26 avril 2008
Post-scriptum
Cela me surprend toujours quand je lis (et cela revient de façon récurrente) que le blogomonde n'est pas le vrai monde, que la blogovie n'est pas la vraie vie, que les blogomots empêchent les mots de la fiction ou, pire encore (je viens de lire cela ailleurs et cela me fait un tel effet que je ne puis m'empêcher de rouvrir l'ordinateur pour m'exprimer là-dessus) que le monde virtuel serait de plus en plus détestable...
Dans ce monde virtuel, il y a évidemment le pire, la lie de l'humanité (je pense à certaines rubriques +18 ans qui sont des lieux de publicité pour entreprises et sociétés pornographes les plus ras-des-mottes de boue), mais il y a aussi M. et Mme Tout le monde et même un peu mieux que ça, d'ailleurs.
La certitude est tellement ancrée dans la tête des personnes que le blog n'est pas professionnel et que les bons professionnels n'ont pas à se mêler de blogs, cet amusement futile pour le bas peuple... (Celui qui, sous-entendu, n'a pas pu publier ni se faire éditer...) Le combat inverse est tellement dur à mener (pourquoi le mener d'ailleurs?) que cela me surprend toujours que les blogueurs eux-mêmes en arrivent à scier la branche sur laquelle ils sont assis en décrivant le blog comme une perte de temps... Après tout! Qu'ils revendent leur ordinateur alors ! Et en avant ! Aux champs ou à la vigne ! Ou la mine de sel !
"Moi qui ne blogue presque pas!" Quel chant de victoire !
"Pour écrire un roman, je devrais cesser de bloguer..."
Comme si le fait de bloguer empêchait d'écrire! Ou de peindre! Ou les deux !
Justement! C'est le contraire!
Bloguer permet d'ECRIRE !
Evidemment, si on joue vraiment un rôle, quand on blogue, et qu'après, on a un éclair de lucidité, ce recul devient compréhensible, je l'admets. Si j'invente que j'aime un conjoint alors que je le trompe mordicus, je vaux pas grand-chose (mais ce n'est pas la spécificité des blogs ça... C'est plutôt le monde réel).
Il n'y a que nous-mêmes qui sommes des freins à nous-mêmes.
C'est ce que j'ai envie de dire à ceux qui rêvent d'écrire un livre mais qui croient que le blog empêche d'écrire (le blog !!! Alors qu'il y a l'esclavage professionnel qui nous fait perdre toute notre vie et la plus belle période de la vie encore bien...)
Et j'ai même envie de crier: (parce que je les aime bien tout de même, ces blogueurs qui voudraient écrire...)
...
Commentaires
Ouais, bordel!
Non mais!
J'aime bien quan dtu t'enerve, Pivoine ;).
Il y a de l'émotion, de la solidarité, des mains virtuelles qui réconfortent, des sourires virtuels qui réchauffent, des mots virtuels qui comblent l'âme et l'esprit...Et les reste, qui existe aussi, et si simple à éviter.
Ecrire un roman...J'espère que tu le fais toi.
tu as tout à fait raison, c'est un peu facile la lamentation sur les blogs genre : "si je blogue je passe à côté de ma vie"
cela fait partie de la vie de ceux qui bloguent et voilà tout, et c'est une autre façon de créer
c'est même une nouvelle proposition d'écrire (c'est très bien dit par François Bon dans son Tiers livre)
pour moi, c'est ce qui m'aide à maintenir ma quotidienneté d'écriture qui me semble fondamentale à mon équilibre perso
Voilà qui est envoyé, Pivoine !
Billet intéressant...dont je crois que je ferai écho dans un billet chez moi
parce que pour moi, il est EVIDENT que c'est le blog qui m'a conduite à écrire plus "large" et à arriver à être publier (ce que je ne cherchais pas à priori...)
En blog cette écriture quasi quotidienne oblige à prendre la plume, à l'exercer, à l'affûter...
C'est en quelque sorte les gammes du pianiste, l'entrainement du sportif
Avec en prime l'interactivité qu'apportent les commentaires
Le blog m'a conduite à deux livres, et m'aide à continuer, c'est clair!
Il faut juste donner du temps à ses REELLES priorités
Je développerai cela sur mon blog, sans doute demain, en faisant référence à ce billet
Merci Pivoine
Personnellement,
je suis entrée dans le monde des blogs tout à fait par hasard, il doit y avoir +- 3 ans : un jour, je pianotais sur mon pc, je suis arrivée à la rubrique des blogs, j'ai créé le premier... et c'était parti...
... je ne m'attendais pas le moins du monde à ce qui est arrivé ensuite : j'ai découvert la photo, j'ai retrouvé l'envie d'écrire (mais malheureusement, pas le temps !)... et puis tout ce réseau d'amitiés réelles et virtuelles... avec des personnes que je n'aurais jamais croisées si mon univers ne s'était pas élargi...
... le monde virtuel ne remplacera jamais le monde réel... mais il le complète tellement bien...
J'espère que tu vas bien... passe un excellent week-end et profite du soleil...
Bien envoyé Pivoine.Et à tous ceux qui croient savoir si c'est mauvais pour la santé créatrice littéraire de bloguer, je dis comme toi: merde.
Moi je ne tiens pas de blog: j'ai trop de choses que j'ai besoin de tenir caché, rien qu'à moi!
J'écris donc toute seule dans mon coin sur mon ordi.Bien sûr que j'aimerais écrire un roman :j'ai trop de choses à mettre sur papier.Faut encore lacher les freins qui se bloguent!
Et merci pour ces blogs (dont le tien) qui me rapportent tant que mon compte en banque "de donné" va exploser!signé. La vraie Charlotte.
Quelques réflexions à la lecture (tardive) de ton message.
Je ne vois pas aussi clairement que toi cette séparation virtuel/réel. Sauf, peut-être, dans les jeux. Pour le reste, tout semble procéder du même monde pour moi. C'est plutôt une question de support qu'une question de réalité. Ce que je suis en train d'écrire est bien réel, cela sort de mon cerveau par le même processus que si je le rédigeais sur papier, la transcription est simplement un peu moins rapide parce que je ne suis pas un virtuose du clavier. Où est le virtuel là-dedans ?
Peut-être entends-tu que le contact est purement à distance, mais cela ne tient pas au mode de communication, j'ai connu une époque où l'on avait des correspondants parfois à l'autre bout du monde et pas plus de contact "physique" qu'aujourd'hui. Ce qui a changé, c'est la vitesse des échanges et leur coût. Rien n'empêche dans aucun des deux cas de figure que les correspondants décident de se rencontrer, c'est une pure question de choix et d'accord réciproque.
Par contre, pour ce qui concerne l'écriture, je suis d'accord avec toi : les blogs aident à maîtriser l'écriture. Ce qui est patent, me semble-t-il, c'est qu'il y a dans la démarche de tenir un blog une sorte de volonté d'être au moins lu, à défaut d'être ou compris ou apprécié ou aimé.
Là où tu m'as franchement surpris c'est quand tu conseilles de revendre son ordinateur si on trouve que bloguer est une perte de temps ! Les ordinateurs ont d'autres usages que de bloguer que je sache, moi, j'en possède depuis qu'il a été possible de m'en payer un pour moins que deux mois de salaire, ça fait quelques dizaines d'années et il n'y a pas deux ans que j'ai commencé un blog, par simple curiosité.
Enfin, pour ce qui est de jouer un rôle, je crains que ce ne soit pas si typique au blog que ça, nous sommes presque toujours "en représentation" si j'ose dire. Et la fabulation ou le mensonge ne sont pas typiques de la communication électronique.
Je crains d'avoir été un peu brouillon, voilà une autre conséquence de la facilité de réaction à chaud que présentent les commentaires des blogs. Rien n'est parfait !
Amitiés.
Il y en a bien qui publient leur blog! une bonne combinaison des deux :P
parfois
On parlait aujourd'hui sur Pure FM de Milady Renoir et comment le blog l'avait fait connaître d'un éditeur...
Personnellement, il m'est impensable (et impossible) d'écrire sans vivre...
@ Janeckza, merci pour ton passage et tes mots toujours pleins d'humour!
@ Walrus, tu t'exprimes très bien (en rajoutant la nuance là où j'avais surtout émis un coup d'humeur.) Il est évidemment que le blog n'est pas la finalité d'internet. J'ai appris le traitement de texte en 86, à des fins professionnelles, tout comme j'avais appris la dactylo, deux ou trois ans plus tôt.
Le blogue n'est finalement qu'une application (plutôt intelligente je trouve), de l'interactivité, puisqu'il permet de la musique, de l'image, du son, de l'écrit, du mouvement. Accessible à tous et à toutes les bourses. Il permettra aussi bien à un facteur qui aime la poésie qu'à un écrivain, de publier ses oeuvres et d'avoir l'opinion de son lectorat et surtout de faire office d'objet créé. Important, ça, la créativité !
Je ne me suis jamais prononcée contre la virtualité. J'en connais les limites (rencontres virtuelles, difficulté de passer au réel, etc.) mais j'en connais aussi les bienfaits. Par contre, si je lis "je déteste le monde virtuel", je me pose des questions. J'en fais partie de ce monde, suis-je détestable pour autant? Il me semble que non. J'entends souvent décrier la virtualité, et souvent chez les blogueurs. (Mais pas seulement, c'était déjà le cas dans certains forums de discussion qui auraient pu être d'un bon niveau, mais certains préfèrent toujours décrier l'outil plutôt que d'en faire quelque chose d'intéressant).
Ecrire, bloguer, deviennent parfois (sous la plume de certains) des sortes d'activité un peu répréhensibles, qui empêchent de lire et d'écrire vraiment (vraiment, c'est-à-dire la littérature papier toujours opposée et opposable à la littérature virtuelle). Or, on se rendra compte assez vite (si on a pratiqué les deux) qu'il n'y a pas de rapport entre la littérature papier/ et virtuelle sur le plan du retour.
Bien sûr, avoir publié un bouquin m'a permis de recevoir une lettre de félicitations d'un bourgmestre belge... Et j'en fus très flattée à l'époque, mais au quotidien, le blog m'apporte beaucoup de bonheur. (Sauf quand je doute, lol). Plus sur le long terme car avoir publié est venu, a passé et est révolu...
Ah Benoi, finalement, c'est par Milady Renoir que je suis arrivée au blog skynet. Je l'avais rencontrée à une soirée culturelle à la Dolce Vita. Nous y lisions des poèmes, pas très éloignés finalement. Le sien sur la femme, lu à plusieurs voix, le mien sur les blasons du corps féminin. Après, j'ai cherché ses blogs et j'ai trouvé les blogs skynet. C'est comme ça que ça a commencé. Et j'ai trouvé Graphite... Au bout de la course.
Kloelle, je ne sais pas écrire de roman! Je n'ai aucune imagination pour la fiction. Je ne pourrais écrire que la vie de gens que je connais, en faire un roman! OU alors m'inspirer de faits vrais. Mais je me consacre à la peinture. J'aimerais dessiner des flashes que j'ai en tête, des histoires illustrées, ainsi, j'ai une vue en tête: un couple franchit à cheval, et en habits XVIIème, la porte des Chenizelles, à Laon. J'entends même les claquements de sabots sur les pavés !
Coumarine, je te suis en effet, pour ce qui est des priorités. Mes priorités sont de peindre quand le physique le permet, de m'occuper de l'appartement, de visiter mon père, d'entretenir un commerce avec des amis, de sortir avec la Rose en balade, de m'occuper des chats... Et entre tout ça, je viens à l'ordi, soit écrire, ce que j'adore, soit traiter/poster des photos, soit lire les blogamis. Pas autant qu'avant, mais tout de même... Je suppose qu'il en est de même pour toi, à quelques variantes près. Et puis, le blog est une récréation bien agréable.
Vertumne! Votre extraordinaire texte inspiré de Molière! C'est un morceau de bravoure, que de textes j'aurais loupé sans la blogosphère !
J'étais certain d'avoir été brouillon. J'en remets donc une couche.
Je pense qu'il n'existe pas deux mondes séparés, le virtuel et le réel. Ce qui est virtuel ce sont les traces laissées par le monde réel.
Quand tu t'épanches sur internet, tu es un être bien réel, sauf à entrer dans une philosophie bouddhiste niant toute réalité. Tu te réjouis ou tu souffres (je me suis même fortement inquiété pour toi à une époque).
Quand des accros de jeux virtuels perdent la boule, c'est dans leur corps à eux que ça se passe, pas sur la toile. Le prétendu virtuel est un fait bien tangible, les jeux, c'est du code de programmation qui produit des images bien réelles là, sur l'écran.
Quand tu perds ta culotte au poker en ligne, sans avoir eu la moindre carte en main, ton compte en banque,tout virtuel qu'il puisse paraître via le PC-banking aura bien été débité, c'est pas du réel ça ?
Bien sûr, si l'on ne considère comme réel que ce qui est palpable, le virtuel prend alors une extension démesurée : la moindre pensée est virtuelle tant qu'elle n'est pas transcrite sur du papier, mais le "réel" de ce document, dans cette hypothèse, c'est un peu de pigment sur de la cellulose, sans signification si l'on ne repasse pas par la lecture, la conceptualisation, le ressenti, rien que du "virtuel".
Ah, si j'avais une autre vie, je me pencherais bien sur la chimie de l'intellect, pour bien prouver l'inanité du virtuel.
L'ennui, c'est que si j'avais droit à une nouvelle vie, ce serait sans doute quelque-part en Afrique où je mourrais de faim au bout de quelques jours.
Bonjour,
La virtualité nous permet parfois de se connecter au monde pour sortir de la solitude. Pas qu' on soit seul et que on ne voie personne (on peut connaitre des gens reellement mais se sentir seul), mais au contraire pour être écouté.
Certains probablement se créent un personnage en parcourant les blogs, en y laissant des commentaire ou aussi en ecrivant sur son propre blog.
D' autres utilisent ce moyen car ils ont besoin de parler, ca doit "sortir", que ce que l' on aie à sire soit triste, gai, drole ou...que sais je encore.
Mais la virtualité c' est aussi le monde réel, on ne doit pas se sentir obligé de jouer un rôle ou de mentir...on peut très bien rester soi même et avoir envie de partager, tout simplement.
Puis, comme le dit si bien kloelle >>> Il y a de l'émotion, de la solidarité, des mains virtuelles qui réconfortent, des sourires virtuels qui réchauffent, des mots virtuels qui comblent l'âme et l'esprit...Et les reste, qui existe aussi, et si simple à éviter.
Et , plus personnellement, je dirais que j' ai rouvert mon blog il y a pres de un mois je pense, en effacant en priorité ce que je trouvais nul...j' étais terriblement négative avant.
Mon blog maintenant est très différent, je me surprends à le voir sensuel, glamour mystérieux et sexuel !!!
J' aime découvrir des blogs littéraires et admire la plume qu' ont certains, cela me donne des ailes et l' envie de continuer mon propre blog.
Je ne sais pas écrire des poëmes, je raconte les choses et m' inspire de vécu, en y mélangeant de la fiction et parfois du fantastique.
SI la personne que je fréquente lit mes ecrits, eh bien, j' assume !!!!!
Donc, ce blog sera en fonction de ma vie je pense...prêt à évoluer encore et encore...en espérant que les écrits futurs ne parlent pas de tristesse et de nagativité.
Pivoine...je n' ai toujours pas commencé à écrire le roman de ma saga familiale...
Dans un de mes récits, je raconte comment on me force la main à le faire, en y mettant beaucoup d ' humour.
(?) dont je parle régulièrement me dit ...mais fais toi aider que diable !!!
Tisseuse: une nouvelle proposition d'écrire, je le crois aussi, c'est une très bonne formule !
Madame 6375, un blog glamour, j'aime bien cette approche. Beaucoup de courage pour le roman familial, une amie des blogs, Pati, l'a écrit (Les mots de Pati)... En s'y prenant via plusieurs épisodes. C 'est imprimé, photocopié, relié, et cela fait de l'effet !
Louise, je pense que cela t'a apporté beaucoup effectivement ! La photo et même les photographes o;) (c'est vrai que ce sont des gens passionnants les photographes o;) j'espère que tu vas bien aussi, je vais bien, oui !
@ Walrus 2: j'aime beaucoup ton analyse, je la trouve très bien construite et elle tient out à fait. C'est gentil de t'être inquiété, heu, je me rappelle, perso, j'ai eu peur après, en regardant en arrière ce qui s'était passé, j'ai même continué d'avoir peur et la peur étant le commencement de la sagesse, j'ai mis des garde-fous pour que ça ne recommence pas. On verra dans 6 mois (je n'aime pas l'automne, ni l'automne ni l'hiver). Et pas l'approche des fêtes (beuh !)
@ Laurent Morancé, je pense que c'est le principe même de l'écriture, vivre/ se souvenir / écrire, ou du moins, vivre / voir/ écrire... Voir/ressentir/écouter, donc, vivre... Matériellement impossible de faire l'un sans l'autre, en effet !
Rien de plus à ajouter, juste te dire que je me régale de cette discussion (et j'adore moi aussi quand non-Pivoine s'énerve).
Bises !
Bises... Telle! Il me reste à emballer ce que j'ai choisi o;) et à l'expédier... J'espère que tu seras contente o:)))
En plus, tant de commentaires ! J'en suis comme deux ronds de flan! (Je ne suis pas habituée o;)))
Moi, depuis que j'ai créé mon blog, et en faisant du travail de recherches, j'ai découvert des poètes fabuleux, et je me régale.
Et je peux enfin partager avec d'autres personnes ce que j'aime (poèmes, chansons, peintures, etc.), ce qui n'est pas forcément le cas avec les gens que je côtoie dans la vie réelle...
Bisous Pivoine.
@ Françoise, il y a un blogueur que je lis souvent qui dit exactement la même chose que toi, Feuilly de Marche Romane. Bisoux aussi !
Alors, je te donne encore le nom d'un poète belge où tu trouveras sûrement quelque chose, Charles Van Lerberghe et peut-être Maeterlinck, aussi...









