10 avril 2008
En Angleterre
Je passe des heures assise sur mon lit ou dans mon divan de Mme Récamier à lire "Emma", de Jane Austen... Il s'agit de deux bouquins dans la collection 10/18. Editeur Bourgois. La traduction n'est pas géniale. Le style est vieilli, abondant, luxuriant en détails, mais en détails étonnants, à la Jane Austen.
J'ai lu "Orgueil & préjugés" il y a bien longtemps... Lors d'une nuit d'insomnie, à la maternité, où j'avais accouché. Les petites manies et grands défauts des personnages austeniens m'avaient déjà beaucoup amusée. Puis, j'ai lu Persuasion - que je devrais relire. Entretemps, Jane Austen a gagné en notoriété (essentiellement grâce aux films qu'on a tournés à partir de son oeuvre, "Persuasion" - un film délicieux, avec Amanda Root, "Orgueil et préjugés", "Raison & sentiments" de Ang Lee, "Emma" - mais que je n'ai pas vu, hélas... Voilà un "trou" à combler. Et enfin, "Becoming Jane").
Ainsi, ce passage où John Knigthley, (le frère du héros, Georges Knightley), en visite avec femme et enfants chez son beau-père (Mr Woodhouse, qui veut mettre tout le monde au régime de la bouillie avant d'aller dormir)... et sa belle-soeur, Emma, doit se rendre à Randalls, chez Mr and Mrs Weston. On est à la veille de noël, il neige, il fait froid, la moitié du village est enrhumée et il maudit les mondanités qui l'obligent à sortir de chez lui et le privent d'une soirée en famille.
Etonnante Jane Austen !





Emma est une jeune fille catastrophique. (Elle me fait penser à moi!) Son rêve (et sa prétention) est de réussir des mariages, parce qu'elle croit avoir réussi le mariage de son amie, Mrs Weston. (Alors qu'elle n'y est pour rien). Le paradoxe est qu'elle est une célibataire irréductible; il lui faudra donc passer par toute une transformation intérieure avant de s'aviser qu'elle aime vraiment quelqu'un et que ce quelqu'un l'aime vraiment - et que ces sentiments-là sont dépourvus de calculs. Naturellement, elle fait le malheur de son amie, Harriett Smith, (mais là s'arrête la ressemblance, je n'ai jamais influencé personne en matière de "mariage") en voulant la marier au-dessus de la sa condition sociale... Mais on sait que chez Jane Austen, tout finit toujours bien.
Sans compter qu'elle nous tient en haleine parce qu'elle ne se départit jamais de son ton ironique...
***
Toujours dans l'Angleterre du XIXème, je viens d'achever (à l'Académie), le portrait de Stella Duckworth, la demi-soeur aînée de Virginia Woolf et Vanessa Bell - morte à vingt-cinq ou trente ans d'une péritonite.
Les tons en sont printaniers ! Ocre et rouge, blanc, orange, bleu pour les cheveux - traités au pinceau et au couteau (une première!), verts, bleus, lettres blanches et dorées sur fond bleu, la jeune fille se présente de profil et semble regarder à l'intérieur d'elle-même.
Le prof a bien voulu reconnaître que ce n'était pas trop "m.........."
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Stella Duckworth vue par Dante-Gabriel Rossetti:
Enfin, l'académie crée une asbl des Amis de l'Ecole des Arts d'Anderlecht. C'est à voir. Et ce soir, il y a Graphite... Plus un vernissage d'exposition d'une amie peintre que j'admire beaucoup, Brigitte Schuermans.
Cet après-midi, je vais aller jeter un coup d'oeil aux arbres et aux cerisiers du Japon presqu'en fleurs.
05 avril 2008
Cocteau Twins (années 80)
Cet après-midi, alors que le grésil tombait dru entre des plaques de ciel bleu et des nuages, rais de pluie grise et ciel plombé, chants d'oiseaux et fientes de pigeons... J'ai entendu ce morceau à la radio, sur classic 21. Après un succès du groupe New Musik, que je n'ai encore trouvé ni sur YouTube, ni sur Daily... Et dont j'ai gardé un disque "vinyle" (mais je ne sais pourquoi ni comment, j'ai juste la pochette, et plus le 33 tours!)
Encore un air en vogue du début des années 80...
23 mars 2008
Chihiro IWASAKI (1911-1974)
Peintre, aquarelliste et illustratrice japonaise, ayant dessiné l'enfance et les fleurs.
Un imperceptible rappel de certains Fujita.
Une image délicieuse.
08 mars 2008
Un après-midi à Lille...
Je n'y étais plus allée depuis très longtemps.
Cet après-midi... Après quelques tours et détours dans le 59... A la recherche d'une sortie n° 2 ou n° 3...
Arrivée au parking 4 Quelque chose (4 Cantons) de Villeneuve d'Ascq, quasiment dans la cité scientifique.
Embarquement immédiat à bord du petit métro de Walt Disney (le rapprochement est de la Rose...) et direction le centre ville. Wouah! Le VAL... (Le Véhicule Automatique Léger) - ou encore le Villeneuve d'Ascq Lille - que je rêvais d'emprunter depuis plus de dix ans! (Déjà en 1994 ou 95, quand on a comparé les mérites du Val ou du tout nouveau tramway de Strasbourg). Dès que je découvre un nouveau mode de transport en commun, je suis comme une petite fille qui brûle d'envie de battre des mains... Tout cela est occasion à pas mal de fous rires.
Sortie à l'arrêt Rioure.
Un aller simple vers le Furet du Nord et la grand-place.
Arrêt déjeuner dans un resto à grillades, andouillette sauce échalotes, brochette provençale, petite salade et (pas de) café complet.
Longue pause réflexion devant la vitrine d'une pâtisserie à macarons.
Que choisir? Entre les grands macarons au café, praliné, à la vanille, pistache ou chocolat... Ou les boîtes de 12 petits?
***
Enfin, direction le musée des Beaux-Arts de Lille - un beau musée, de dimensions impressionnantes. On a, hélas! Dû faire l'impasse sur le sous-sol, car après deux niveaux, nous étions saturées. Je me souvenais très bien que la rénovation s'était terminée en 1997. A l'époque, il avait déjà été question, avec des amis, de visiter ce musée... Depuis cette époque, j'en rêve. Et je n'étais pas la seule.
Je suis restée en contemplation devant pas mal d'oeuvres, un Paul Bril (le naufrage de Jonas), alors que nous en avons deux ici, au musée de Bruxelles... Quelques beaux Rubens. Deux Nattier, un portrait de Berthe Morisot par Carolus Duran, (sans compter un Turner, un Constable, un tableau -heureux- de Rosa Bonheur, quelques Monet...) Et une petite version de chaque bourgeois de Calais, par Rodin. Il y avait des maîtres hollandais, un Pieter de Hooch tardif, un Jacobus Vrel, et aussi, dans une salle du XIXème, une sculpture de Carpeaux représentant le prince impérial avec son chien Nero, pas très loin d'un éphèbe souriant dont je me suis demandé un moment s'il n'allait pas me parler, tant il "vivait".

(c) portrait de Berthe Morisot, Musée de Lille.
Reproduction du Prince impérial et de son chien Néro, par CARPEAUX.
(c) par la Manufacture de Sèvres.
Un ravissant petit vase -bijou de Léopold-Jules-Joseph Gely, en pâte "nouvelle", de 1886, à fond rose, émail or et pâtes d'application...
Voici deux reproductions de vases de Gely, assez approchants:
***
Et un curieux tableau, qui, pourtant, n'a rien d'exceptionnel. Mais il m'a fait rêver.
Un Victor MAREC, (Paris, 1862-1920) - "Au rendez-vous des cochers", une peinture de facture plutôt "réaliste", présentée au Salon de 1893. Ce tableau est une histoire. Une scène de la vie ordinaire. C'est ça que j'aime. Je me suis mise à rêver à cette histoire, m'imaginant en ce lieu, à ce moment, alors qu'il neige dehors et que les hommes boivent, fument, rient et parlent fort...
26 février 2008
"Il n'y a plus rien..." (Léo Ferré)
léo ferré : il n'y a plus rien
(...)
- Vous n'avez rien à déclarer
?
- Non.
- Comment vous nommez-vous ?
- Karl Marx.
- Allez, passez !
Nous partîmes... Nous étions
une poignée...
Bientôt, nous nous retrouverons démunis, seuls,
Avec
nos projets d'imagination dans le passé.
(...)
Nous partîmes... Nous étions une poignée
Bientôt, ça débordera sur les trottoirs
La parlotte ça n'est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa
gueule...
Ecoutez-les...
Toutes des concierges !
Il n'y a plus rien, plus plus rien
Si les morts se levaient ?
Hein ?
Nous étions combien ?
Ca ira ! Ca ira... Ca ira... Ca ira..."
(...)
Léo FERRE, "Il n'y a plus rien"
(extrait) ça a un petit côté très hugolien,
très poésie des origines,
très poésie épique
très poésie française...
12 février 2008
Sir Edward Burne-Jones (1833-1893)
Sir Edward Burne-Jones.
Fatima. 1862.
Peinture à la Gouache.
Burne-Jones est considéré comme un peintre pré-raphaélite.
Les peintres pré-raphaélites, réunis en groupe, (avec Dante-Gabriel Rossetti, Millais, et William Hunt) s'opposent à l'académisme victorien, ils tâchent de retrouver la pureté artistique des primitifs italiens, des prédécesseurs de Raphaël, en s'inspirant de leur style. Ils privilégient le réalisme, le sens du détail et les couleurs vives. Leurs sujets de prédilection sont les thèmes bibliques, le Moyen Age, la poésie et la littérature. Edward Burne-Jones a rejoint le groupe plus tardivement. Avec l'arrivée de William Morris, peintre, historiographe et décorateur, le pré-raphaélisme influencera durablement la peinture symboliste et l'Art Nouveau (cfr. les sgraffites - de "sgraffito" de la maison Cauchie, à Bruxelles).
SGRAFFITE bruxellois.
En musardant, de-ci, de-là,
Hier soir, on diffusait, en première francophone, le très moderne "Orgueil et préjugés". D'après le roman de Jane Austen. Ce qui me fait penser à ce film, "Becoming Jane"... Qui n'est jamais passé à Bruxelles ! Pfffuuuuiiiit ! Evaporé des écrans avant même d'y être arrivé. Quelle frustration! C'était un film avec Anne Hathaway. La mode anglaise du temps de Jane Austen est merveilleuse. Plus vaporeuse que la mode française, différente...
Sinon, aujourd'hui, je musarde dans la peinture anglaise plus ancienne, chez des peintres que j'aime tout particulièrement, comme Thomas GAINSBOROUGH. J'adore Gainsborough. Sa campagne anglaise s'inspire fort, paraît-il, (sauf dans certains tableaux) des paysages flamands. Contrairement à la plupart des peintres, il a peu voyage et s'y connaissait essentiellement en peinture flamande.
Pour moi, ceci est l'oeuvre la plus délicieuse de Thomas Gainsborough, même si la plus remarquable est, à plusieurs titres, le portrait du chasseur et de la dame en bleu et qui tourne le dos à un paysage, qui lui, est typiquement anglais.

(c) Thomas Gainsborough,
1727-1788
Mary, Comtesse Howe,
10 février 2008
Louis Artan aux couleurs inversées...
C'est là.
En mer du nord.
A quelques brassées d'Ostende ou de Douvres,
Entre Knokke et Audresselles.
Entr' Adinkerke et Le Portel
Je suis en vacances, à la mer
Un jour dérobé à des plages d'épuisement
Un seul jour pour affronter et naître
A quelque endroit de la côte, où j'ai pied,
je brasse et rebrasse des cubes de soupe brune.
Un mouvement des jambes et je me propulse à la surface.
Yeux mi-clos, nage électrique des méduses...
Le son se fait ouaté, tiède, flocant, clapotant.
Flic - floc, flic - floc,
font des vagues plus hautes que moi et vertes,
D'un vert argenté de fin du monde.
Comme si la goulée noire ornée d'écume allait me boire
Mon maillot bleu sombre poisse.
J'ai soif. Tout ce sel.
Fétu de paille dansant à la Nue...
Loin du tableau d'Artan de Saint-Martin.
Méditerranée... Méditerranée de pierres azur
Restanques d'ocre et Maures violettes.
Où vous cachez-vous ?

Au musée d'art moderne,
Bruxelles, le 5 février 2008.
Louis Artan de Saint-Martin, peintre de marine,
(La Haye 1837 – Nieuport 1890) L'Epave, 1871,
Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles.
31 janvier 2008
Musique et cinéma...
Musique de Thomas NEWMAN,
"Dead already" - musique de "American Beauty", (1999),
avec Kevin SPACEY.

Au lecteur intéressé...
Passe donc chez l'ami D&D, l'auteur du blog cinéma 25 Images...
Il lui consacre tout... un article aujourd'hui...
EDIT du 1/2/2008, très, très tôt... Il (Kevin Spacey), jouait aussi dans "LOOKING FOR RICHARD", de AL PACINO, 1996. Une merveille (jamais revue, mais je voudrais bien la revoir), sur le règne de Richard III, le mystère des meurtres... et l'approche du théâtre de Shakespeare... Et de la comédie en général (sujet qui m'a toujours passionnée). (Cliché ALLOCINE).
12 janvier 2008
"British visions: de l'observation à l'intériorisation" (1)
A voir à Gand: environ 300 tableaux, aquarelles, gravures, eaux-fortes, photographies et illustrations. Issus de deux siècles de peinture, d'histoire, et d'expression artistique anglaise. Impressionnant! Des grands noms: Gainsborough, trois Francis BACON, dont un portrait fabuleux inspiré par le masque de Blake; Turner, (Dieu! Ses aquarelles!) Constable, (ah! Ses paysages!) Burne-Jones et Dante-Gabriel Rossetti, (deux peintres préraphaélites), Lucian Freud, John-Everett Millais, Augustus John, Sickert, William Hunt, Blake... Et tant d'autres.

Augustus John, Le Cap bleu .
Aberdeen Art Gallery and Museum ©
Sans compter des documents exceptionnels: Un livre illustré et mis en page, véritablement "historiographié" par les soins de William Morris et d'Edward Burne-Jones. William Morris est le maître incontesté du mouvement Arts & Crafs en Angleterre - véritable pendant britannique des Wiener-Werkstättes autrichiens, ou de l'art nouveau, tel que l'ont conçu Horta et Henry van de Velde.
Voilà ce qu'il y avait à "manger" - manger avec les yeux, l'ouïe, le toucher et le goût... Au musée des Beaux-Arts à Gand, aujourd'hui (malheureusement, l'expo ferme ses portes dimanche...) La peinture anglaise! Inimitable et indicible. Si différente de la nôtre, et parfois très proche, malgré tout. Pleine de grâce... Elle a parfois une curieuse vocation illustrative. Je pense à un tableau de Millais, qui "illustre" la rencontre d'un jeune patricien et d'une petite paysanne...

John Everett Millais, Southampton, Angleterre, 1829-1896.
Je me suis longuement arrêtée devant une toile qui, en soi, n'avait rien de remarquable. Rien de comparable aux paysages de Constable, ni au souffle des Turner... Il s'agissait du chemin de fer et la petite gare de Letchworth.
Alors, pourquoi Letchworth?
En 1993-94 et 95, lorsque j'apprenais l'histoire de l'architecture et l'urbanisme, je me suis passionnée pour les cités-jardins. Conçues, planifiées et réalisées, pour l'essentiel, dans l'entre-deux-guerres, dans l'enthousiasme que suscitaient de nouvelles voies architecturales (liées à la découverte, relativement récente, du ciment armé et du béton - voir les immeubles des Frères Perret, à Paris), elles répondaient à une volonté plus affirmée de bouleverser les quartiers populaires et besogneux, et de construire un habitat répondant aux aspirations d'une population croissante, en matière d'infrastructures ferroviaires, d'enseignement, de santé, d'hygiène, de culture et d'espaces verts.
Et contrairement à des complexes industriels et ouvriers plus anciens, (comme aux Salines de Chaux, dans le Jura, au Grand-Hornu, aux familistères de Godin, (Guise et Bruxelles), ou à des habitats sociaux dans les quartiers pauvres), elles n'impliquaient pas une sujétion totale aux grands industriels, fussent-ils des patrons frottés de philanthropie. (Euh! Ca existe ça???)
Letchworth, oeuvre de pierre humaniste et révolutionnaire, conçue en Angleterre par l'urbaniste Ebenezer Howard, est la première cité-jardin anglaise (et même européenne).
Voilà qui préfigure tout à fait notre Logis-Floréal, (Watermael-Boitsfort), le Kapelleveld, (Woluwé Saint-Lambert), la Roue, (Anderlecht), la cité-Diongre, (Molenbeek), ou la cité Moderne, (Berchem Sainte-Agathe)...
La suite à dimanche...
(Car j'ai pitié de mes lecteurs!)




















