ramenant un chaton dans ses bras,
Les pétards des garçons de l'Ecole des Frères,
Des gamins, créatures martiennes aux yeux fendus et à la queue fourchue,
Produits de l'école communale numéro combien ?
Celle où l'on votait chaque dimanche démocratique,
Et les bébés de Jeanne d'Arc, l'école à l'effigie de la Vierge de Lourdes,
Les Suissesses pâmées poussant de gros chariots goûtant la pomme de terre sûrie,
Avec le lait tiédasse qui vous donne envie de vous noyer dans le Vichy-Célestins...
La rue Américaine en 1960 et 8 pourquoi pas ?
2008 : sur les trottoirs, à perte de vue, la réplique exacte de la Petite rue des Bouchers, des bars, des terrasses, des chaises pliantes, des gastronomes, des verres ballons, des serviettes rouges, un photographe amidonné, des chairs dénudées et des poitrines imberbes, des gsm en croûte et des jeunes cadres en dynamite, la pizza quatre sous et le steak sur pâte froide d'autruche, le violet tanin du vin à trois euros et la cannelle du coca-lala, des tapis rouges, de l'herbe verte et le plastique des golfs d'été...
Et là, plus loin, encore les Petits Riens, mais plus de piano, juste des livres à trente-cinq euros, des fausses fourrures sentant le naphte et des chiffons colorés tachés à soixante-quinze centimes...
04 février 2008
Brèves d'une misanthrope...
Non, ce ne seront pas des brèves de Pivoine aujourd'hui, même pas des brèves st'biennes.... Pourtant, ça m'arrive de temps en temps de fulminer contre l'esta Stibbe (j'espère qu'ils ne vont pas m'intenter un procès, déjà qu'on peut plus citer leurs horreurs...)
Pour le moment, je fais de longs voyages en métro. Beaucoup trop longs. Quand j'ai un boa constructor, une fois sur deux, je soupire. Deux rangées de sièges l'une en face de l'autre, une dizaine de sièges en plastique imitation bois, anti-tags, anti-coupes au diamant (ou au cutter, c'est fou ce que les passagers ont des cutters dans le métro), anti-tout.
La Stib a généreusement distribué un tract à ses valeureux clients comme quoi le respect s'impose à partir de vendredi (passé). Autrement dit, désormais, il y aura trois sortes d'amendes, qui vont de 90 à 200 ou 400 euros (à vérifier). Exemple, tu bouffes un cornet de frites, ou un cornet de pistaches à te fourguer une gastro entérite maison, tu paies 90 euros d'amende. C'est vrai qu'il y en a qui prennent le métro pour un garde-manger.
Avec tout ce qu'on trouve par terre, en fin de journée, il y a de quoi nourrir la mendiante, qui, depuis 15 ans, yé swouis de la guerre dé Bosnie (puis dé Croatie, puis dé Serbie, puis d'Afghanistan et enfin d'Irak et d'Iran), moi pas travail, moi pas chômage, moi pas cpas... Moi monsieur, dame, merci de me donner un centime pour toi acheter pain, viande, cigarette en forme de préservatif et haschich pour mon chien... Bref, Pivoine, ferme-la, de toute façon, on connaît la suite. Moi pas non plus travail, moi pas non plus guerre de Bosnie, juste guerre de l'entreprise, guerre des boutons et de l'Acné juvénile, moi pas chômage, mais enfin, moi autre chose alors, blogueuse de la gauche caviar et de la droite casse-bonbon, basta moi, et casse-toi !
Donc, moi être dans la rame de la Stibbe du boa constructor et moi pas de place pour mes petits bras en compote. Moi loucher vers siège près de la petite paroi vitrée de la portière, mais gars qui mange un hamburger finir sa journée à la place que moi vouloir. Donc, moi rester coincée entre deux personnes, ou mieux, comme aujourd'hui, moi contre rempart vitré pour le bras gauche mal embouché et moi choper trois bô gros mecs qui viennent rouler des biscotteaux (l'un après l'autre) à ma droite dans le métro ouh là là ! Quelle catastrophe, moi pas être une nana à multi-mecs (un suffit, m'en fô pas 7 sur 3 semaines de vacances). Et bref, je vous le confie, je vous l'assure, je le jure, je ne suis pas photophobe, je ne suis pas arachnophotobe, je ne suis pas xénophone, même pas misandre, non non, je ne suis pas Xénophon non plus (et je ne pète pas un câble, quand moi péter câble, moi pas être si drôle).
Moi tout simplement être un peu misanthrope sur les bords...
(Surtout les bords du Boa constructor)...
Alceste 2007. Cliché "Comédie Française".
25 octobre 2007
Des courses de tous les jours...
Avant de rentrer à Bruxelles, la Rose et moi, nous avons fait trois chapelles... Qui deviennent presque des 'chapelles' rituelles.
A Saint-Hubert, nous sommes allés chez le boucher-charcutier, le seul boucher-charcutier à ma connaissance où l'on trouve encore du jambon à l'os coupé à l'ancienne (et quel jambon! La minouterie se déchaîne quand je rentre des Ardennes, couverte de bonnes odeurs), et des spécialités succulentes, genre saucisson à l'échalote (et à l'ail, bien sûr), hure de porc (mium, mais ça j'ai pas acheté, snif!) persillée, pâté ardennais, de marcassin, de gibier, etc. etc. Du haché qui ressemble à du vrai haché, comme il y en avait dans deux charcuteries bruxelloises, à jamais disparues, 'la charcuterie ardennaise', rue des Pierres (fermée il y a bien trente ans) et la charcuterie tchékoslovaque (aussi rue des Pierres). Des plats préparés, des tourtes gaumaises, bref, rien que des bonnes choses sympathiques à l'oeil aussi. Il y a bien une excellente boucherie-charcuterie rue des Tongres, mais je n'y vais pas trop, trop souvent. Une tranche de jambon, le quart du minimex... (J'exagère, bien sûr!)
Ca, c'est déjà un bonus pour Saint-Hubert.
Ensuite, nous avons fait une escale à l'Aldi. Alors, l'Aldi de Saint-Hubert et n'importe quel Aldi bruxellois, c'est le jour et la nuit. A Saint-Hubert, tout est propre, bien rangé, c'est pas du luxe, mais c'est sympa à l'oeil presque, il y a quelques clients qui font paisiblement leurs courses... A Bruxelles, c'est la foire d'empoigne, il faut se battre pour ne pas se faire courser, en arrivant à la caisse. Il y a même parfois échanges de propos malsonnants ou de horions, n'est-ce pas (!) bref, outre la saleté, je ne me décide que très difficilement à faire mes courses chez Aldi, et pourtant, c'est plutôt intéressant. En plus, les produits sont tout à faits bons, je trouve...
A Saint-Hubert, même à l'Aldi, on pourrait manger par terre.
Finalement, la Rose et moi, on se disait que le choix est le suivant: soit on privilégie une certaine qualité de vie (point de vue air, verdure, commerces faciles d'accès - à condition d'habiter un centre-ville), sans compter, pour Saint-Hubert, la proximité de Hurtebise, mais toute médaille a son revers, il ne faut pas trop compter sur les transports en commun - à part la ligne Bruxelles - Luxembourg - Bruxelles et les TEC, quand on sait où ils passent et à quelle heure... Ni sur la culture (cinémas, théâtres, librairies, etc.) Bien que ! Il y a sûrement une bibliothèque là-bas. Et sûrement une académie (en cherchant bien, mais ça doit être compliqué, tout de même).
Evidemment, je ne quitterais pas Bruxelles pour le moment. Mais franchement... Soit, on subit les villes plus importantes, sans parler de Bruxelles... A part la culture, les centres commerciaux (mais j'y mets de moins en moins les pieds), les grandes librairies et les grands musées. Oui, ça évidemment, les grands musées, c'est irremplaçable. Et les petits musées aussi, et les grandes et petites expos en tous genres. Mais, parfois, Bruxelles, bof-bof...
Enfin, bon, la question ne se pose pas, du moins, pas pour le moment, et malheureusement, je dois déjà repartir pour la suite de mes rendez-vous de la journée... Je continuerai plus tard.
07 août 2007
1975. Place Fernand Coq - chaussée d'Ixelles (3)
1975. J'ai dix-sept ans et c'est la fin de l'année scolaire. Je me balade avec des copines d'école (mais qui était là? Je ne me souviens pas...) chaussée d'Ixelles. On dépasse la rue Mercelis et le café la Régence, (sur notre droite), la Maison communale d'XL, (l'hôtel de la Malibran) est à notre gauche, on se dirige vers la rue de la Croix et le lycée, et, sortant d'un café, il y a cette chanson que j'adore.
Je marche exactement au rythme de cette musique, un rythme rapide, enfin, rapide, hein! et tranquille à la fois, très posé. J'ai dix-sept ans, le ciel est bleu, juin splendide, et la vie est magnifique... Elle a la couleur de cette musique... Que j'ai entendue ce midi à Radio-Contact Plus... Dans une taverne pas loin. Et je la réécoute ce soir. C'est la meilleure version que j'aie trouvée jusqu'à présent.
I Can Help (1975)
envoyé par eXsistenZ1968
11 juillet 2007
Bruxelles centre
Le centre ville - pour le moment, c'est l'horreur. Le temps gris, froid, moche et pluvieux n'améliore pas les choses. J'ai rouvert le chauffage et brûlé un bâtonnet d'encens, ce que je fais en hiver. Je me balade avec deux pulls et une écharpe et j'ai encore le bout du nez tout froid.
Et les boulevards du centre ! Seigneur! On croirait une ville bombardée, hantée par des gens qui ont véritablement l'air de spectres. Un bon quart est scotché à son GSM, l'autre quart joue avec un IPOD, le troisième quart fume des clopes sur les trottoirs des restos et des cafés (et téléphone ou joue à l'IPOD). Un autre quart mendie. Tout le monde a mauvaise mine, sauf quelques rares personnes qui ont eu un coup de soleil (mais où? A Oteppe, peut-être, entre deux averses ;-)
Et le métro? C'est la Bérézina. Il fait chaud, moite, ça sent mauvais, l'autre jour, un type complètement saoul a vomi dans la rame, les mômes grimpent sur les fauteuils, des groupes de garçons crient et chahutent, des cadres flexibles et dynamiques téléphonent, des jeunes règlent leurs comptes avec leurs mères devant les autres usagers et des hordes de mères débordées courent dans les wagons en poussant des charrettes et des buggies géants chargés de bébés et de sacs de courses.
L'autre jour, je descendais du Parc Royal vers la Gare centrale, dans une encoignure du bâtiment de la Fortis, un amoncellement de cartons soigneusement disposés. Je n'ai pas été voir ce qu'il y avait derrière, mais j'ai tout de suite compris que c'était la demeure d'un sans-abri. Dommage que je n'avais pas mon appareil.
Purée! Je ne m'y ferai jamais.
29 juin 2007
Au Forum Pacheco (2)
Finalement, mon dernier dessin, cela donne ceci...
Ce dessin me fait un effet très bizarre, je le "sens" comme un hymne à la gémellité - et pourtant, je ne connais rien à la gémellité. Mais après coup, je vois vraiment ce dessin comme une matrice, avec une fenêtre d'où sortent deux enfants - alors que dans la mosaïque de Gaudi qui m'a servi de modèle, ce sont des angelots, et il y en a 3 ou 4. Sur la reproduction, les angelots sont à l'envers et la coquille St Jacques est au-dessus de la matrice. Donc, c'est ainsi que j'ai orienté mon dessin. Mais sur le mur du Parc Güell, (lien vers l'article "Parc Güell" sur WIKIPEDIA), à Barcelone, d'où ces mosaïques sont issues, la mosaïque est dans l'autre sens, (coquille en bas), et la "fleur" bleue est comme une coupe profonde.
Bonheur: le prof m'a dit, "on voit que tu as déjà du métier". L'air de rien, ça fait 3 ans que je travaille sérieusement le dessin, la couleur - la couleur surtout - et la peinture. Mais rien à faire, je suis toujours une apprentie. (La coquille St Jacques est un peu bizarre -les ailes des anges, n'en parlons pas! - et il y a un corps d'angelot, juste esquissé, qui n'a pas vraiment de tête). Donc, encore six ans d'apprentissage et, et j'aurai quel âge? Ouh là là ! Par contre, j'ai tout de suite aimé (et donc accentué) le contraste entre les carrelages brisés bleu pâle et ocre.
Bleus et orange, mauves/violets et jaunes, ocre, ce sont les contrastes que j'ai favorisés ici. Dans le pastel (informe) que j'ai commencé aujourd'hui, il y a un mélange de verts/bleus et teintes plus foncées, avec du rouge et du jaune, et de nouveau, la gamme des ocre, bruns, terre de Sienne, etc.
(pastel sec et crayon de couleur)
Au Forum Pacheco (1)
Le Forum de l'Institut Pacheco! Quel curieux endroit... Architecturalement remarquable, j'ai un faible pour ces façades de type néo-classique, enduites et peintes, ces fenêtres dessinées selon le nombre d'Or, cette place arborée, ces pavés, ces cours intérieures.
Il me semble que le quartier Sainte-Catherine et Saint-Jean du Béguinage est en train de devenir un quartier très coté. Il n'y a plus guère de marchands (et de marchandes) de poisson, mais il y a beaucoup de restos, de chocolateries branchées - un glacier extra (que Jean des Nuages m'a fait connaître, COMUS ET GASTEREA... Dont je parlais dans mon ancien blog - allons-y, citons nous nous-même...), une librairie, un café-théâtre, une herboristerie.
Aujourd'hui, j'ai recommencé à explorer tout ça avec passion...
Institut Pacheco - (c) Archives du CPAS de la Ville de Bruxelles.
On entre dans l'Institut Pacheco et c'est un autre monde. Il y a d'abord le hall d'entrée à traverser, tout est conçu pour la mobilité des personnes agées ou invalides - à côté des escaliers, un petit ascenseur ou monte-charge pratique. Puis on traverse un jardin - c'est rare que j'y rencontre des personnes, car depuis que j'y vais, il pleut tout le temps, alors, je le traverse vite-vite ce jardin. Puis un autre bâtiment avec une immense cafet, et d'après ce que je peux voir, il y a des habitués. Un groupe de vieux pensionnés, sur ma gauche, près de la télé, et qui boivent leur verre de bière tout en papotant.
Il y a une curieuse atmosphère là-dedans, voyons, pour moi, ce serait un mix entre l'hôtel Astoria au Coq hors-saison (quand les vacanciers sont surtout des pensionnés), entre un hosto qui ne l'est pas (quoique ça fasse moins "petite ville" qu'Erasme), et puis, c'est aussi, tout simplement, un hospice pour personnes âgées.
Institut Pacheco - (c) Archives du CPAS de la Ville de Bruxelles.
Combien de personnes vont visiter ces pensionnaires? Je ne sais pas. Au fond du second jardin, il y a le Forum. Aujourd'hui, les portes étaient fermées. J'ai donc continué un peu sur ma gauche et trouvé une autre porte. Dans les couloirs que j'ai traversés, plusieurs personnes, seules ou à deux achevaient leur repas. Ou un café. A chacune, j'ai veillé à dire un petit bonjour, assorti d'un sourire. C'est bien d'organiser des activités artistiques dans un tel endroit, bien qu'il n'y ait pas de réel mélange des populations, mais au moins, ça fait du monde. Si, dans mon groupe, il y a des dames de 80-86 ans, mais j'ignore si elles résident à l'Institut.
Je garde un souvenir ému d'un de mes anciens professeurs, qui était devenu un ami, qui, à la fin de sa vie, a dû loger momentanément dans un home pour personnes âgées. Cela avait beau tenir de la seniorie, il y avait des choses qui me serraient le coeur. Il logeait dans une assez petite chambre, coquettement arrangée par les siens, ça oui, avec les livres qu'il préférait, ça aussi, mais qu'il tenait en main par habitude, en ne sachant plus vraiment lire. Il y avait le bruit de la télé du voisin, qui le gênait beaucoup. Il se souvenait encore des textes, (des poèmes de Paul-Jean Toulet, qu'il adorait), mais ce dont il se souvenait ne correspondait pas à ce qu'il arrivait encore à lire. Mwouais bon, on va dire que je me pose encore des questions, mais deux après-midis par semaine pour penser aux personnes âgées, ce n'est pas trop me semble-t-il.
Et comme je n'ai pas que des mauvais souvenirs de mon ancien boulot, je me souviens aussi des journées d'études consacrées au 3ème et au 4ème âges. Ces journées d'études à thématique sociale, médicale et para-médicale, éthique, m'intéressaient particulièrement parce que c'était à l'opposé de ma formation littéraire. Donc, j'apprenais beaucoup. On avait un bénévole très actif dans ce domaine. (Je peux bien l'évoquer, il est mort, il s'appelait Firmin Delécluse et avait vécu une longue vie de militant). Un gériatre bruxellois, un maxi-toubib, venait souvent faire des speechs. Je le trouvais - comment pourrais-je le caractériser? A mes yeux, il incarnait l'humaniste, tel que je le conçois. C'était un homme, (doublé d'un médecin, et d'un savant), qui avait du coeur. et dont l'intelligence et l'ouverture d'esprit crevaient les yeux. (Il était aussi très pris, hélas... Je plaisante, naturellement). Il commençait toujours ses interventions par ce proverbe africain "un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle"
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Institut Pacheco - (c) Archives du CPAS de la Ville de Bruxelles.
photo ancienne
Institut Pacheco - (c) Archives du CPAS de la Ville de Bruxelles.
24 juin 2007
Bruxelles... (3)
Bruxelles est au centre de ma vie.
C'est ma ville et je l'aime passionnément.
Des fois, j'ai l'impression de l'oublier.
Un rien! Un air de musique...
Et l'océan des souvenirs s'ouvre avec ampleur.
Si j'écrivais un roman...
Elle en serait, je crois, le personnage clef...
(Illu: fontaine Odilon-Jean PERIER, avenue Louise-Bois de la Cambre).
Le scoop... (2)
Comment ai-je rencontré celui avec qui j'allais me marier? Avis à mes lecteurs: c'est toute une histoire... (Et c'est plus fort encore que mes textes -que j'ai censurés- du Marathon d'AlainX !)
Donc, assoyez-vous et lisez: ça vaut la peine...
En 1983, je me présente à INFOPOL, antenne de recrutement de la police de la Ville de Bruxelles. La Ville engageait des officiers de police. Là, on m'a expliqué qu'officier de police, c'était de mon niveau, oui, mais que c'était une promotion et qu'il fallait d'abord présenter les examens d'agent de police... (De flic, quoi !) Comme j'étais au chômage depuis un an (pas de place de prof de français à l'horizon, et pas moyen de percer dans le privé...) je me suis inscrite à l'examen d'embauche, complètement contre mon gré. Je ne me voyais absolument pas dans la police. Mais alors là, absolument pas et les rares personnes à qui j'en ai parlé se sont gentiment foutues de moi, du style: (les flics? Y gardent leur revolver pour faire l'amour? C'est le genre de feinte qu'on me sortait...)
A INFOPOL, on m'a parlé de cours du soir aussi (des cours, ah-ah! Ca, ça m'intéressait toujours), pour avoir une sorte de diplôme d'officier de police. Je me suis inscrite à ces cours du soir. Il y avait du droit, du français, du néerlandais, un cours sur la Loi communale, la Loi provinciale, sur l'organisation judiciaire en Belgique (très intéressant), et un cours de ROULAGE (ça a son importance), j'ai oublié le reste. Je m'y suis instruite un peu et, surtout, fort amusée, avec les flics de Saint-Gilles entre autres. Et bien sûr, je présentais mes examens (français écrit, oral, néerlandais écrit, oral - d'où mon passage au SPR, le Secrétariat permanent de recrutement de l'Etat, sport - que j'ai réussi, étonamment...). Quand un prof (un ancien commissaire de la Ville), le prof de "Roulaache" m'a appelée après le cours et m'a demandé si j'aimerais donner des cours de français aux futurs agents de police. Il m'a fait tout un laïus, en m'expliquant qu'on avait besoin de gens dans mon genre, (sous-entendu, qui allaient contribuer à la formation continue des policiers), et donc, j'ai postulé comme prof de français à la Ville de Bruxelles...
Où je n'avais jamais postulé, parce que la Ville a ses écoles normales et qu'ils ont toujours eu une "dent" contre les diplômés de Berkendael (une école de l'Etat). Plus tard, j'ai naturellement essuyé les remarques aigres-douces d'un échevin -Dieu (ou plutôt le flambeau laïque) ait son âme- et d'autres. Bon, d'un autre côté, moi, j'aimais pas l'esprit dans certaines (je dis bien, certaines) écoles de la Ville de Bruxelles - en gros, esprit scolaire, de compétition plutôt que d'émulation, manque de liberté... Et pourtant, ce sont les meilleures écoles officielles à Bruxelles et naturellement, je n'ai pas été cohérente, puisque j'y ai mis mon fils pour qu'il y fasse TOUTE sa scolarité. - Mais si, j'ai été cohérente, après tout, je l'ai conduit dans ce que je considérais comme un des meilleurs athénées de Bruxelles... (cfr. La transmission de mes "valeurs")
Un beau jour, l'Instruction publique m'a appelée pour me demander si je ne voulais pas prendre un horaire (non pas à l'Ecole de Police), mais à l'Académie des Beaux-Arts... (Là où ma mère avait fait ses études de dessin, de 1942 à 1947! Et ce fut le bonheur, la 3ème époque la plus heureuse de ma vie, après le lycée et Berkendael). Il y avait un horaire de 6 heures de cours semaine en 3ème qualification (youpee!), et j'ai dit oui. Et je me suis présentée le 20 novembre, jour de la Saint-Verhaegen, en plus, et j'ai commencé, vaille que vaille, à enseigner le français et la morale à des élèves dont l'âge se situait entre 14 et 22 ans... J'ai eu une heure de cours supplémentaire, puis un intérim comme prof de morale aux Arts et Métiers, (3è, 4è et 5ème professionnelles, section métaux, youpee!) je suis tombée (raide) amoureuse de mon collègue prof de dessin de l'Aca, je ne dirai pas qu'il est tombé amoureux de moi, parce qu'après tout ce temps, je vois les choses d'une autre façon, (bof-bof quoi) mais enfin, à l'époque, ça m'a paru réciproque...
Quant à la police, finalement, j'ai été recalée, même pas à cause du néerlandais ou des sports, non (je suis assez fière d'avoir terminé l'épreuve de cross de 2 km en 8 min... Et j'étais pas la dernière...), tout simplement à cause de la vue. Je n'ai jamais autant béni le fait d'être complètement myope. D'un autre côté, si j'avais eu une bonne vue... Et si j'étais entrée à la police, qui sait? J'y aurais peut-être fait carrière et j'aurais peut-être été (riche) et heureuse. Ils auraient eu une flique très à gauche, mais bon... Après tout, por que no?
(Après tout, ça vaut mieux qu'un C*** de P*** scharbeekois et V*** B*** qui a défrayé la chronique). Mais avec des si...
Conclusion de tout ça : il faudrait que je réattaque mes Cailloux et ricochets...
Bruxelles, capitale "désenchantée" (1)
Hum hum... Un succès de Mylène Farmer.
Ce n'est pas de la grande musique, loin de là, mais ce que j'aime dans ce "clip" (et donc cette reprise), c'est...
L'ESPLANADE. L'esplanade derrière la Colonne du Congrès. Je m'y
suis baladée pour la première fois en 74, sans trop pleurer sur "Les bas-fonds de la rue Royale"
qu'on avait entièrement rasés pour y construire la Cité administrative de (bientôt l'Ex) Etat. Dans ces bas-fonds, il y avait une rue, la rue des Denrées, que les Bruxellois appelaient plus volontiers "rue des Cailles" (ou Kwakkelstroet). Des cailles, heu, pas des oiseaux, non, mais plutôt ce qu'on appelait aussi jadis des "caillettes". Jean d'Osta rapporte cette anecdote dans son dictionnaire des rues disparues de Bruxelles.
Bref, je me souviens, j'avais une robe que j'adorais (et que j'ai gardée d'ailleurs), une robe rouge et blanche du NewD. (Le NewD, c'était une boutique, la version ados BCBG et jeunes adultes chicos des magasins Dujardin).

Je me baladais au centre avec une bonne copine d'école, qui a quitté le lycée après la 4ème et que j'ai totalement perdue de vue, probablement à la fin de l'année 1974. Elle avait présenté son examen d'entrée à Mudra, (l'école de danse de Maurice Béjart à Bruxelles), mais elle a abandonné ces études de danse qui étaient beaucoup trop dures. Et parce que les cours généraux étaient d'un très haut niveau.
Plus tard, j'allais parfois, rarement, au Ministère de l'Education nationale... J'y suis allée pour acheter les programmes de l'enseignement... Je suis allée au SPR aussi, pour l'un ou l'autre examen (hi-hi, de néerlandais oral, et j'ai été busée, après avoir réussi l'écrit de niveau III, tout de même...)
Et puis, de 1985 à 1999, je n'habitais pas loin. A un jet de pierre et ce n'est pas une façon de parler. Pour aller au centre, je coupais souvent par les jardins, des jardins qui n'étaient pas si laids que ça, et qui avaient été conçus par l'architecte René Péchère (dont je n'aime pas, loin s'en faut, toutes les réalisations... Je pense à un certain "Jardin des coeurs", à Uccle, complètement rikiki...) Mais en été, c'était fleuri, il y avait des pièces d'eau, des jets d'eau et ma foi, c'était toujours bon à prendre. J'y amenais mon fils, gamin, et ses copains, pour jouer à l'aise... On allait au Parc Royal aussi. C'était un lieu parfois dangereux, car tout à fait désert, le week-end, et j'ai trouvé très malin de le traverser pour aller à la Médiathèque rendre des cd que j'avais empruntés... Et je me suis fait voler mon portefeuille par des mioches qui couraient par là, à la recherche d'un pigeon (et ils l'ont trouvé). Mais après, j'ai retrouvé mon portefeuille, évidemment délesté de sa monnaie. Mais bon, j'avais récupéré le reste.
Il y a aussi le Jardin Botanique. Et le Centre Culturel du Bota... Je ne sais pas si j'y ai des bons souvenirs. Pas tellement. (Pas du tout même). Sauf pour les expos (l'Aca en 87, Pierre & Gilles, et peut-être d'autres expos?) Pourtant, c'était un bel endroit. Avec une bonne salle de cinéma, (où j'ai vu "Olivia" de Jacqueline Audry, en 92... Ou en 93), une cafet où on mangeait du bon couscous... Des pièces d'eau avec plein de végétation et des poissons rouges... Mais j'y ai des souvenirs d'un festival de cinéma, bof, bof, de deux festivals de cinéma même, re-bof, re-bof. D'un amour avec qui je respirais le temps, au Jardin des Iris, et qui a disparu de ma vie, aussi vite qu'il y était entré... Dans le clip, on voit encore la colonne du Congrès, les escaliers du Coudenberg, qui mènent au Palais des Congrès et au Mont-des-Arts et l'actuelle toiture art-nouveau du MIM.
Et évidemment, la tour des Finances, un des scandales urbanistiques et architecturaux de Bruxelles... On nous a expliqué ça en cours d'histoire d'urbanisme, il y avait eu un problème avec le PPA (plan particulier d'aménagement) de la Grand-Place - la tour des Finances était trop visible dans ou depuis l'ilôt Sacré. Un scandale architectural de plus. Ca et la Tour Madou, le Hilton, le building Martini... La Blue Tower (années 70), la tour ITT (fin des années 60 - qui, selon les termes de Van Den Boeynants, allait être vitrée, donc "transparente"), le building avenue Louise... La Tour de l'ancien Crédit à l'industrie, (SNCI), et finalement, tout le quartier "Manhattan", au nord, à vous donner froid dans le dos, brrrr...
Bruxelles... Une capitale désenchantée? A l'image de cette Génération? Mwouais...
















