29 avril 2008
Croquis (séries à l'aquarelle)
28 avril 2008
La chanson de France Gall...
Que je préfère! Of course...
C'est :
26 avril 2008
Post-scriptum
Cela me surprend toujours quand je lis (et cela revient de façon récurrente) que le blogomonde n'est pas le vrai monde, que la blogovie n'est pas la vraie vie, que les blogomots empêchent les mots de la fiction ou, pire encore (je viens de lire cela ailleurs et cela me fait un tel effet que je ne puis m'empêcher de rouvrir l'ordinateur pour m'exprimer là-dessus) que le monde virtuel serait de plus en plus détestable...
Dans ce monde virtuel, il y a évidemment le pire, la lie de l'humanité (je pense à certaines rubriques +18 ans qui sont des lieux de publicité pour entreprises et sociétés pornographes les plus ras-des-mottes de boue), mais il y a aussi M. et Mme Tout le monde et même un peu mieux que ça, d'ailleurs.
La certitude est tellement ancrée dans la tête des personnes que le blog n'est pas professionnel et que les bons professionnels n'ont pas à se mêler de blogs, cet amusement futile pour le bas peuple... (Celui qui, sous-entendu, n'a pas pu publier ni se faire éditer...) Le combat inverse est tellement dur à mener (pourquoi le mener d'ailleurs?) que cela me surprend toujours que les blogueurs eux-mêmes en arrivent à scier la branche sur laquelle ils sont assis en décrivant le blog comme une perte de temps... Après tout! Qu'ils revendent leur ordinateur alors ! Et en avant ! Aux champs ou à la vigne ! Ou la mine de sel !
"Moi qui ne blogue presque pas!" Quel chant de victoire !
"Pour écrire un roman, je devrais cesser de bloguer..."
Comme si le fait de bloguer empêchait d'écrire! Ou de peindre! Ou les deux !
Justement! C'est le contraire!
Bloguer permet d'ECRIRE !
Evidemment, si on joue vraiment un rôle, quand on blogue, et qu'après, on a un éclair de lucidité, ce recul devient compréhensible, je l'admets. Si j'invente que j'aime un conjoint alors que je le trompe mordicus, je vaux pas grand-chose (mais ce n'est pas la spécificité des blogs ça... C'est plutôt le monde réel).
Il n'y a que nous-mêmes qui sommes des freins à nous-mêmes.
C'est ce que j'ai envie de dire à ceux qui rêvent d'écrire un livre mais qui croient que le blog empêche d'écrire (le blog !!! Alors qu'il y a l'esclavage professionnel qui nous fait perdre toute notre vie et la plus belle période de la vie encore bien...)
Et j'ai même envie de crier: (parce que je les aime bien tout de même, ces blogueurs qui voudraient écrire...)
...
23 avril 2008
Les oignons, to krommon (4)
Je hache peau d'oignon
La peau d'oignon s'entasse
Sept années sont sèches
La paille d'or mûrit
Et le coeur verduroie
L'oignon dit le meurtre
L'eau coule sur les yeux
La chair est parfumée
Mes larmes sont salées
L'huile fond dans le wok
La cannelle fonce l'oignon
Le sucre chasse l'acide
L'anchois s'écrase créme
Minou sent le fumet
Moustaches affamées
Le chat veille sur tout
Et le rouleau de bois
Termine mon histoire
***
La pâte à pain (3)
Voyons...
300 grammes de farine ;
20 grammes de levure de boulanger ! Signe des temps, je l'ai dissoute dans un bol de lait chauffé au micro-ondes! 1 min 30 à 600 watts (merci Walrus!) Quelle précision ! Pendant ce temps, je me suis préparé un thé vert au riz grillé. (Une recette japonaise). Mmmh ! C'est délicieux ! Cela faisait des lunes que je n'en avais plus bu! Du thé vert Genmaïcha, c'est encore meilleur quand c'est du matcha genmaïcha - le matcha étant la poudre de thé vert qui sert à la cérémonie du thé, au Japon.
Donc, j'ai mélangé farine, lait + levure, 3 cuillers à soupe d'huile d'olive (première pression, etc. etc.) in-ti-me-ment, en pétrissant assez longtemps la pâte et je viens de mettre deux boules au four (attiédi entre 25 et 50°) à monter. Avec une feuille de cuisson par-dessus pour que la pâte ne sèche pas.
Je laisse lever pendant 35 minutes, j'écris un petit article pour me faire plaisir, et puis, je vais passer aux oignons ! Il me faudra bien 30 minutes et beaucoup d'eau pour préparer des oignons.
Et l'invité, c'est mon frère... S'agit pas qu'il m'oublie! Et j'espère qu'il aura faim, sinon, je connais un copain qui sera content, je pense, de terminer cette pissaladière avec moi...
Mon ex faisait souvent des pizzas ! C'était un de nos plats vedettes quand on invitait du monde. Je prévenais gentiment les gens qu'on ne mangerait pas avant 22 heures. Et je préparais des apéritifs coton ! Quand notre fils était bébé, on avait tellement de retard, parfois, que nous venions à peine de terminer les 7 biberons du soir, de la nuit et du jour à venir quand les invités arrivaient... C'était l'horreur et j'étais affamée !!! Quelle préparation! On stérilisait tout à la casserole (nous n'avions ni lave-vaisselle ni stérilisateur et on mixait simplement le lait en poudre, l'Evian et la farine de caroube anti-régurgitations... Quel souvenir !)

Le garum (ancêtre du pissalat) (2)
6,5 L de "garum", la sauce favorite des Romains qui entrait dans beaucoup de préparations, coûtait environ un millier d'euros. Inimaginable ! Cette denrée coûtait plus cher que les parfums les plus rares. En humanités, nous avions demandé à notre prof de latin comment les Romains mangeaient dans l'Antiquité. Elle nous avait vite fait déchanter, en nous décrivant une cuisine très salée et très épicée. Je ne sais pas si les nombreuses et fantaisistes recettes reprises dans Astérix ont une quelconque vraisemblance (par exemple, dans "Astérix chez les Helvètes", il est question de boudin d'ours figé et de tripes de je ne sais plus quel animal frites dans de la graisse "d'urus"). En tout cas, l'idée des intestins et des viscères de poisson mis à macérer dans du sel, vinaigre (?) et épices est assez effarante. Bonjour les gastro-entérites ! On dit aussi que cela se rapproche du Nuoc Mâm. Du coup, je me demande ce qu'il y a dans le nuoc mâm (à vrai dire, je m'en fiche).
Une pissaladière et me voilà partie très loin. C'est un peu comme lorsque Nuages m'avait fait découvrir le glacier Comus & Gasterea. J'avais goûté à de la glace Marrakech, parfumée au Ras-El-Hanout. Ma recherche sur le ras-el-hanout m'avait menée jusqu'aux mouches cantharides, qui entraient dans certaines de ses compositions... Voilà qui laisse rêveur.
J'adore ce genre de propos gastronomique ! Cela me fait voyager dans le temps et dans l'espace ! J'ai toujours dit que la cuisine était ma troisième passion, après l'amour et la poésie... Cela me rappelle cette anecdote curieuse... Quand j'ai été opérée à Saint-Pierre, j'avais une compagne de chambre burundaise. Je ne me suis jamais autant amusée que lors de cette hospitalisation. Nous parlions beaucoup et elle m'avait longuement décrit le processus de fabrication de la bière de banane. Cela me faisait envie !
Disons que mes passions ont un peu évolué, je dirais qu'il y a l'art, l'écriture, le blog et la gourmandise... L'amour amoureux est tout de même passé à l'arrière-plan, faute de combattants. Après ça, il y a encore plein de choses, naturellement (les promenades, les musées, les amis blogueurs, etc!)
"Aliud etiamnum liquoris exquisiti genus, quod garum vocavere, intestinis piscium ceterisque quae abicienda essent, sale maceratis, ut sit illa putrescentium sanies. Hoc olim conficiebatur ex pisce, quem Graeci garon vocabant."
(Pline l'Ancien, extrait de Histoire naturelle).
"Il y a une autre
sorte de produit liquide très recherché de nos jours, que l'on
appelle garum. On fait macérer dans
le sel les intestins et les autres déchets de poisson, ce que l’on jette
habituellement, pour obtenir un jus dû à cette putréfaction. Ce produit était tiré autrefois produit du poisson que les Grecs appelaient garon... "
(c) Alain CANU.
Une pissaladière sans "garum" (1)
Je vais préparer une pissaladière pour demain.
Il s'agira de mettre des bonnes choses
Des ingrédients croulants et odorants
Dans l'estomac de mon invité
Je dois préparer de la pâte à pain
Pâte juste mollette sous le doigt
J'ai des oeufs bruns même si j'eusse préféré
Les blancs.
De la farine, du beurre, de l'huile,
Et surtout la bonne levure fraîche de boulanger
Qui embaume la cuisine...
Dès qu'on l'ouvre.
Je dois éplucher 1 kilo d'oignons...
Ne pas pleurer !
Emincer la vie !
Même si j'en n'ai pas envie !
Et les faire fondre à l'huile d'olive.
De première pression à froid
(Ne pas me tromper,
Ne pas utiliser de l'huile d'argan de première pression à froid o;)
Remplacer le "pissalat" niçois (sorte de confit salé de petits poissons, genre alevins, sardines, anchois), lointain descendant du "garum" des Romains (pouah, leur cuisine devait être plutôt abominable), par quelques anchois écrasés dans l'oignon...
Peut-être agrémenter de quelques poivrons grillés, légèrement safraner le mélange avec une pointe de cannelle (assaisonnement piqué sur le blog d'Engerbert, du Monde, un blog super appétissant plein de propos de cuisine... Je l'ai rajouté dans mes liens, à "Journal d'une serial cooker").
Et puis, des olives (AOC? Non, les olives du Delhaize ne sont pas AOC, je ne crois pas)
Et quelques anchois.

Euh, hier, mon fils m'a téléphoné... "Mais maman, tu sais bien que je ne parlais pas sérieusement! Et puis, je ne t'ai pas fait marcher jusqu'au métro, c'est toi qui voulais aller jusqu'à l'écluse..." (Et là, il a raison). Bref, il vient samedi midi... Entrée: des pâtes, plat principal, des pâtes, sortie: des pâtes.
***
Payer la kiné. Ranger les factures trouvées dans un vieux panier.
(Parce que si, je gère correctement mes papiers...)
Prendre un brufen ? La nuit fut violente et je suis courbaturée.
Je me suis battue contre ma couette.
Et demain, je suis de nouveau "maître de cérémonie" chez GRAPHITE.
Mais cette fois, je ne fais pas de gâteau aux pommes.
(Puisque j'aurai fait une pissaladière...)
En pensant à une poétesse...
Aujourd'hui
Je t'attends !
Entre les rails
Le tram est argenté
Il n'y a plus de jaune primerose brodé de bleu
Voici le temps du marronnier
Des blancs marronniers de Bruxelles
Seine de la Senne
Vénus de l'Altitude Cent
Juste des feuilles tendres
En fleurettes sèches
Je l'embrasse, il est tiède
Cet arbre-là ! Qui se prélasse au soleil...
21 avril 2008
Hôtel Rwanda...
Je l'ai regardé. Bigre... Ce n'est pas excessivement violent, (visuellement parlant) mais le suspense est difficilement soutenable. Et il est impossible d'oublier que ce fut la réalité. C'est une histoire à vous arracher des larmes. Je dirais même que, 14 ans après, cela fait un effet pire encore, parce qu'à l'époque, je n'ai vraiment pas réalisé ce qui se passait là-bas. Je lisais bien les articles de Colette Braeckman, la journaliste du Soir spécialiste de l'Afrique... Mais je ne réalisais tout de même pas.
J'ai commencé le portrait de mon musicien rwandais! Pas mal pour un début... J'ai placé un fond ivoire/jaune/mousse au café. Pour le moment, j'utilise de la Terre de Sienne, du blanc, du bleu, un bleu presque turquoise. Je dois récupérer mon medium (sans lequel je ne peux plus peindre un visage correctement, puisque je procède vraiment petites touches par petites touches). Du turquoise dans les cheveux crépus. Cela donne un chouette effet.
Mais quand je vais trop vite, cela m'inquiète...
Musique, MILLION VOICES.
Musiciens rwandais...
J'ai une commande. (On commence modestement, mais on commence...)
Un travail: pastel ou peinture ? J'ai choisi de faire quelque chose qui aura trait à l'Afrique. Que je ne connais pas bien. Il n'y a qu'un faible lien, un peu de terre de couleur rouge dans un coin de ma tête, entre l'Afrique et moi. Et beaucoup d'histoires qu'on m'a racontées.
Bref, je vais peindre un musicien rwandais. La Rose et sa famille ont longtemps vécu en Afrique, au Congo et au Rwanda. A Kinshasa et à Kigali. Son mari a photographié un groupe de musiciens rwandais et ils ont chez eux un tableau d'un artiste local qui représente l'ensemble musical. Il m'expliquait un jour le tableau et les photos qui représentent chacun des musiciens. Ensuite, il a rajouté, avec beaucoup de tristesse, "ils sont peut-être tous morts, à l'heure qu'il est". Et il m'a donné celles qu'il avait en double.
Et parce que je les aime évidemment tous les deux beaucoup, je ressens pas mal d'émotion à cette évocation.
Justement! L'autre jour, il y avait un film à la télé sur l'époque du génocide rwandais. On en avait parlé la Rose et moi, mais elle m'avait dit qu'elle se sentait incapable de le regarder. Cependant, j'ai chez moi le film "Hôtel Rwanda". Je pense que je vais le regarder. Ce film que j'ai vu (en partie, je n'ai pas bien tenu la route non plus), curieusement, m'a rappelé "Zulu". Zulu racontait un épisode de la guerre entre les Anglais et les Zulus (peut-être légèrement antérieur à l'époque de la guerre des Boers) que mes parents adoraient. Des soldats anglais, acculés dans un fort, sont attaqués par les Zulus. Ils décident de tenir. Ils tiennent - grâce à deux chefs exceptionnels - et les Zulus finissent par se retirer. (Les pauvres...)
Aussi, j'ai décidé de peindre un de ces musiciens rwandais. Et son instrument.
Il y en a un qui souffle dans une corne, cela m'intéresse parce que j'ai déjà dessiné et peint les cornes (d'une quelconque bestiole africaine...) avec bonheur. Le portrait serait beau aussi, mais la photo exprime l'effort (et la douleur?) de jouer. Trop ?
Un autre souffle dans un autre instrument... Dont j'ignore le nom.
Un troisième joue d'un instrument - à percussion va-t-on dire (sans être sûre de moi). Bigre, c'est un travail total ça. Je vais devoir rechercher le nom de ces instruments... Mais le photographe a saisi le jeu des mains en plein vol et leur attitude est très belle. Les mains sont belles aussi: longues, agiles, veineuses. Je ne connais pas (encore moins!) l'anatomie d'un corps africain, mais il y a certainement une émotion au fond de moi relative à l'Afrique et à ses habitants.
C'est cette émotion que je dois peindre.













