07 avril 2008
Madame De***
Voici ma contribution à la consigne 15 de Kaléidoplumes... Il s'agissait d'écrire un poème (même en clin d'oeil), de 5 strophes de deux vers... Finissant par des rimes en a, e, i, o, u... Et comme je voyais, je ne sais pas pourquoi, une gravure du XVIIIème siècle...
Cela donne ceci:
Elle soupire d'aise entre ses deux bras
Il lisse doucement la soie de ses bas
Toute l'alcôve s'emplit de murmures
Quel envoûtement brûle Madame De***
Elle ne veut pas trop tôt lancer son cri
Juste se parfumer d'amour à midi
Soudain l'envie leur vient d'ôter les hauts
Les lèvres lient vin d'or moiteurs et peaux
Les bras le torse leurs cuisses font un nu
Prunelles closes et point d'orgue au menu
***
"L'heureux moment", estampe du XVIIIe siècle d’A. Aveline
d’après Nondon le Fils,
éditée par Chereau au Coq
(pour Paris chez Chereau rue St Jacques au Coq),
avec Privilège du Roi (C. P. R.).
18 mars 2008
Quelques haïkus...
Ecrits pour l'atelier de poésie libre de Kaléidoplumes,
et dédiés à un ami blogueur,
quelque peu "plumitif du Net"...

Deux marins dans l'île
Du sang des chairs fétides
Hurlements de sperme
***
(...)
Regards cuits à point
Sur nymphes rebondies
Vole l'oeil de rose
*** Ciel noir de Boulogne
Sel et grain gris d'Audresselles
Flobart à la nage !

Le flobart,
illustration (c) La Mandragore
10 mars 2008
La consigne d'écriture... (suite & fin)
Attention, ce texte de contribution à une consigne d'écriture de Kaléidoplumes sur le virtuel est un texte satirique, bien sûr !
"Derrière l'écran, il y a le blog. Entendez par là, le blog de ma copine. Le blog de ma copine et ses copines.
Ma
copine blogue, (des poèmes, des photos, des news qu'elle pique sur un
site de dépêches pour la presse, de l'humour, je ne sais pas quoi
encore. Ah oui! Des photos truquées et des loupiotes animées...)
Mais attention, j'ai aussi un blog. Un blog sur les voitures de course, les Mustangs de collection! Et aussi sur les playmates du net...
Moi, mon blog au moins! C'est un blog de Mec.
***
Donc, ma copine a beaucoup de copines. C'est fou, ça, les copines de ma copine... Tenez! Rien que ce matin, elle poste une phrase (juste une phrase, avant d'aller prendre son service au LIDEL de notre banlieue pourrie).
"Le petit chat a fait pipi au lit..."
C'est bien vrai, ma femme et moi, on fait chambre à part, alors, les chats dorment sur son lit. Qu'est-ce que j'en peux, moi, si elle les élève mal? Là, je viens de me connecter pour poster la dernière photo de ma Mustang favorite, avec une pin-up du tonnerre sur la carrosserie, et je vois un concert de commentaires des copines sur le blog de ma femme...
P'tain alors! C'est le tir de karcher groupé qui se manifeste vachement tôt dans la matinée...
1) Moi, ce sont mes animaux préférés. J'adore et je pense que bientôt, je vais
aller chercher un chaton! Le problème, c'est que je n'ai pas de bac à chats...
2) Moi
aussi j'ai un chat qui fait pipi au lit. Mon véto a conseillé une
assiette de vinaigre avec des concombres dessalés. Ce serait souverain
pour leur faire faire pipi dans un potager au lieu du lit.
3) Moi,
avant, j'ai eu un chat qui faisait aussi pipi partout jusqu'au jour où
on l'a conduit chez le véto pour le faire opérer. Sinon, ma mère
m'aurait cruellement privée de mon chat pour m'apprendre que l'on doit
s'occuper des autres plutôt que de soi-même.
4) Moi, je
te souhaite une bonne journée et je t'admire pour ces mots merveilleux.
Merci, merci infiniment et du fond du coeur de nous donner un peu de
toi tous les jours...
5) Moi j'aurais tendance à faire
aussi pipi au lit et à le raconter le lendemain matin dans mon blog. Ca
sent moins que l'odeur des chats mais ce n'est pas mieux.
6)
Allez les filles, courage dans les troupes. Moi je vous garantis la
bonne humeur avec les chansons. A demain, bisous ma douce Enguerrande...
ps. Et merveilleuse journée à toi !
7) (d'une andouille surnommée Pivoine):
ceci me rappelle un roman dont on a tourné un film où il est question
de la raison pour laquelle les chats en particulier et les humains en
général éprouvent le besoin de marquer leur territoire et de faire suer
le peuple... D'ailleurs, Socrate raconte qu'on est souvent
l'Héautontimourenos de soi-même ou une affaire dans ce goût-là,
d'ailleurs, je ne sais plus rien de cette question
psychanalytico-textuelle depuis que j'ai laissé mon livre de Socrate
sur la banquette du tram 94.
Mon chat fait pipi sous le dessous de mes pieds. Est-ce que c'est normal ?
9) Ma douce! Ma pauvre! Vite, que Tônôomme adoré vienne aider à répandre du vinaigre sur ton divan pour tout nettoyer !
10) Moi,
mon chat est bien éduqué: il fait pipi dans son bac uniquement et je
n'ai aucun problème. Il faut dire que je l'ai emmené faire une
psychothérapie de type cognitivo-félinienne dans les premiers mois de
sa vie.
11) (commentaire signé Athos, mousquetaire): Eh
bien, chère amie, vous écrivez à l'instar de Molière et Racine de la
Fontaine Boit de l'eau... Votre petit chat est-il mort ? Votre plume
est délicieuse et vous êtes une marquise fort séduisante que
j'enlèverais volontiers sur mon noir destrier. Ma duchesse du Rouvre au
coeur et à l'âme si tellement beaux...
12) (commentaire anonyme) Casse-toi, pauv' fille.
Et derrière l'écran, il reste...
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***
Texte virtuel bien sûr...
Toute rencontre avec des internautes existants serait le fruit d'un pur hasard
et d'une simple coïncidence, etc. etc."
La consigne d'écriture...
numéro 11 de Kaléidoplumes est parue hier soir.
Et je viens d'accoucher (péniblement...) de mon texte.
Voici ce que nous proposait Cassy:
"Puisqu’on décortique l’amitié virtuelle dans "le café du coin", allons un peu plus loin. Romançons, ou bien témoignons ici, dans un texte dédié à une pratique qui envahit notre quotidien (...) Ecrivez un texte dont le thème sera une, ou plusieurs rencontres virtuelles. Cette rencontre peut être avec le net en général, ou bien avec une, ou plusieurs personnes en particulier. Texte fictif, ou simple témoignage, laissez le virtuel envahir vos mots."
Deux contraintes à ce texte :
- Il commencera, et finira par ces mêmes mots : « Derrière l’écran »
- A la fin de votre texte, j’aimerais que vous mettiez (entre parenthèses) si c’est un texte « virtuel » ou « réel ».
(à suivre).
05 mars 2008
"Fragile"
"Ne touchez pas !
Mon écriture est agonie
Je suis ce poète en détresse
Ne touchez pas mes mots ma peine et ma mémoire
Mes morts d'yeux bleus de regards verts
Je ne suis plus qu'une vie grise
Et nauséeuse en leur absence
Ne touchez pas ne soufflez pas
La flamme est vive dans ma chair
Ne criez pas, ne riez pas, ne lisez pas
Sous le linceul de son amour
L'enfant redoute la journée brisée
Poupée d'après-midi et livres calcinés
La femme craint d'être envahie
Et je suis femme retrahie
Où t'en retournes-tu mon triste amant
Là où mes morts pleuraient si fort de nous quitter"
***
Voici le poème que j'ai écrit sur le thème de la fragilité. Fragilité d'une écriture qui s'éveille mais pourrait bien se terrer à nouveau, tant elle soulève de questions non résolues... C'était un texte d'après une consigne - écrire sur la fragilité - pour le blog d'écriture en ligne des Impromptus littéraires de cette semaine...
28 février 2008
Les nuits blanches de l'art moderne...
Texte écrit pour la consigne d'écriture n° 64, de Paroles plurielles.

(c) Coumarine
"Il n'en a parlé à personne."
Il insiste. Balance du chef. Et du couvre-chef.
Comment faire rentrer cette vérité dans le crâne de ces raisonnables?
Il écarquille ses yeux d'une cravate à l'autre.
"Non. A personne." répète-t-il. Pas de leur secret à tous...
De mémoire d'homme peint dans un musée. Ça ne s'est jamais vu.
Impossible, pour eux, de se prendre d'amour comme ça, pour deux visiteuses...
De leur larguer le secret de folles nuits minuinesques.
Pis! De les inviter dans une soirée très privée.
"Mwouais. Alors, tout pour toi?" émet enfin Magritte...
"Moi j'en veux au moins une."
"Tais-toi et peins" jette Delvaux, glissant l'huile de lin sous les molières du vieux surréaliste.

Spilliaert, lui aussi sorti de ses cadres, s'amuse à jouer avec ses yeux.
Pif! Une bille en l'air!
paf! Un trou noir.
Bleu! Un ciel de pastel.
"Deux ou rien, ça m'est égal. Je ne suis pas ce vieux débauché de Rops..."
Un parfum de beurre d'encre coule des cadres.
"D'encre ou de seiche?" Pas gouté ça, moi, à Jabbeeke.
Et voilà Permeke, tentant son énième glissade à travers le sous-sol, un plat de pommes de terre en équilibre sur un plateau.
"Tu permets?" Proteste Emile Claus.
"Tu m'as chipé ma palette..."
"Pff! Une palette ça?" gronde Permeke.
Dégouté, il la pose dans un coin, en tas, comme une veste démodée.

Et quand dans un froufrou délicieux apparait la belle épouse de
Gallait, ennuagée de tulle, suivie de son carlin favori, tous se
taisent, muets. La beauté!
La beauté la fleur de camélier s'aventure au milieu de leurs pommes d'Adam

Et le voilà enfin, ce duo singulier, avec eux
La photographe du XXIème siècle.
Dans les yeux de l'écrivain rieur du XXème.
L'apprentie d'atelier, la gâcheuse de toile,
Et ses brillants papillons d'or
Comme de fières et fantasques visiteuses.

(c) Pivoine
29 janvier 2008
Le repas...
Cassymary et quelques amis ont ouvert un forum d'écriture en 2008.
Bienvenue à Kaléidoplumes !
On y est bien. C'est une jolie alternative au blog, je trouve. Quans je ne sais quoi écrire, pour le blog, ou quand je ressens une certaine lassitude, je me laisse prendre au charme de ce forum de discussion... Sans discussions!
Ainsi, hier soir, j'ai parcouru les sujets de débat (on y parle notamment de la couverture du Nouvel Obs - qui a déjà fait couler beaucoup d'encre... Avec le nu de Simone de Beauvoir...) - et, pour la semaine 4, Cassymary proposait une très jolie consigne. Ecrire sur le repas, ou un repas.
Voilà donc ma production...

Il y a le repas oublié.
Le lait. La bouteille. La boîte en métal peint.
Orange rayé de gris.
Lettres noires sur fond de fer et fil de citron vert...
Le lait acide pour estomacs fragiles...
Il y a le repas de banane. Le repas doux. Le repas sucré.
Le miel, le fruit, le délice, le biscuit, la mère, les frères, le petit relax,
la table, la goutte qui s'égare
splitch, splatch, splotch !
Fait la cuiller en s'égarant - Bébé ouvre sa bouche en coeur !
Il y a le goûter d'enfant. Le chocolat qui crème.
La moustache qui coule, le ruban noir défait.
La maman remet une boucle en place.
Le tablier fraîchement repassé
La vraie nappe en lin et la maison fleurant le sucre.
Il y a le Banquet de Platon, les amphores et les outres pleines de vent,
les dieux ivres et les déesses nues...
Et le repas d'eau froide quand meurt le fils de l'Empereur.
Il y a le repas du Livre, l'orgie de Rome,
Pompéi, sous les cendres,
Et celui, infiniment raconté,
le repas d'Apollinaire,
Le festin de Babette.
Et puis le repas de la faim.
Juste un peu de riz, dans l'assiette,
Du riz, je vous demande...
Avec du sel ou de la cassonade ?
Il y a le repas vite fait, vite expédié, celui du jour où je travaille,
le repas seule. Pris seule. Seule, ça ne vaut pas la peine de me nourrir.
Pris seule, ça ne vaut pas la peine de mourir.
Seule, si ça valait la peine de manger...
Je mangerais un pudding violent,
Nappé de couleur verte
et pour finir de brouiller les pistes
Une madeleine sévère et dévote trempée dans du thé pistache
Aux cymbales de cuivre...
Toute la saveur des pivoines rouges
Des étoiles!
Des sushis, des woks
Et des curries indiens à m'arracher la langue...
Et... les maux !
01 décembre 2007
Rosine m'a dit...
Ma contribution au blog littéraire de Christine (Vie de femme):
"Autour des mots".
En hommage à Antoine Wiertz, peintre.
Rosine, toute en satin d’ivoire et jupons empesés, depuis le bas de soie et la pointe de l’escarpin, jusqu’à l’insolence du bibi voilé de sépia, Rosine espère, chaque samedi matin, dans l’ombre du Vieux marché de N***.
Le terne macadam des journées de fer laisse deviner, par de molles fenêtres, un pavé haussmanien parfumé, sensuel et complice. La voilà qui sonne enfin, domptée, libératrice, cette heure entre chien et loup, pour ces pauvres hommes aux savates nouées, que pourrissent tant d’espérances, avant que de s’éteindre.
Petit à petit, dès le dernier atelier clos sur ses portes d’acier; dès l’apparition de l’absinthe, sur des zincs minuscules, une sulfure, un brin de pavot, une couleur assassine, métamorphosent la trogne ouvrière la plus grise, en une promesse de tableau rougeoyant, tous vernis avivés.
Lèvres pourpre des femmes, retenant le sexe avec art, mystère délicieux des alcôves et des plaisirs de Sodome, dents de nacre ou d’ivoire, longs éclats d’émail lascifs, angelots verdissants et rosés, pétris de cellulite, dentelles qui s’étirent et caracolent, crissement de la tarlatane, tiges tendues des corsets, lingeries de trois sous…
Sous la pluie métallique des crinolines, tout un été d’agonie à l’aube des rochers.
Ce fut ainsi. La Pieuvre Libertine épousa Libido dans les ruelles namuroises, la mignotant, telle une fraise succulente, innombrable et charnelle. L’insatiable appétit de la ville, gâteau pétri de chair et de crème, aussi pur qu’une perle de crémant sur la langue, maria ces croupes grossières aux râles des Rosine, des Satine, des Maries et des Jeanne, et l’immensité de leur glorieuse descendance.
Ainsi saigne le Démiurge, las de perpétrer l’homme, jusqu’à
l’écoeurement. Verges vannées de lin, fouets du dieu de la luxure, du
percepteur, des maquisards, des Liliths, des déments de Novembre.
Et de la quintessence humaine.
23 mai 2007
Ecriture
Je pense que je vais retravailler la nouvelle écrite l'an dernier, à Hurtebise, sur le thème d'une rencontre entre le christianisme et le judaïsme - au travers d'une amitié, nouée puis dénouée, et l'envoyer à "la Fureur de lire". Car elle me semble plus illustrer le thème du rendez-vous (ou de la rencontre) que celui du hasard. D'ailleurs, l'an dernier, je ne l'avais pas envoyée. J'y croyais pas trop (je n'y croyais pas du tout même ;-) mais, après tout, pourquoi pas ? A noter que je n'y crois pas plus maintenant, mais envoyer un texte à un concours, c'est juste pour dire qu'on participe, car on n'a aucune chance de gagner (ou 1 sur 600 - autant dire, rien...)
Quant à la nouvelle que j'ai écrite à Hurtebise, (ainsi que deux ou trois textes que j'y ai rédigés), je m'y essaierais bien ici, dans mon blog, mais j'hésite, j'hésite... Je devrais l'écrire en plusieurs fois, bien sûr...
Aujourd'hui, j'ai également découvert les blogs et l'univers de QUERELLE.
09 mai 2007
Des chemins...
Et voilà ma participation aux Impromptus littéraires, parce que cette semaine, j'aimais beaucoup le thème, (Des chemins vers la paix), et il y a déjà de bien beaux textes...
***
Invente-nous cet opéra où la Paix sera toi
Des autoroutes de ciel
Des sentiers vers toi-même
Des torrents assagis
Génies des eaux de Venise
Glacis de peintres à Florence
Toute la Toscane d’or et sa lumière
Toute la Grèce baignant dans l’eau bleue
Que meurent ces chemins de fureur
Qui meurtrissent les vies de l’humain
Il y eut tant de guerres et de crimes
Tant de refuges de prisons
De larmes et de chuchotements
Fusillades et boyaux de 14
Camps d’ossements de 40
Journaux vendus à la criée
Feuilletés dans les rues sur les places
Libertés en tempêtes de plumes
Et sur les monuments des villes
Vois les camions qui libèrent Dachau
Et le désespoir du soldat fatigué
Quand l’inavoué devient vie
Donne-toi de quitter Guernica
De rendre blanches toutes les fumées
De plonger nu dans l’Egée
Donne-toi la paix pour les flammes
La rue soleilleuse à midi
Une épaule de femme
Et toute la tendresse des hommes
Invente-nous cette heure où la Paix sera toi










