27 avril 2007
Au cours du soir...
Ce soir, je suis retournée au cours de peinture - je ne peux pas abandonner une toile en cours. Là, elle est presque finie, il reste un voile blanc à retoucher (glacis, gloss...) - Et le fond du tableau à retoucher. Après une année de lassitude, de questionnements, de ras-le-bol, une peinture déchirée, (ça fait partie de l'apprentissage, je pense), quelques autoportraits vraiment très véridiques et deux peintures ratées et/ou inachevées, le plaisir est de nouveau là. Comme quoi, faut jamais renoncer. Faut dire aussi que j'en avais marre de peindre sur du papier.
Le pinceau glisse sur la toile.
Je n'entends plus les commentaires des autres élèves.
Je recule, je regarde.
J'essaie de me familiariser avec ce que j'ai peint. On met la toile au mur (je peins sur une petite toile bon march'), on y découvre un clair-obscur. Je ne sais pas si je reconnais ce que j'ai déjà peint. C'est différent. J'ai mis moins de matière. La toile est accueillante. J'aime le bruit du pinceau sur la toile. Dans la peinture, il y a un effort physique à faire. Et surtout, il y a aussi un plaisir physique qui n'existe -forcément- pas dans l'écriture. (Sauf peut-être, dans l'écriture pratiquée en groupe et en atelier, parce que là, il y a un échange d'énergies créatrices, et l'écoute...) Il y a le bruit léger et les odeurs (même si l'acrylique ne sent pas). Devient-on peintre rien que par amour de l'odeur de la toile et des huiles? Non, ce serait absurde. Et pourtant, pour moi, j'ai l'impression que c'est l'odeur même du bonheur.
Il y a une perspective, mais la perspective n'est pas tout à fait juste et c'est ce qui (paraît-il), donne son dynamisme au tableau. Je gratte patiemment les croûtes qui se sont formées au bord des tubes. Je gratte la peinture sur les doigts (je finis toujours par peindre avec les doigts, ce qui n'est pas très bon pour la peau).
Je regarde la toile au mur, j'essaie de comprendre comment je peins (je suis tellement familiarisée avec l'écriture, là, je sais ce que je fais, je sais où je veux aller, mais je n'y arrive pas toujours... Notamment dans l'écriture narrative.) Tandis que lorsque je dessine, je me lance, j'agis sans réfléchir, non pas sans réfléchir - parce que je regarde intensément. Longuement. Et je rectifie. Et puis, je nettoie soigneusement mes pinceaux, je m'assois sur un tabouret et je m'octroie enfin le plaisir de regarder sans avoir envie de jeter le tout à la poubelle. Et je me demande, en passant, si je dois quelque chose à celui que j'ai regardé peindre si souvent. Peut-être. En tout cas, je dois beaucoup à certains peintres dont j'ai vu des oeuvres exposées. Bonnard, l'an dernier, à Paris, et Jacob Smits, à Ostende, cette année. Enfin, l'envie me revient de dessiner. Parfois, j'aimerais choisir un modèle et aller jusqu'au bout du dessin et de la peinture - au moins rien qu'avec un seul et même modèle.
Cette année, Félix (non pas mon chat mais notre ex-prof de peinture) ne sera pas dans le jury. Normal. Faut que notre prof actuel soit seul maître à bord et prenne entièrement possession de son cours et de ses étudiants. Il faut dire aussi que changer de prof n'était pas facile. Beaucoup ont carrément abandonné. L'année prochaine, je serai en troisième année de peinture. Et j'ignore quand je peux commencer les cours d'histoire de l'art. Je pense aussi que je vais faire un ou deux stages aux AAC cet été. J'ai envie !
Pour la première fois depuis l'été 2005, j'ai envie de refaire un stage ou deux à l'Aca.
Eh.. Eh... Je dois remercier tout spécialement mon amie la pivoine Rose qui m'a secouée à heure et à temps pour que je sorte de chez moi, que ce soit pour marcher 5 km, avec des jambes en plomb, ou pour retourner au cours de peinture...




